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Chapitre 7. Assistance technique et formation

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2000
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Le FMI offre à ses pays membres une assistance technique et une formation de vaste portée dans le domaine de la gestion macroéconomique, qui sont axées non seulement sur les volets budgétaire et monétaire, mais aussi sur les statistiques et les aspects juridiques. Sur le terrain, cette assistance prend la forme de missions effectuées par des membres de divers départements de l’institution, ainsi que par des consultants et experts externes. Ces travaux sont complétés par le soutien reçu du siège du FMI. Les cours et séminaires de formation sont offerts par l’Institut du FMI ainsi que par d’autres départements, au siège et hors siège. Le Comité de l’assistance technique —composé de cadres supérieurs de chaque département et aidé du Secrétariat de l’assistance technique —formule à l’intention de la direction des recommandations sur les priorités et politiques en la matière et coordonne les activités d’assistance technique au sein du FMI.

L’assistance technique fournie au cours de l’exercice 2000 est restée considérable, sous l’effet de la demande créée par l’effort international de consolidation de l’architecture financière mondiale. Le Conseil d’administration a procédé en juin 1999 à un examen approfondi de la question et publié en mars 2000 une déclaration de principe sur l’assistance technique du FMI.

Le bilan de l’exercice 2000

L’assistance technique aux pays membres a conservé une place importante dans les activités du FMI au cours de l’exercice 2000, représentant environ 19 % du total de ses dépenses administratives. Les membres de son personnel et les experts externes qu’il a recrutés ont fourni plus de 300 années-personnes de services (voir tableau 7.1), niveau équivalant à la moyenne annuelle pour les cinq dernières années et à plus de deux fois celle de la fin des années 80 et du début des années 90. La ventilation régionale de l’assistance technique du FMI pour l’exercice 2000 est semblable à celle de l’exercice précédent, à une exception près: la part des pays de la région Asie-Pacifique s’est réduite, en raison de la baisse de la demande émanant de ces pays, due à la résolution de la crise financière asiatique. L’assistance technique s’est répartie dans des proportions égales entre le secteur budgétaire et le secteur monétaire, qui ont reçu ensemble environ 70 % du total (voir graphique 7.1).

Tableau 7.1Assistance technique et formation

(Annêes-person nés effectives)1

1996/971997/981998/991999/002
Ressources d’assistance technique du FMI172,7189,6201,7211,2
Personnel97,1103,998,9107,3
Consultants au siège du FMI20,120,821,225,2
Experts55,564,981,678,7
Concours extérieurs104,296,2100,086,9
PNUD21,524,414,49,6
Japon67,355,670,967,6
Autres15,416,215,09,7
Total des ressources277,0285,7301,7298,1
Assistance technique ventilée par département
Département de la monnaie et des changes114,6110,6120,8105,3
Département des finances publiques96,298,8101,7103,4
Département des statistiques36,639,038,942,0
Institut du FMI11,012,115,427,3
Département juridique9,310,310,79,6
Autres départements39,314,914,310,5
Utilisation régionale des ressources ventilée par département251,0258,7274,0271,3
Département Afrique54,565,872,176,5
Département Asie et Pacifique49,042,557,649,0
Département Europe I22,523,822,427,3
Département Europe II57,652,647,149,5
Département Moyen-Orient26,529,532,530,1
Département Hémisphère occidental31,235,232,129,0
Dépenses interrégionales9,68,610,28,2
Utilisation non régionale26,126,927,726,8
Total des ressources utilisées277,0285,6301,7298,1

Unc année-personne effective égale 260 jours.

Estimations.

Départcment de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services des technologies de l’information et Secrétariat de l’assistance technique.

Unc année-personne effective égale 260 jours.

Estimations.

Départcment de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services des technologies de l’information et Secrétariat de l’assistance technique.

Graphique 7.1Ventilation de l’assistance technique, exercice 2000

(En pourcentage des ressources en années-personnes effectives)1

1Une année-personne effective d’assistance technique correspond à 260 Jours. Le chiffre de l’Institut du FMI ne tient pas compte de la formation assurée ou coordonnée par l’Institut au siège.

Outre le montant de ses ressources propres qu’il affecte à l’assistance technique et à la formation, le FMI gère les fonds accordés par plusieurs donateurs bilatéraux et multilatéraux, dont l’Australie, le Danemark, la France, la Suisse, le Japon, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, ainsi que la Banque asiatique de développement, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) et la Banque mondiale. Ces financements ont pris la forme de versements au compte-cadre administré pour les activités d’assistance technique (créé en 1995), d’un partage des coûts de projets PNUD exécutés par le FMI, ou d’autres dispositifs convenus avec le FMI. Certains bailleurs de fonds, tels que la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni, la Banque interaméricaine de développement et l’Union européenne, ont en outre coordonné des accords de cofinancement de l’assistance technique avec le FMI. Pour l’exercice 2000, environ 30 % du total des activités d’assistance technique et de formation ont été financés par des concours extérieurs, dont le Japon est demeuré la source principale et dont la gestion est coordonnée par le Secrétariat de l’assistance technique.

L’Institut du FMI a continué à développer ses activités de formation dans différentes régions du monde. Sur la base d’accords de coopération conclus précédemment avec ses partenaires, il a créé l’Institut multilatéral d’Afrique (IMA) avec la participation de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. En 2000, il a lancé avec la Banque du peuple de Chine le programme de formation conjoint Chine—FMI, qui vise à assurer la formation de fonctionnaires chinois en Chine. Dans le cadre de ce programme, six cours et un séminaire de haut niveau seront offerts en 2000. Par ailleurs, l’Institut a, pour la première fois, donné à distance un cours de programmation et politique financières à 50 fonctionnaires. Ceux-ci ont reçu huit semaines de formation dans leur pays d’origine et ont participé à un atelier de deux semaines à Washington. Enfin, dans son effort constant de restructuration de son programme en vue de l’adapter aux besoins de formation dans des domaines nouveaux et spécialisés de la politique économique, l’Institut a dispensé plusieurs cours sur des questions ayant trait au secteur financier, au siège du FMI aussi bien qu’à l’extérieur.

