Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
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Déclaration de M. Moeketsi Majoro, Administrateur pour le Burundi, 13 janvier 2012

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
March 2012
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1. Les autorités burundaises que je représente ont continué d’appliquer des politiques macroéconomiques prudentes et approfondi les réformes structurelles malgré un contexte extérieur difficile. Elles restent convaincues que les effets sur la croissance économique et la balance des paiements des incertitudes tenaces qui entourent l’évolution de l’économie mondiale seront limités et s’inverseront à moyen terme à mesure que les mesures appropriées seront mises en œuvre et que la situation intérieure et extérieure s’améliorera. Elles estiment toutefois, comme les services du FMI, que la conjoncture extérieure et intérieure défavorable, jointe à l’étroitesse de la base d’exportation du pays, fait peser des risques considérables sur la croissance à l’avenir.

2. Les autorités burundaises sont reconnaissantes au FMI pour son engagement constructif et le soutien qu’il leur apporte au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Elles remercient ses services pour les franches discussions qu’ils ont eues avec elles et les conseils qu’ils leur ont prodigués sur l’action à mener, dans le cadre du programme. Cet appui et ce dialogue ont été précieux pour relever nombre des défis auxquels elles doivent faire face. Elles sont déterminées à renforcer encore à l’avenir leur cadre macroéconomique, à approfondir leur programme de réformes structurelles et à atteindre les principaux objectifs nationaux et régionaux exposés dans le nouveau Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP II), et les protocoles d’intégration de la Communauté est-africaine (EAC).

3. Le cadre macroéconomique robuste établi par les autorités et leur détermination à mettre en œuvre le programme FEC ont permis d’obtenir de très solides résultats. Tous les objectifs indicatifs quantitatifs fixés pour la fin juin 2011 ont été atteints et tous les critères de réalisation définis pour la fin septembre ont été respectés. En outre, tous les repères structurels à fin novembre concernant les sauvegardes financières et le renforcement des contrôles des engagements de dépenses ont été observés. Compte tenu de la bonne mise en œuvre du programme décrite, les autorités burundaises sollicitent l’appui des administrateurs pour l’achèvement de la septième et dernière revue de l’accord FEC. Les perspectives économiques mondiales restant incertaines et la croissance de l’économie nationale s’étant ralentie, elles demandent également aux administrateurs d’agréer un nouvel accord triennal au titre de la FEC pour soutenir leur cadre macroéconomique à l’avenir.

Évolution récente de l’économie et de l’action publique

4. La forte reprise de l’économie burundaise qui repose sur des réformes structurelles approfondies et un cadre d’action solide est actuellement interrompue par les effets négatifs d’une hausse prolongée des prix pétroliers et alimentaires et un fléchissement des flux d’aide. La croissance a, de ce fait, été inférieure aux prévisions en 2011. Le taux d’inflation, qui était encore bien inférieur à 10 % à la fin de 2010, a dépassé cette barre de quelques degrés en 2011.

5. Les résultats budgétaires reflètent la poursuite, par les autorités, d’une politique prudente en matière de dépenses, celles-ci étant globalement restées dans les limites fixées par le programme. Les autorités ont aussi réalisé des progrès dans la gestion des finances publiques en améliorant le circuit des dépenses pour en renforcer la planification, l’exécution et la transparence. Elles ont également adopté la nouvelle loi organique des finances publiques qui est déjà appliquée tandis que le décret relatif au règlement général de gestion des budgets publics permettra une plus grande transparence dans l’exécution budgétaire. L’amélioration de la trésorerie publique et la mise en œuvre du compte unique du Trésor, jointes à l’adoption et à l’application d’un nouveau code des marchés publics vont encore renforcer l’efficacité et la transparence de l’exécution budgétaire. Du côté des recettes, les autorités ont continué de réaliser des progrès fondamentaux au niveau du recouvrement grâce à l’amélioration des capacités administratives de l’Office burundais des recettes (OBR) et à une plus grande centralisation des recettes publiques.

