Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
Chapter

Annexe 2. Analyse quantitative

Author(s):
International Monetary Fund. Independent Evaluation Office
Published Date:
July 2007
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Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
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La présente annexe développe et approfondit l’analyse empirique dont rendent compte, au chapitre 2 du corps du document, les sections «Place accordée à l’aide» et «Analyse de l’aide». Elle passe en revue certains événements et fournit un complément d’information sur les différences entre les pays dont les résultats sont satisfaisants et ceux où ils ne le sont pas; entre les programmes appuyés par la FRPC et ceux appuyés par la FASR en Afrique subsaharienne; et entre les programmes menés en Afrique subsaharienne et ceux réalisés dans d’autres régions. La première section expose les conclusions et la seconde traite des données et de la méthodologie employées.

Conclusions

La présente section est structurée comme suit. Nous examinons d’abord les tendances des prévisions relatives à l’aide débloquée à l’appui des programmes; avant de traiter les tendances de la conception des programmes en ce qui a trait aux déficits du budget et du solde des transactions courantes. Enfin, nous analysons la relation entre l’aide programmée et les déficits (budget et solde des transactions courantes) prévus.

Prévision de l’aide FRPC

Les projections d’aide FRPC en Afrique subsaharienne pour l’année initiale des programmes étaient relativement optimistes (voir la section «Prévision des apports d’aide» du corps du document). En Afrique subsaharienne, les niveaux d’aide effectifs, allégement de la dette compris, ont été inférieurs aux prévisions pour l’année initiale des programmes (t0) (voir panneau B du graphique A2.1)1. Cela peut s’expliquer par un excès d’optimisme quant aux dates de l’allégement puisque l’aide à t0, déduction faite de l’allégement de la dette et des mesures y afférentes, ne semble pas être systématiquement surestimée. En dehors de l’Afrique subsaharienne l’aide n’est pas non plus surestimée pour l’année initiale des programmes.

Graphique A2.1.Niveaux d’aide programmés et effectifs en Afrique subsaharienne

(En pourcentage du PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: Observations: FRPC 26 et FASR 23; filtre: erreur initiale <1, erreur maximum 20 % du PIB.

En revanche, le FMI a sous-estimé les flux d’aide à moyen terme dans les programmes FRPC en Afrique subsaharienne (voir la section «Prévision des apports d’aide» du corps du document). Cela se vérifie que l’on exclut ou non l’allégement de la dette (voir panneau B du graphique A2.1).

Les programmes FASR et FRPC ont systématiquement prévu un tassement à moyen terme des flux d’aide (panneaux A et B du graphique A2.1). Cependant, durant la période FRPC, les flux d’aide effectifs moyens (ou les projections actualisées) durant les trois années suivant l’année initiale du programme (année programme) ont en fait été sensiblement supérieurs aux prévisions2. Cela n’a pas été le cas de la FASR lorsque l’allégement de la dette était pris en considération.

En dehors de l’Afrique subsaharienne, l’aide à moyen terme n’a pas été sous-estimée. Le graphique A2.2 montre que dans d’autres régions, les résultats moyens s’alignaient davantage sur les prévisions FRPC durant les années ultérieures3.

Graphique A2.2.Niveaux d’aide programmés et effectifs en Afrique subsaharienne et ailleurs1

(En pourcentage du PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: Observations: FRPC en ASS 26, FRPC autres régions 9, FASR en ASS 23, et FASR autres régions 15; filtre: erreur initiale <2%, erreur maximum 20 % du PIB.

1 Y compris allégement, rééchelonnement et arriérés.

La conception des programmes appuyés par le FMI semble avoir pris en compte la plus forte persistance des flux d’aide en Afrique subsaharienne en modérant la diminution projetée durant ces dernières années. Le graphique A2.3 illustre les différences moyennes annuelles entre les niveaux d’aide projetés pour l’année programme et les deux années suivantes. Il montre l’évolution de la moyenne globale et de celle de deux groupes de pays qui se distinguent par leurs résultats macroéconomiques4. On constate que la diminution à moyen terme de l’aide projetée est de moins en moins prononcée au fil des ans, notamment dans le cas des programmes mis en œuvre dans les pays enregistrant de bons résultats macroéconomiques.