Au cours de l’exercice 2000, un certain nombre d’initiatives prises par le FMI en vue de renforcer l’architecture du système monétaire international ont commencé à engendrer de nouvelles demandes d’assistance technique. Les travaux sur les normes et codes de conduite, notamment l’évaluation de la transparence des finances publiques, ont amené les pays à lui demander une assistance technique pour pouvoir procéder à cette évaluation et appliquer les recommandations qui en découlent, en particulier celles ayant trait à la transparence des finances publiques. Par ailleurs, les programmes d’évaluation du secteur financier (PESF), qui comportent une analyse des vulnérabilités financières et donnent lieu à des recommandations visant à renforcer les systèmes financiers, ont mis en évidence les besoins qui ont conduit les pays à solliciter une assistance technique dans des domaines tels que le développement du marché secondaire et les méthodes d’évaluation des risques. De même, les travaux sur la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) et le système général de diffusion des données (SGDD) ont fait naître des besoins d’assistance technique et de formation en statistiques macroéconomiques (voir le chapitre 4 pour de plus amples détails sur ces initiatives).

L’assistance technique au service de la reconstruction et du redressement des pays sortant d’un conflit a de tout temps exigé du FMI une réaction rapide, souple et de vaste portée. Au cours de l’exercice 2000, plusieurs nouvelles entités (Kosovo et Timor oriental, voir encadré 7.1) et d’autres pays (Libéria, Sierra Leone) sortant d’épisodes de violence ont reçu une assistance technique considérable du FMI —coordonnée avec l’aide d’autres prestataires —dont le but était de favoriser la création ou la remise sur pied d’institutions budgétaires, financières ou statistiques et le développement de la capacité d’élaboration des politiques.

Examen des activités d’assistance technique

En juin 1999, le Conseil d’administration a examiné le programme d’assistance technique du FMI ainsi que les moyens de le rendre plus efficace et plus rationnel en se fondant sur le rapport établi par le Bureau de la vérification et de l’inspection internes de l’institution. En général, le Conseil d’administration a opté pour une meilleure intégration de l’assistance technique au cadre de politique global; l’amélioration du degré d’exécution et de la mise en pratique des recommandations; une communication et une coordination plus étroites entre les prestataires, et entre ceux-ci et les autorités nationales; et l’amélioration du processus de sélection des experts. Il importe, à son avis, de mieux intégrer l’assistance technique aux opérations de surveillance du FMI et à ses activités afférentes aux programmes —qui ont toutes un objectif ultime commun. Les administrateurs préféraient que les consultations sur les besoins d’assistance technique aient lieu, sur une base sélective et à titre expérimental, à l’occasion des entretiens (au titre de l’article IV) avec les pays; dans le cas des pays dont les besoins d’assistance technique sont importants, ils étaient favorables à l’établissement de plans d’action en matière de coopération technique qui placent ces besoins dans un cadre à moyen terme.

L’assistance technique a manifestement un effet plus durable si les gouvernements sont déterminés à donner suite aux recommandations. Elle doit se limiter aux domaines qui relèvent des responsabilités fondamentales du FMI et dans lesquels ses services possèdent une indéniable expertise spécialisée. Les administrateurs ont reconnu que les travaux en cours sur les normes et codes de transparence universellement acceptés pourraient influer sur la demande d’assistance technique. Le détachement d’experts pour de longues périodes pourrait utilement compléter l’assistance apportée par les services du FMI et les experts en mission de courte durée; toutefois, il convient d’examiner avec soin les demandes d’affectation d’experts pour des périodes prolongées et de placer ces experts sous la supervision du siège du FMI. L’impact de l’assistance technique dépend en grande partie du transfert de connaissances et de compétences aux cadres du pays bénéficiaire. Aussi les recommandations doivent-elles être formulées clairement et d’une manière utile à toutes fins pratiques. Les administrateurs ont estimé qu’il faut redoubler d’efforts pour promouvoir la diffusion au public des pratiques optimales en matière d’assistance technique et des enseignements généraux tirés de cette activité.

Les administrateurs ont souligné la nécessité de procéder à une évaluation complète et rigoureuse des activités d’assistance technique du FMI, qu’il s’agisse d’autoévaluations permanentes ou d’évaluations indépendantes périodiques de plus vaste portée. Ils ont encouragé les services du FMI à examiner, avec le groupe d’administrateurs chargé de l’évaluation de ces activités, les approches qui pourraient être suivies à cet égard, y compris celles d’autres prestataires. Les administrateurs se sont déclarés favorables à la reprise des soumissions au Conseil d’administration de rapports périodiques et complets sur les activités d’assistance technique du FMI, dont le premier est à présenter avant le milieu de l’an 2000. Ils ont demandé aux services de l’institution de soumettre à l’examen du Conseil d’administration une déclaration de principe faisant état de propositions précises sur les objectifs, le cadre opérationnel et les méthodes d’évaluation de l’assistance technique.

Suite donnée aux recommandations

À l’issue de l’examen de juin 1999, le FMI a pris des mesures pour mettre en œuvre les recommandations de son Conseil d’administration, dont:

  • Préparation et publication d’une déclaration de principe sur l’assistance technique. En mars 2000, le FMI a diffusé sa première déclaration de principe sur l’assistance technique (voir ci-après). Cette déclaration tient compte des points de vue exprimés par les administrateurs au cours de leurs réunions de juin et décembre 1999. Elle traite de la portée et des priorités de l’assistance technique, de ses critères d’allocation, de la nécessité d’une internalisation de l’assistance par le pays bénéficiaire et des questions de publication et d’évaluation.
  • Reprise de la soumission d’un rapport annuel sur l’assistance technique au Conseil d’administration. Le rapport annuel sur l’assistance technique sera présenté au milieu de l’an 2000. Le rapport passe en revue les domaines d’assistance technique traditionnels de chaque département, mais il porte aussi sur les dossiers en suspens, les nouvelles tendances et les évaluations.
  • Intégration plus étroite de l’assistance technique aux fonctions de surveillance et aux activités afférentes aux programmes.À cette fin, le FMI a mis en place un projet expérimental de consultations avec les autorités d’un nombre limité de pays sur leurs besoins d’assistance technique à l’occasion des entretiens au titre de l’article IV. L’objet de ces consultations est en particulier d’examiner, s’il y a lieu, l’assistance technique déjà fournie et de convenir des grandes priorités de l’assistance future du FMI. Pour les pays qui ont grand besoin d’assistance technique, le FMI a en outre établi —dans le cadre de projets expérimentaux, avec les gouvernements et, le cas échéant, avec d’autres organismes d’aide bilatéraux et multilatéraux —des plans d’action en matière de coopération technique à moyen terme. Au milieu de 2001, le FMI fera rapport sur les résultats de ces projets au Conseil d’administration, qui jugera alors de leur efficacité et examinera leurs conséquences sur le plan des ressources.
  • Suivi et évaluation plus rigoureux des activités. En mars 2000, un document intitulé «The Évaluation of Technical Assistance by Other Providers» a été distribué à titre d’information aux administrateurs. Ce document passe en revue les politiques et procédures d’autres institutions en matière d’assistance technique et sert de guide dans la recherche de moyens d’assurer un suivi plus rigoureux de l’assistance technique au FMI.
  • Collaboration plus étroite avec d’autres prestataires d’assistance technique. Le développement des capacités techniques et institutionnelles exigé des gouvernements par les documents de stratégie de réduction de la pauvreté et l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (voir chapitre 5), ainsi que les mesures de renforcement de l’architecture susmentionnées, devrait encore accroître les demandes d’assistance technique adressées au FMI. Les besoins ainsi engendrés, conjugués à ceux qui ont été identifiés dans les plans d’action, dépasseront probablement les ressources dont le FMI dispose dans ce domaine, et une participation plus étroite d’autres organismes donateurs s’imposera. C’est pourquoi le FMI a engagé au cours de l’exercice 2000 une série de consultations avec d’autres prestataires bilatéraux et multilatéraux pour renforcer la collaboration et la coordination existantes et pour établir de nouveaux partenariats.