6. La politique générale définie par les autorités dans le domaine monétaire est restée prudente, en harmonie avec l’orientation de la politique budgétaire. L’autonomie de la banque centrale, qui a relevé les taux d’intérêt pour freiner l’inflation, a été renforcée par les autorités qui se tiennent prêtes à durcir l’orientation de la politique monétaire si les pressions inflationnistes persistent. La surveillance des institutions financières a été améliorée et la Banque centrale continue d’appliquer des mesures visant à renforcer ses sauvegardes financières conformément aux recommandations de la dernière mise à jour de l’évaluation des sauvegardes, effectuée par les services du FMI en juin 2008.

7. Les soldes extérieurs se sont considérablement dégradés sous l’effet à la fois de la détérioration des termes de l’échange et de la faiblesse des récoltes de café due au caractère cyclique de la production caféière. Les retards enregistrés dans les décaissements des partenaires du développement ont aussi contribué à la détérioration des soldes extérieurs courants. Les réserves officielles sont, de ce fait, tombées à un niveau équivalant à 4,4 mois d’importations.

Cadre d’action et réformes envisagés

Politique et réformes budgétaires

8. Le cadre budgétaire défini par les autorités continuera d’assurer un juste équilibre entre l’objectif du soutien de la croissance économique et celui de la stabilité macroéconomique. La consolidation des dépenses courantes en pourcentage du PIB sera poursuivie tout en maintenant le rythme des dépenses pour les secteurs prioritaires conformément à la politique nationale de réduction de la pauvreté, définie dans le nouveau DSRP. Les dépenses continueront donc de cibler les services sociaux de base (éducation et santé en particulier) ainsi que l’accès public à l’eau, à l’électricité et au réseau routier en dégageant délibérément l’espace budgétaire nécessaire pour qu’une plus large place soit accordée aux infrastructures et aux dépenses sociales dans les dépenses publiques.

9. Pour réduire la forte dépendance à l’égard de l’aide extérieure, les autorités sont déterminées à renforcer encore les capacités de mobilisation des ressources intérieures. En vue de porter le ratio recettes fiscales/PIB de 14,4 % actuellement à 16,2 % en 2012, elles ont l’intention d’élargir l’assiette d’imposition, de renforcer les activités des autorités fiscales et douanières, de modérer et rationaliser les dépenses fiscales et d’appliquer, avec force, des mesures contre la fraude fiscale.

10. Conscientes du risque élevé de surendettement du pays, les autorités viseront à limiter le financement intérieur générateur d’endettement et à mobiliser davantage de ressources extérieures concessionnelles. Elles n’ignorent toutefois pas les limites du financement concessionnel dans le climat d’incertitude tenace qui pèse sur l’économie mondiale et elles consulteront le FMI quand le besoin et la possibilité d’un recours au financement non concessionnel se présenteront. Les autorités sont également déterminées à renforcer leurs capacités de gestion de la dette au sein du ministère des Finances avec l’aide des partenaires du développement du pays. Elles vont aussi établir un comité de haut niveau qui sera chargé de coordonner les processus de gestion de la dette publique et de veiller à ce que celle-ci reste dans les limites des objectifs macroéconomiques nationaux.

Politique monétaire

11. Pour atteindre l’objectif visant à ancrer la politique monétaire sur une inflation faible et stable, la banque centrale va renforcer ses opérations de marché, maintenir un taux de change flexible, avoir fortement recours aux ventes de devises pour stériliser les liquidités, et améliorer les prévisions de liquidité. La politique monétaire va aussi s’attacher à réduire le niveau atteint par le crédit au secteur privé.

Réformes du secteur financier

12. La banque centrale va continuer à renforcer les services de supervision et de régulation qu’elle offre aux institutions financières en vue d’élargir l’accès aux services financiers. Elle appuiera ces efforts sur la modernisation des infrastructures et du cadre juridique des systèmes de paiement. Elle va aussi poursuivre le renforcement de ses systèmes de contrôle interne et de gestion des risques et l’alignement de ses opérations de marché sur les meilleures pratiques. Une stratégie va en outre être adoptée et mise en œuvre pour le développement du marché des capitaux.