Graphique A2.3.Tendances dans la programmation de la persistance de l’aide vers l’Afrique subsaharienne

(Différences en points de PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: 186 observations réparties sur toute la période; filtre: aide >0 %.

Conception des programmes

La présente section examine les questions relatives aux déficits budgétaires et aux déficits du solde des transactions courantes. Dans ce dernier cas, l’analyse aborde plus précisément les dépenses publiques programmées et la mobilisation de recettes intérieures. Pour chacune de ces dimensions, l’exposé couvre leur évolution dans le temps ainsi que les résultats par rapport aux prévisions des programmes.

Solde des transactions courantes

Le FMI a assoupli sa position à l’égard des ajustements relatifs au solde des transactions courantes. Le graphique A2.4 illustre la variation moyenne programmée du solde des transactions courantes hors aide durant l’année programme en Afrique subsaharienne. Avec les premiers programmes FASR il était courant d’assister à d’importants ajustements du déficit du solde des transactions courantes durant l’année programme, mais dans le cas des programmes FRPC les ajustements se sont en moyenne situés aux alentours de zéro.

Graphique A2.4.Ajustements programmés du solde des transactions courantes en Afrique subsaharienne

(Différences en points de PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: 305 observations étalées sur toute la période; filtre: abs(ΔCA[t0–t–1]) <20 %.

En règle générale, les programmes FRPC en Afrique subsaharienne ont tablé sur un rééquilibrage à moyen terme du solde des transactions courantes hors aide. Le graphique A2.5 montre cependant qu’à moyen terme les déficits courants ont en moyenne dépassé les niveaux programmés—financés qu’ils étaient par des apports plus importants que prévu comme signalé plus haut.

Graphique A2.5.Déficits courants moyens dans les programmes FRPC en Afrique subsaharienne1

(En pourcentage du PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: 34 observations; filtre: erreur initiale <2 %, erreur maximum <20 %.

1 Avant dons et paiements d’intérêts.

Solde budgétaire

À la différence des programmes FASR, les programmes FRPC en Afrique subsaharienne ont permis d’augmenter les dépenses durant l’année programme. Le graphique A2.6 montre un assouplissement des conditions relatives à la maîtrise des dépenses5 programmées entre l’année qui précède l’année programme et l’année programme proprement dite lorsque l’on passe des programmes FASR aux programmes FRPC.

Graphique A2.6.Ajustement des dépenses programmées en Afrique subsaharienne

(Différences en points de PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Mais tout comme les programmes FASR, les programmes FRPC en Afrique subsaharienne misaient sur un rééquilibrage des dépenses à moyen terme (voir graphique A2.7). Cependant les résultats montrent que ce rééquilibrage ne s’est pas produit et que les dépenses au contraire ont augmenté. Cette différence entre dépenses programmées et dépenses effectives à moyen terme a été, elle aussi, financée par un niveau d’aide supérieur aux prévisions.

Graphique A2.7.Dépenses et recettes programmées et effectives dans les programmes FASR et FRPC en Afrique subsaharienne

(En pourcentage du PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: 27 observations FASR et 28 observations FRPC; filtre: erreur initiale < 1 % du PIB.

Les projections de mobilisation des recettes intérieures dans les programmes FRPC en Afrique subsaharienne étaient plus ambitieuses et plus exactes que dans les programmes FASR (voir panneau B du graphique A2.7). Le programme FRPC moyen prévoyait une augmentation de 2 % des recettes par rapport au PIB sur une période de quatre ans. En revanche, les programmes FASR tablaient sur une évolution des recettes globalement alignée sur celle du PIB. S’agissant des résultats, les programmes FRPC ont permis de dégager plus de recettes que les programmes FASR.