Encadré 7.1Assistance technique aux pays sortant d’un conflit: le cas du Kosovo et du Timor oriental

Dans le cas de deux entités sorties récemment d’un conflit, le Kosovo et le Timor oriental, les Nations Unies ont demandé au FMI de fournir immédiatement une assistance technique pour aider à mettre sur pied la capacité institutionnelle de base dans les secteurs monétaire et budgétaire.

Secteur monétaire

Le Département de la monnaie et des changes a montré comment établir rapidement les services monétaires et les opérations de paiement essentiels et comment mettre en place la structure institutionnelle nécessaire à la prestation de services monétaires et bancaires modernes dans une économie de marché. La plupart des recommandations formulées par ce département ont été mises en pratique par les représentants locaux des organismes des Nations Unies, et ce sont ses experts en charge de l’assistance technique qui ont coordonné les efforts des autres prestataires.

Au Kosovo, le personnel du Département de la monnaie et des changes a préparé quatre projets de lois (sur l’utilisation des monnaies, les opérations bancaires, la création de l’Office des services bancaires et des paiements du Kosovo et les opérations de paiement). Les trois premiers de ces projets ont été adoptés à la fin de 1999. Le FMI finance le poste de Directeur général de l’Office des services bancaires et des paiements du Kosovo, et l’Agence pour le développement international des États-Unis (USAID), celui de quatre cadres supérieurs résidents; par ailleurs, des experts de l’une et l’autre organisation y ont effectué à maintes reprises des missions de courte durée. Cet office a commencé à fonctionner officiellement le 19 mai 2000. Il a déjà agréé quatre banques et fourni des services de paiement en deutsche mark. La formation de Kosovars aux nouvelles procédures opérationnelles a commencé en mai 2000. La plupart des experts étrangers devraient être remplacés au début de 2001.

Au Timor oriental, le Département de la monnaie et des changes a aidé à la préparation de la législation financière fondamentale. La réglementation régissant l’établissement de l’Office central des paiements, l’adoption du dollar E.U. comme monnaie officielle du Timor oriental, l’agrément des bureaux de change et la surveillance de l’ensemble du système bancaire a été approuvée par l’Administration provisoire des Nations Unies au Timor oriental en janvier et février 2000.

Finances publiques

Le Département des finances publiques a montré comment établir, en partant quasiment de zéro, les institutions budgétaires essentielles. L’approche retenue est la même dans les deux cas, et la plupart des recommandations de ce département ont été appliquées au Kosovo. Il est encore trop tôt pour faire le point de la situation au Timor oriental, où les activités d’assistance technique ont commencé six mois après. Suite à l’adoption de la loi d’habilitation au Kosovo, l’autorité budgétaire centrale exerce maintenant les fonctions à part entière de ministère des finances. Le Département des finances publiques a coordonné cet effort avec la Banque mondiale, l’Union européenne et les donateurs bilatéraux, orchestrant l’aide venue de différentes sources et guidant les travaux des experts. Dans le cas du Kosovo, où le principal partenaire bilatéral a été le gouvernement des États-Unis, les progrès ont été spectaculaires: l’autorité budgétaire centrale fonctionne bien, et les Kosovars seront bientôt prêts à prendre la relève.

Au Timor oriental, la tâche est plus difficile. Bien qu’il existe, de par la loi, une autorité budgétaire centrale, celle-ci n’est pas encore entrée en fonction. Les ressortissants sont peu nombreux à posséder la formation ou les qualifications nécessaires pour travailler dans une telle institution. Il est tout aussi difficile de trouver des experts à recruter pour cette administration et de finaliser avec les donateurs les accords de financement nécessaires au paiement de l’assistance technique.

Le Département des finances publiques a tiré deux conclusions du cas du Kosovo et du Timor oriental: premièrement, il faut s’attacher avant tout à mettre en place, aussi rapidement que possible, une capacité administrative minimale dans le domaine des finances publiques tout en assurant un degré de transparence et de responsabilité acceptable. Deuxièmement, contrairement à la plupart des cas où les experts exercent les fonctions de conseillers auprès des autorités, il est nécessaire de leur conférer ici des responsabilités de cadres supérieurs et hiérarchiques pour assurer le bon fonctionnement de l’autorité budgétaire centrale avant même que ne commence la formation des cadres qui prendront leur relève.

Déclaration de principe sur l’assistance technique du FMI

Objectifs de l’assistance technique

Conformément à l’article premier des Statuts du FMI, l’objectif de son programme d’assistance technique1 est de contribuer au développement des ressources productives des pays membres en accroissant l’efficacité de la politique économique et de la gestion financière. Le programme d’assistance technique du FMI prévoit à cet effet deux grandes lignes d’action. Premièrement, l’assistance technique du FMI vise, pour sa plus grande part, à soutenir les efforts que déploient ses membres en vue de renforcer les moyens—tant humains qu’institutionnels —dont ils disposent pour élaborer et appliquer des politiques macroéconomiques, financières et structurelles viables, axées sur la croissance et efficaces dans la lutte contre la pauvreté. Deuxièmement, le FMI aide les pays à concevoir de bonnes réformes macroéconomiques et structurelles, sur la base des leçons que d’autres pays ont tirées de l’expérience de problèmes économiques analogues. Dans les deux cas, l’assistance technique du FMI implique une démarche coopérative par laquelle celui-ci partage avec ses pays membres, d’une manière qui leur soit durablement profitable, ses connaissances et l’expérience acquise sur le plan international.