Autres réformes structurelles

13. Les autorités burundaises ont appliqué des mesures importantes pour améliorer le climat de l’investissement en vue d’enclencher une dynamique de croissance suffisante pour créer de nouveaux emplois et générer des revenus. Elles ont notamment modernisé le code de l’investissement, le code du commerce et la loi relative aux faillites des entreprises, créé l’Agence de promotion des investissements et adopté et mis en œuvre le cadre des partenariats entre le secteur public et le secteur privé. Dans le but d’améliorer la position du pays dans le classement « Doing Business », des réformes importantes ont été effectuées dans les domaines couverts par les quatre indicateurs suivants: création d’entreprises, transfert de propriété, protection des investissements et paiement des impôts. Ces réformes ont permis au Burundi de passer de la 177e à la 169e place entre les éditions 2011 et 2012 de « Doing Business ».

14. Dans le cas des réformes structurelles, les autorités approfondissent les réformes dans le secteur du café et le domaine de la privatisation des entreprises publiques. Elles vont poursuivre les réformes sur le front des échanges et renforcer le cadre de l’intégration régionale au sein de l’EAC. Pour bénéficier des protocoles d’intégration de l’EAC, les autorités vont continuer les réformes afin de rendre leur politique économique plus crédible en visant à atteindre les critères de convergence de l’EAC et en améliorant le climat des affaires grâce, entre autres, à une simplification de la fiscalité et de la réglementation.

Le nouvel accord FEC

15. Les autorités burundaises réaffirment que le nouveau programme proposé pour la période 2012-2014 s’appuie sur le succès de la collaboration antérieure avec le FMI clairement décrit dans l’évaluation ex post ainsi que sur les objectifs fixés, d’un commun accord, dans le cadre du DSRP II, en particulier l’accent mis sur la transformation de l’économie burundaise pour qu’elle se prête à une croissance soutenue et à la création d’emplois grâce à la réduction des principaux obstacles à la croissance. Les autorités réaffirment, à cet égard, leur détermination à mettre en œuvre les recommandations de l’évaluation ex post dans le contexte du nouvel accord surtout en ce qui concerne l’importance d’une plus grande flexibilité du taux de change pour mieux amortir les chocs des termes de l’échange, la reconstitution des volants budgétaires et la préservation de la viabilité de la dette.

16. Les autorités réaffirment en outre que le nouveau programme défini dans le cadre d’un accord FEC permettra de renforcer l’aptitude du pays à mobiliser des recettes internes, de consolider les politiques de gestion de la dette et des finances publiques, d’obtenir une plus grande flexibilité du taux de change et d’améliorer le climat des affaires. Il permettra aussi d’affermir les progrès rapides réalisés dans le cadre des précédents accords.

17. Les soldes extérieurs du Burundi continuent de s’affaiblir malgré la mise en œuvre résolue du présent accord FEC. Les autorités burundaises sollicitent sur ce point un nouvel accord FEC répondant aux besoins de financement et elles apprécient l’appui des administrateurs.

Conclusion

18. Les paramètres macroéconomiques fondamentaux et l’attachement des autorités à de saines politiques expliquent la vigueur de l’économie burundaise malgré la conjoncture extérieure difficile. Le programme appuyé par la FEC a continué d’être appliqué très résolument et les résultats enregistrés fin juin et fin septembre sont tout à fait remarquables. Les autorités sont conscientes des défis internes qui restent à relever et des difficultés croissantes qui pèsent sur l’environnement extérieur. C’est pourquoi elles ont maintenu un ensemble approprié de mesures budgétaires et monétaires et approfondi les réformes structurelles pour soutenir la croissance et la stabilité macroéconomique. Elles sont convaincues qu’elles pourront atteindre à l’avenir leurs objectifs de développement en continuant de collaborer avec le FMI et en bénéficiant de l’appui des partenaires du développement.

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