En moyenne, les programmes FRPC en Afrique subsaharienne envisageaient de légères augmentations du déficit primaire hors dons durant l’année programme. Comme le montre le graphique A2.8, les programmes FRPC ont permis une certaine relance budgétaire durant l’année programme, mais cela s’est rarement produit dans les programmes FASR.

Graphique A2.8.Ajustements budgétaires programmés en Afrique subsaharienne

(Différences en points de PIB)

Source: estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: 296 observations étalées sur toute la période; filtre: abs(ΔFD[t0 –t – 1]) < 20 %.

Emploi programmé de l’augmentation de l’aide

La présente section se penche sur la corrélation entre l’augmentation projetée de l’aide et l’évolution du déficit du solde des transactions courantes hors aide et le déficit budgétaire hors aide. Elle expose tout d’abord le cadre conceptuel à la base de la démarche et passe ensuite aux conclusions.

Cadre conceptuel: estimation des ratios de «dépense» et d’«absorption»

La présente section d’inspire du cadre analytique de «la dépense et de l’absorption des augmentations de l’aide» proposé par Berg et al.6 et examiné à l’encadré 2.1 du corps du document. L’analyse part du principe que, du point de vue de la balance des paiements et en supposant des flux nets de capitaux hors aide nuls, l’augmentation de l’aide peut avoir pour effet 1) soit d’accroître le déficit du solde des transactions courantes hors dons et intérêts (dans le jargon du FMI on parlera alors d’«absorption» de l’aide), 2) soit d’accroître les réserves réelles. D’un point de vue budgétaire, à supposer un financement extérieur hors aide nul, les ressources complémentaires fournies sous la forme d’une aide accrue peuvent avoir pour effet 1) soit de creuser le déficit primaire hors dons (dans le jargon du FMI on parlera alors de «dépense» de l’aide), 2) soit de se substituer au financement intérieur net.

La différence entre l’aide dépensée et l’aide absorbée détermine la réaction envisagée du secteur privé à l’augmentation de l’aide. Si le déficit budgétaire suit l’évolution du déficit du solde des transactions courantes, l’accroissement de la demande budgétaire est compensé par une augmentation nette des importations. Si le déficit budgétaire se creuse davantage que le déficit du solde des transactions courantes et que l’offre globale soit fixe, il s’ensuit un phénomène d’éviction du secteur privé. À l’inverse, un déficit budgétaire qui augmente moins que le déficit du solde des transactions courantes permet une participation du secteur privé ou, s’il existe une demande excédentaire, une désinflation en comblant l’écart entre la demande globale et l’offre globale.

À partir d’une série de régressions, nous avons produit des estimations de la dépense et de l’absorption moyennes projetées de l’augmentation de l’aide dans les programmes FRPC en Afrique subsaharienne. Pour illustrer la méthodologie, le graphique A2.9 représente les ajustements programmés du budget et du solde des transactions courantes7 par rapport aux augmentations d’aide projetées. Les observations s’appuient sur les demandes et revues de programmes FRPC entre 1999 et 2005 pour tous les pays d’Afrique subsaharienne. Les régressions avec suppression des constantes produisent des courbes d’estimation des réactions du solde des transactions courantes et du budget à l’augmentation de l’aide (voir tableau du graphique A2.9)8. Elles représentent la base des estimations de dépense ou d’absorption, présentées dans le rapport9. Les estimations de la part de l’aide additionnelle qui a servi à réduire la dette intérieure découlent de la différence entre dépense et absorption, et les estimations relatives à l’accumulation de réserves découlent de la différence entre l’absorption et l’augmentation de l’aide.