Portée et nature de l’assistance technique

Le FMI cherche à fournir le plus efficacement et le plus rationnellement possible à ses pays membres une assistance technique dans ses principaux domaines de compétence, à savoir:

  • l’élaboration et la gestion de la politique macroéconomique;
  • la politique monétaire, les opérations de banque centrale, le système financier, les marchés des changes et la politique de change;
  • la politique budgétaire, les finances publiques et leur gestion;
  • le suivi de la dette extérieure;
  • les statistiques macroéconomiques, extérieures, budgétaires et financières.

Les domaines couverts, et l’importance qui leur est donnée, dépendent considérablement des problèmes rencontrés par le FMI dans l’exercice de ses fonctions de surveillance et de ses activités liées aux programmes; c’est ainsi qu’il a été récemment amené à s’intéresser en particulier à la relation entre la croissance de haute qualité et la lutte contre la pauvreté.

Une description de l’assistance technique fournie par les départements fonctionnels du FMI est présentée en annexe. Les départements régionaux (ou géographiques) du FMI, qui sont responsables de la gestion des opérations de surveillance et de celles ayant trait aux programmes dans les divers pays, collaborent étroitement avec ses départements fonctionnels à la planification, à l’exécution, au contrôle et au suivi des activités d’assistance technique.

Mode de prestation. Les activités d’assistance technique revêtent diverses formes: missions de fonctionnaires du siège, détachement d’experts pour des périodes allant de quelques mois à quelques années (selon la nature des tâches à accomplir, les moyens dont le pays dispose et l’intérêt qu’il manifeste), préparation de rapports techniques ou diagnostics, cours de formation, séminaires et colloques, conseils et aide en ligne à partir du siège. L’assistance technique et la formation sont également fournies par des centres régionaux.

Recrutement d’experts. Le FMI met à la disposition de ses pays membres les services d’experts qualifiés qui font partie de son personnel ou qu’il recrute à l’extérieur. Dans ce dernier cas, il fait souvent appel à des agents, présents ou anciens, de ministères, institutions ou organismes de pays membres. Le FMI cherche à tenir à jour et à allonger la liste des experts auxquels il a recours pour ne pas manquer de spécialistes hautement qualifiés qui sont au fait des progrès techniques réalisés dans leurs domaines de compétence. Le FMI utilise principalement ses contacts avec les banques centrales, les organismes de contrôle financier, les ministères des finances, les administrations fiscales ou douanières et les services de la statistique pour trouver les candidats répondant à ses exigences. À l’occasion, il a recours à des annonces lorsqu’il a besoin d’experts possédant des compétences très spécialisées et rares. Les critères de recrutement des experts du FMI, qu’ils fassent partie de son personnel ou qu’ils soient recrutés à l’extérieur, comprennent la connaissance de la langue du pays, l’aptitude à la communication et le sens pédagogique. Tous les experts du FMI travaillent sous le contrôle et avec le soutien administratif des services du siège qui possèdent les compétences techniques correspondantes. Les représentants résidents du FMI entretiennent eux aussi des rapports étroits avec les experts pendant la durée de leur détachement. Il arrive qu’au cours de leurs missions les fonctionnaires des départements géographiques assurent le suivi de l’application des recommandations formulées dans le catire de l’assistance technique ainsi que des travaux des experts.

Collaboration avec les autres prestataires d’assistance. Le FMI a la ferme volonté de collaborer pleinement avec les autres prestataires d’assistance technique. Face à la diminution générale de l’aide publique au développement (APD), il est nécessaire d’éviter les doubles emplois et les chevauchements, et de veiller à ce que l’assistance technique soit fournie par les prestataires les plus compétents dans le cadre d’actions bien coordonnées. La nature limitée des services d’assistance technique offerts par le FMI se prête à une collaboration de ce type, qui permet aux travaux de ses experts d’être utilement complétés par les services et le matériel d’assistance technique procurés par d’autres prestataires.

Définition des priorités

Origine des demandes d’assistance technique. L’assistance technique du FMI est l’un des avantages et des droits que confère à un pays son appartenance à l’institution et n’a presque jamais aucun rapport avec la conditionnalité du FMI2. Les pays sollicitent généralement son assistance technique parce qu’ils estiment qu’elle peut les aider grandement à améliorer l’application de leur politique économique. Comme indiqué ci-dessus, la fonction de surveillance du FMI et ses activités liées aux programmes peuvent elles aussi engendrer des demandes d’assistance technique. Plus précisément, c’est souvent au cours des consultations au titre de l’article IV entre les représentants du FMI et les autorités nationales, ou dans le processus d’élaboration ou de suivi des programmes d’ajustement appuyés par le FMI, que les deux parties s’accordent à penser qu’un renforcement des capacités et de l’action menée s’impose, et définissent clairement les besoins d’assistance technique en la matière. Depuis quelque temps, le FMI insiste davantage sur l’importance d’une meilleure intégration de l’assistance technique à ses opérations de surveillance et à ses activités liées aux programmes. À cet égard, il souligne qu’il importe d’encourager les pays à déterminer bien à l’avance quels sont leurs besoins et leurs priorités en matière d’assistance technique, au lieu d’attendre pour le faire que des problèmes surgissent. Sous le sceau du partenariat, le FMI et les pays membres souscrivent donc davantage à une démarche où la «réaction» cède le pas à la «prévention» dans la planification et la prestation de l’assistance technique, ainsi que dans l’établissement des priorités dans ce domaine.

Intégration de l’assistance technique à la surveillance. Deux initiatives expérimentales ont été mises en œuvre à cette fin. Premièrement, des consultations sur l’assistance technique ont été ajoutées au mandat d’un certain nombre de missions au titre de l’article IV, et offrent l’occasion de déterminer si l’assistance technique déjà fournie par le FMI s’est révélée efficace, et quels seraient la portée et l’objet des services qu’il pourrait offrir à l’avenir. Deuxièmement, le FMI a mis sur pied un projet également expérimental portant sur l’établissement de plans d’action à moyen terme, à l’intention des pays disposant de moyens très limités pour mettre en œuvre des programmes de réformes économiques et financières. Ces plans d’action comportent une évaluation générale des déficiences de la gestion financière et macroéconomique d’un pays ou d’une sous-région dans les principaux domaines de compétence du FMI, suivie de l’élaboration d’un programme d’assistance technique destiné à y remédier. Ces opérations sont exécutées par les services du FMI et les autorités du pays en question et bénéficient de la participation et du soutien actifs d’autres donateurs intéressés. L’établissement d’un plan d’action de cette nature est considéré comme le point de départ d’un processus dynamique dans lequel les autorités du pays, le FMI et d’autres donateurs prendraient, à titre individuel, l’engagement de fournir les ressources nécessaires à l’exécution du plan et, à titre collectif, celui de surveiller sa mise en œuvre et d’effectuer les ajustements qui s’imposent sur une période fixée.

Demande imprévisible. La tenue de consultations et l’élaboration de plans d’action dans l’intention d’améliorer les projections des besoins d’assistance technique ne pourront empêcher qu’une partie des demandes d’assistance technique soient adressées au FMI par suite de changements imprévus dans le contexte global de l’action menée par les autorités d’un pays, qu’il s’agisse de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement, d’une crise inattendue ou d’une perturbation extérieure. Cet élément imprévisible de la demande d’assistance technique est donc de nature à perdurer, et l’une des caractéristiques importantes du programme d’assistance technique du FMI demeurera sa capacité d’adaptation rapide à de telles situations.

Ordre de priorité des demandes d’assistance technique. L’assistance technique n’est fournie que sur la requête des autorités d’un pays3. Comme les demandes dépassent en général les ressources dont il dispose à cet effet, le FMI doit les classer par ordre de priorité sur la base de certains critères. Présentés selon leur importance relative, ces critères sont les suivants:

  • Les autorités sont bien décidées à obtenir une assistance technique et déterminées à y donner suite. Leur engagement à cet égard est essentiel pour que l’assistance technique porte ses fruits et ait des résultats significatifs. De bons antécédents dans l’exploitation des services d’assistance technique du FMI est une indication importante de cet engagement.
  • L’assistance technique permet de remédier aux déficiences que les activités de surveillance et autres travaux du FMI ont révélées dans les moyens institutionnels dont le pays dispose pour mettre en œuvre sa politique macroéconomique.
  • L’assistance technique contribue au renforcement de la capacité d’un pays à concevoir et mettre en œuvre un programme appuyé par le FMI, en particulier à établir un document de stratégie de réduction de la pauvreté et à exécuter un programme au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance.
  • L’assistance technique consolide les efforts déployés par le pays pour se conformer aux normes et codes universellement acceptés en matière de transparence des opérations statistiques, budgétaires et financières.
  • L’assistance demandée ne peut être fournie par d’autres prestataires.
  • L’assistance technique serait le seul avantage que procure au pays son appartenance au FMI.
  • Le FMI peut fournir l’assistance technique en collaboration avec d’autres prestataires, ce qui aurait un effet amplificateur sur le volume limité de ses ressources.

Tout en insistant sur l’application systématique des critères ci-dessus dans l’évaluation des demandes d’assistance technique, le FMI reconnaît que, dans certaines circonstances, deux autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision, à savoir:

  • l’importance du pays demandeur sur le plan systémique ou régional;
  • l’apparition d’un besoin d’assistance technique après une crise.

Dans le premier cas, il se peut que le FMI décide, même s’il est manifeste que le projet ne sera pas efficace à 100 %, d’accorder au pays l’assistance technique dont il a tant besoin pour maximiser les chances de succès dans la mise en œuvre de la politique macroéconomique. Pour ce qui est du second facteur, la communauté internationale en est venue à attendre du FMI qu’il apporte son aide aux pays qui doivent reconstruire leurs institutions fondamentales de gestion macroéconomique, même si le risque d’échec est jugé élevé.

Contribution des pays bénéficiaires à l’efficacité de l’assistance technique

Une participation plus étroite des pays bénéficiaires. Le programme d’assistance technique du FMI est fondé sur le principe fondamental selon lequel ces services ne peuvent être efficaces et avoir beaucoup d’effet que si le pays s’attache pleinement à faire sienne la tâche en question et à donner suite aux recommandations des experts. Aussi importe-t-il de veiller à ce que ces opérations soient planifiées et exécutées avec l’entière participation des autorités des pays bénéficiaires à tous les stades du processus —identification des besoins par la tenue de discussions, consensus sur le mandat de la mission et les objectifs du projet, exécution, suivi et évaluation de celui-ci. Il est essentiel que le FMI œuvre en étroite consultation avec les autorités, en particulier lorsqu’il a l’intention de détacher un expert —à plein temps ou itinérant —pour une mission de longue durée, afin de veiller à ce que les conditions se prêtent à une utilisation optimale des services de cet expert. Ces consultations devraient aboutir à une entente sur le type d’expertise requis, les qualifications et l’expérience exigées de l’expert et, en dernier lieu, sur l’identité de celui-ci. L’examen conjoint des activités d’assistance technique antérieures et en cours, notamment du bilan de la mise en œuvre des précédentes recommandations, ainsi que l’évaluation des besoins futurs d’assistance technique sont des aspects importants du processus de renforcement de la participation des autorités des pays bénéficiaires.

Politique du FMI relative à la rémunération de l’assistance technique. Conformément à la pratique suivie par d’autres organisations bilatérales ou multilatérales, l’assistance technique du FMI est en général gratuite, sauf lorsqu’elle est assurée par des experts en mission de longue durée (c’est-à-dire qui résident au moins six mois dans un pays), auquel cas le FMI demande parfois aux pays une participation financière déterminée (ou l’équivalent en nature). Sa décision de réclamer cette contribution et le montant fixé pour celle-ci dépendent des moyens financiers du pays, mais il ne refuse jamais son assistance technique parce que le pays ne peut pas participer aux frais. La direction du FMI détermine les montants à verser conformément à une politique générale établie à cet effet par le Conseil d’administration. Le FMI reconnaît que, l’assistance technique étant une activité fondée sur la coopération entre lui et le pays demandeur, elle nécessite, pour être menée à bien, une préparation méticuleuse et l’engagement de ressources de la part des autorités de ce pays. Il importe à cet égard que celles-ci désignent les interlocuteurs du personnel d’assistance et prévoient des ressources complémentaires suffisantes (par exemple locaux et équipement, personnel de soutien administratif, moyens de communication, fournitures et matériel, et services d’utilité publique), dont le coût effectif est considérable pour le pays bénéficiaire et s’ajoute aux montants que réclame parfois le FMI.

Suivi et évaluation

Établissement d’un dispositif de suivi et d’évaluation économique et bien intégré. Il est essentiel de procéder au suivi et à l’évaluation des opérations pour responsabiliser les agents et assurer la transparence des activités d’assistance technique, pour en évaluer le bien-fondé, l’efficience, l’efficacité et l’incidence, et pour en savoir plus sur les moyens d’améliorer les opérations en cours et à venir. Le programme d’assistance technique du FMI, bien qu’encore modeste par rapport à l’échelle internationale, a pris une ampleur nécessitant l’adoption d’une méthode systématique de suivi et d’évaluation. Les services du FMI s’emploient pour l’heure à établir des propositions dans ce sens en s’inspirant de l’expérience et des pratiques actuelles d’autres organismes. La participation du FMI et des autorités du pays bénéficiaire au suivi des activités d’assistance technique est nécessaire pour assurer que tous les efforts engagés aboutissent à la réalisation des objectifs agréés et aux résultats escomptés. Ce suivi implique inévitablement la formulation d’appréciations pendant toute la durée de vie du projet, lesquelles permettent d’en améliorer l’exécution. Il s’oppose aux évaluations plus analytiques, qui adoptent généralement une perspective à plus long terme, sont souvent effectuées en dehors de l’équipe directement impliquée (parfois par un expert externe) et portent principalement sur des opérations terminées ou sur la portion achevée d’un programme en cours.

Une méthode commune de suivi et d’évaluation sera définie pour permettre la formulation d’appréciations comparatives entre pays et dans certains domaines, de manière à ce que des enseignements puissent être tirés et utilisés pour améliorer les opérations futures. Toutes les activités de suivi et d’évaluation exigeront la participation des autorités des pays bénéficiaires, au niveau des projets comme des politiques, pour que leurs points de vue sur les raisons de la réussite ou de l’échec de l’assistance technique soient pleinement pris en considération. Le suivi routinier et exhaustif effectué par les départements prestataires d’une assistance technique sera complété par des évaluations approfondies portant sur des thèmes précis. Ces évaluations serviront à vérifier la cohérence et la qualité des conseils donnés et permettront de déterminer les effets de l’assistance technique sur les politiques et le renforcement des capacités, ainsi que la durabilité de ces effets. Il sera procédé en outre à des évaluations indépendantes, selon les ressources budgétaires disponibles.

Diffusion externe

Le FMI reconnaît qu’il lui faut mettre des informations d’intérêt général sur ses activités d’assistance technique à la disposition de ses pays membres comme du grand public. L’un des moyens retenus à cet effet consiste à soumettre au Conseil d’administration un rapport annuel sur l’assistance technique, qui fera le point des opérations effectuées dans ce domaine au cours de l’année précédente, retracera l’évolution de la politique menée à cet égard pendant ladite période et exposera brièvement les résultats des efforts de suivi et d’évaluation. Le rapport fera en outre ressortir les points susceptibles d’appeler des directives de la part du Conseil d’administration.

Dans un souci de transparence et de bonne information du public, le FMI entend assurer la plus large diffusion possible des enseignements tirés de son programme d’assistance technique, ainsi que des informations sur l’assistance fournie aux pays. Par conséquent, des renseignements sur la teneur générale des conseils techniques donnés par les départements fonctionnels sont diffusés sous forme de rapports d’études et d’autres publications du FMI (manuels, études spéciales, brochures, par exemple); il affiche en outre des informations de plus en plus abondantes sur son site Internet4. Tout en reconnaissant que la diffusion de renseignements sur les conseils donnés aux pays servirait également les intérêts du public, le FMI ne doit pas oublier que leurs récipiendaires demandent parfois que ces conseils techniques restent confidentiels. Il est donc normal que les pays membres aient droit de décision en la matière. C’est pourquoi la diffusion des rapports d’assistance technique restera limitée au FMI, à la Banque mondiale et aux autres organismes participants et ne sera élargie que sur l’autorisation du pays en question.

Gestion interne de l’assistance technique

La gestion du programme d’assistance technique du FMI est pour l’essentiel confiée aux divers départements, mais c’est le Comité de l’assistance technique, organe de haut niveau, qui coordonne et met au point les politiques et procédures régissant, à l’échelle de l’institution, le financement, la planification, l’exécution, le suivi et l’évaluation des opérations d’assistance technique, ainsi que l’information dans ce domaine. Faisant directement rapport au Directeur général adjoint chargé des questions d’assistance technique, ce comité est également un forum où sont arrêtées les recommandations à soumettre à la direction sur la répartition des ressources d’assistance technique entre les diverses régions géographiques et les différents secteurs fonctionnels. En outre, il coordonne les initiatives expérimentales lancées par le FMI dans ce domaine (comme les consultations et les plans d’action récemment institués), ainsi que la mise en œuvre des réformes issues de l’examen des activités d’assistance technique du FMI effectué en juin 1999 par le Conseil d’administration. Le comité et ses sous-comités sont servis par une unité de taille restreinte, le Secrétariat de l’assistance technique, qui est rattaché au Bureau du budget et de la planification, lui-même un service du Bureau du Directeur général; ce secrétariat prête également son concours pour la négociation d’accords d’assistance technique avec d’autres organismes ou prestataires et pour l’administration de ces accords. Il élabore des données globales sur les opérations d’assistance technique prévoies et effectives aux fins de leur diffusion interne et externe.

Rôle du financement extérieur

Ces dernières années, le FMI a cherché à étendre le cercle de ses interlocuteurs parmi les autres prestataires d’assistance technique et à collaborer plus étroitement avec ceux-ci. Il a, par exemple, coopéré avec d’autres organismes à un certain nombre de grands projets d’assistance technique intégrés et pluriannuels dans le cadre de réformes administratives et institutionnelles. De même, le programme d’assistance technique du FMI a fait l’objet de cofinancements généreux de la part d’organismes bilatéraux et multilatéraux, qui ont ainsi complété la part de ses ressources budgétaires propres que l’institution consacre à ces activités. Avec l’élargissement du mandat du FMI, son assistance technique sera vraisemblablement encore plus sollicitée dans les domaines suivants: application des nouveaux codes et normes internationaux; consolidation du secteur bancaire et des systèmes financiers; dans le cas des PPTE, analyse de viabilité de leur dette et gestion des programmes de réduction de leur endettement; enfin, gestion des dépenses publiques et établissement de statistiques en rapport avec l’élaboration et l’application des documents de stratégie de réduction de la pauvreté et des programmes soutenus par le FMI au titre de la nouvelle facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Le FMI saisira toutes les occasions qui lui seront offertes pour collaborer avec d’autres organismes dans ces domaines. Les plans d’action, en particulier, exigeront l’étroite participation des autres organismes prestataires5, car les instruments et les ressources financières nécessaires à leur exécution dépasseront de beaucoup ceux dont le FMI dispose pour son assistance technique.

Le FMI encourage les pays membres qui ne l’ont pas encore fait à envisager d’apporter, de préférence en imposant le moins de conditions possibles, une aide financière complémentaire de ce type afin d’accroître les ressources affectées à l’assistance technique. Dans l’intervalle, il continuera à s’efforcer de collaborer davantage avec ses partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement.

Annexe FMI —Domaines d’assistance technique, par département

Département des finances publiques

Politique fiscale: donner des conseils sur les moyens d’améliorer l’efficacité administrative et économique de la fiscalité indirecte (taxes sur les ventes, TVA et droits d’accises), de l’impôt sur le revenu des sociétés et des personnes physiques, des charges patronales et des cotisations sociales, des impôts immobiliers et des droits de douane, notamment sur les questions soulevées par l’impôt minimum, les incitations fiscales, la taxation des transactions et services financiers et le régime fiscal des flux internationaux de capitaux, les impôts directs et indirects transfrontaliers, la fiscalité agricole, l’application des droits d’accises à des taux ad valorem ou spécifiques et la relation entre l’inflation et l’impôt.

Administrations fiscales et douanières: fournir conseils et assistance pour accroître l’efficacité des administrations fiscales et douanières, améliorer le civisme fiscal par un renforcement des fonctions de recouvrement, d’audit et de prestation de services aux contribuables, instituer de nouveaux impôts importants, exercer des contrôles spéciaux sur les gros contribuables, mettre en place des mesures visant à fiscaliser les petits et moyens contribuables et rationaliser les procédures douanières de manière à mobiliser des recettes et à faciliter les échanges commerciaux.

Établissement du budget et gestion des dépenses publiques: donner des conseils sur les moyens d’améliorer la planification, la préparation, l’exécution et le contrôle du budget, sur la classification des comptes publics et la communication des données, sur l’établissement de systèmes de trésorerie, l’harmonisation des pratiques budgétaires régionales, l’évaluation de la transparence des systèmes budgétaires et, en particulier, sur les moyens d’assurer qu’ils sont conformes au code de conduite en matière de transparence des finances publiques.

Politique de la dépense: à l’occasion, et bien que ce domaine relève principalement de la Banque mondiale, envoyer des missions chargées d’examiner les dépenses publiques, d’élaborer des dispositifs de protection sociale et de rationaliser les programmes d’assurance sociale.

Fédéralisme fiscal: à l’occasion, et bien que ce domaine relève principalement de la Banque mondiale, envoyer des missions chargées d’évaluer les méthodes de rationalisation des systèmes de transferts interrégionaux, d’examiner l’attribution des fonctions en matière de fiscalité et de dépenses et de mettre en place des méthodes permettant de réglementer les emprunts des organismes publics décentralisés.

Gestion budgétaire et macroéconomique: donner des conseils sur les moyens de renforcer la capacité du pays à assurer la gestion budgétaire dans un cadre macroéconomique: restructuration des institutions, adoption de meilleures techniques d’analyse macrobudgétaire et formation.

Formation: préparer et dispenser des cours de finances publiques dans plusieurs langues et, à l’occasion, des séminaires adaptés aux besoins du pays en question.

Institut du FMI

Formation axée sur la politique économique: organiser, à l’intention des fonctionnaires des pays membres, des séminaires et cours de formation sur une série de sujets ayant trait à l’élaboration et à l’application des politiques macroéconomique et financière. Les cours, séminaires et conférences —qui ont lieu à Washington, dans les centres régionaux de formation ou dans les pays membres —ont pour but de rendre les fonctionnaires plus aptes à assurer la gestion économique et à mener les politiques qui conviennent. Diverses informations (calendriers, modalités administratives, matériel didactique, etc.) sont diffusées sur le site Internet du FMI à l’adresse suivante:www.imf.org/cxtcrnal/np/ins.

Département juridique

Rédiger des textes de loi, formuler des observations sur les projets de loi préparés par les autorités des pays membres, rédiger des règlements d’application et donner des conseils et une formation portant sur d’autres aspects juridiques en mettant l’accent sur les volets suivants: banque centrale, banques commerciales, opérations de change, fiscalité (ensemble des impôts, et administration et procédures fiscales), réglementation douanière, loi de finances, droit des sûretés, droit de la faillite et autres législations à caractère économique.

Département de la monnaie et des changes

Banques centrales et régimes de change: aider à établir une banque centrale, une caisse d’émission et autres régimes de change et à en améliorer l’organisation et le fonctionnement, et donner des conseils sur l’émission de nouvelles monnaies, la comptabilité et l’audit interne des banques centrales et sur les réformes législatives, réglementaires et structurelles connexes.

Politiques monétaire et de change et gestion de la dette publique: donner des conseils sur la conception et la mise en place des instruments et opérations de politique monétaire, les techniques et procédures d’intervention sur le marché monétaire et le marché des changes, le cadre institutionnel et les instruments de gestion de la dette publique et sur la coordination de cette gestion avec celle des opérations monétaires.

Développement des marchés financiers, et plus précisément du marché monétaire, du marché des titres publics et du marché des changes: donner des conseils sur la mise en place d’instruments et marchés efficaces, qu’il s’agisse de marchés primaires, secondaires ou de produits dérivés, la réglementation et l’organisation de ces marchés (agents, procédures de négociation, comptabilité, systèmes de règlement et codes de conduite) et sur les mesures visant à approfondir ces marchés et à en accroître la liquidité.

Systèmes de change et convertibilité de la monnaie: formuler des recommandations sur la conception des systèmes de change, la réglementation des changes et le choix des régimes de change, sur les pratiques et opérations de gestion des réserves de change et sur les réformes visant à faciliter le passage à la convertibilité de la monnaie aux fins des transactions courantes et des mouvements de capitaux.

Systèmes de paiement: donner des conseils sur l’organisation et le contrôle des systèmes de paiement et sur les moyens de réduire les risques systémiques inhérents aux dispositifs de compensation et de règlement et d’assurer l’efficacité des opérations, ainsi que sur les systèmes de règlement des opérations interbancaires ou des titres et sur les liens avec la politique monétaire.

Contrôle et réglementation bancaires: formuler des recommandations sur les techniques de réglementation et de contrôle prudentiels (agrément, inspections sur place et sur pièces, évaluation et gestion des risques, niveau des fonds propres, classification des prêts et provisions pour pertes sur prêts, etc.), sur la réforme de la législation bancaire et sur l’organisation de la fonction de contrôle bancaire.

Restructuration des banques et dispositifs de protection bancaire: donner, en collaboration avec la Banque mondiale, des conseils sur la mise au point et l’application de stratégies de restructuration du système bancaire et de celles afférentes à la sortie des banques, sur la gestion des crises bancaires systé-miques, les dispositifs de garantie des dépôts et les mécanismes de soutien de la liquidité, les techniques de recapitalisation des banques et les dispositifs de recouvrement des créances.

Application des normes internationales: en collaboration avec les organismes de réglementation internationaux, les organisations régionales de surveillance, les banques centrales participantes, les organismes de contrôle financier et la Banque mondiale, aider les pays membres à évaluer dans quelle mesure ils respectent les normes internationales relatives au système financier (principes fondamentaux de Bale et code de bonnes pratiques pour la transparence des politiques monétaire et financière) et leur donner des conseils sur l’appli cation de ces normes.

Departement de l’elaboration et de l’examen des politiques

Suivi de la dette extérieure: fournir conseils et assistance aux autorités des pays à marché émergent en vue de la création d’un système de suivi de la dette (généralement au sein des banques centrales) à grande fréquence et de vaste portée qui les tienne informés du sentiment du marché et les aide a suivre la participation des banques ou autres créanciers aux étions de prevention et de résolution des crises financières.

Departement des statistiques

Dans tous les domaines ci-après, l’assistance technique a pour but d’améliorer la collecte, l’établissement et la diffusion des statistiques officielles. Outre les évaluations qu’elles font de l’exactitude, de la couverture et du degré d’actualité des données, les missions d’assistance technique dans chacun des domaines indiqués assurent souvent une formation sur le terrain et aident les autorités à concevoir les formulaires servant à la communication des données et les clés de passage, ainsi que des plans d’action à court ou à moyen terme visant à améliorer les techniques statistiques.

Questions plunsectorielles: assurer des missions plurisectorielles pour évaluer les déficiences dans certains domaines, et aider les autorités à divers égards: élaboration de la legislation statistique, organisation institutionnelle des données, politique et stratégie statistiques nationales, et cohérence et coordination des données des divers organismes.

Statistiques de la balance des paiements et de la dette extérieure: évaluer l’exactitude et la portée des systèmes de collecte et d’établissement des données sur les transactions internationales au titre des biens et services, les flux financiers, y compris les investissements directs et de portefeuille, et la position extérieure globale.

Statistiques de finances publiques: formuler des recommandations concernant l’établissement et la communication des données budgétaires, en mettant l’accent sur l’exhaustivité de la couverture institutionnelle des administrations publiques, la préparation de tableaux de passage des classifications nationales aux normes internationales et l’évaluation de la cohérence des données sur le financement bancaire du déficit et de celles des comptes monétaires.

Statistiques monétaires et financières: donner des conseils sur la couverture institutionnelle et le classement des comptes monétaires (par instruments financiers ou selon la résidence ou le secteur institutionnel), sur l’évaluation des instruments et le traitement statistique des instruments dérivés et des banques en cours de liquidation.

Statistiques de comptabilité nationale et de prix: guider les autorités dans les efforts qu’elles déploient pour établir des statistiques de comptabilité nationale annuelles et trimestrielles et les conseiller sur les moyens de remanier ou de mettre à jour leur indice des prix à la production ou a la consommation, ou celui des prix des échanges internationaux.

Normes de diffusion des données: aider les pavs pré parer les métadonnées requises et à respecter les conditions de la NSDD ou les règles de participation au SGDD, et les conseiller sur les moyens de rendre leurs pratiques de diffusion conformes aux normes.

Departement de la technologie et des services

Soutien aux autres départements du FMI pour leurs pro jets d’assistance technique: par exemple, an Département de la monnaie et des changes: aider à la mise au point de divers systèmes (opérations de banque centrale, enregistre ment comptable des titres publics et contrôle bancaire); au Département des finances publiques: aider la conception de systèmes informatisés de contrôle et d’information dans I. domaine des opérations financières, du budget Cl des dépenses pour les ministères des finances, et au Département des statistiques: élaborer des svstémes de collecte et de tion des series chronologiques financières et économiques ou des systèmes facilitant l’analyse économétriquea.

1L’expression «assistance technique» recouvre la formation assurée aux fonctionnaires des pays dans le cadre, par exemple, des programmes de l’Institut du FMI.
2Il est difficile pour les pays ayant des arriérés persistants envers le FMI de pouvoir bénéficier d’une assistance technique sans l’autorisation expresse du Conseil d’administration, laquelle dépend de leur degré de coopération avec le FMI à la recherche d’une solution au problème de leurs arriérés.
3L’assistance technique peut aussi être fournie, sur autorisation du Conseil d’administration, à des pays non membres ou à des organisations internationales.
4À cet égard, le FMI présentera sur son site Internet une rubrique consacrée à l’assistance technique, pour diffuser ses informations, mais aussi pour obtenir des commentaires en retour.
5Il sera particulièrement important que le FMI agisse de concert avec la Banque mondiale et le PNUD pour assurer la conformité de son action avec le cadre de développement intégré de la Banque mondiale et la stratégie-pays du système des Nations Unies.

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