Graphique A2.9.Calcul des estimations de dépense et d’absorption de l’aide projetée dans les FRPC en Afrique subsaharienne

Utilisation programmée moyenne estimée des augmentations d’aide dans tous les programmes FRPC en ASS

(En pourcentage des augmentations d’aide escomptées)
Régressions, base modèle: FRPC en ASS
Sans contrainteConstante supprimée
Déficit du compte extérieur courantDéficit budgétaireDéficit du compte extérieur courantDéficit budgétaire
Delta aide0,5030,1370,6350,266
(0,086)*(0,237)(0,004)***(0,003)***
Constante0,6010,586
(0,504)(0,104)
Observations65656565
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 %, et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t –1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 %, et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t –1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.

Conclusions

Comme signalé à la section «Ajustement du compte extérieur courant» du document, le niveau initial des réserves était déterminant pour expliquer les différences d’absorption programmée de l’augmentation de l’aide des programmes FRPC en Afrique subsaharienne. Le graphique A2.10 ci-contre montre que les pays dont les réserves étaient inférieures à 2,5 mois d’importations étaient censés consacrer la quasi-totalité de l’augmentation prévue de l’aide (95 % en moyenne10) à l’augmentation des réserves. Dans les pays dont les réserves initiales étaient plus élevées, les ressources additionnelles pouvaient servir à augmenter les importations nettes. Les coefficients de la première régression du tableau du graphique A2.10 montrent que cette différence tient à des différences dans les deux ajustements indépendantes de la variation de l’aide, et à une réaction plus abrupte à l’augmentation de l’aide dans les pays ayant d’importantes réserves. Il s’ensuit une différence notable entre les deux groupes de pays selon le niveau de réserves dans le modèle avec contraintes.

Graphique A2.10.Dépense et absorption dans les pays FRPC d’Afrique subsaharienne: importance des conditions initiales

Régressions. FRPC en ASS: importance des conditions initiales
Tous les niveaux de réserves
Réserves élevées
Déficit du compte extérieur courantDéficit du compte extérieur courantDéficit budgétaireDéficit budgétaire
Delta aide0,3230,0540,0960,147
(0,501)(0,868)(0,631)(0,240)
Réserves élevées0,4160,945
interaction(0,484)(0,027)**
Inflation peu élevée0,4880,645
interaction(0,279)(0,023)**
Réserves élevées fictives2,442
(0,221)
Inflation peu élevée fictive0,09
(0,938)
Constante–1,3140,323
(0,442)(0,739)
Observations65654646
Note: Les niveaux sont marqués par des réserves de 2,5 mois d’importations et une inflation de 5 %; p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.
Note: Les niveaux sont marqués par des réserves de 2,5 mois d’importations et une inflation de 5 %; p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.

Comme indiqué à la section «Ajustement budgétaire» du chapitre 2 du corps du document, le niveau initial d’inflation était un facteur déterminant des programmes appuyés par la FRPC en ASS pour la dépense du complément d’aide. Le graphique A2.10 montre que les niveaux d’inflation constatés au début d’un programme exercent une influence sur les dépenses moyennes programmées dans les pays dotés d’importantes réserves. Dans les pays où l’inflation était inférieure à 5 %11 la quasi-totalité de l’aide additionnelle prévue pouvait être dépensée (79 % en moyenne12), alors que dans les pays où l’inflation était plus élevée presque toute l’aide additionnelle (85 % en moyenne13) devait servir à réduire le financement intérieur.

Les critères qui servent en général à définir les pays où «la stabilisation est avancée» ont eu un effet sensible sur les dépenses programmées mais non sur l’absorption. Les programmes dans les pays où initialement l’inflation était inférieure à 10 %, le taux de croissance positif et le financement intérieur inférieur à 1 % du PIB, l’on envisageait en moyenne une augmentation des dépenses d’environ la moitié de l’augmentation escomptée de l’aide. À titre de comparaison, dans les pays qui ne remplissaient pas ces conditions (voir graphique A2.11) il n’y avait presque pas de dépense du complément d’aide (17 % en moyenne14).

Graphique A2.11.Dépense et absorption en Afrique subsaharienne: critères de réalisation liés à la «stabilisation avancée»1

Régressions. FRPC en ASS: influence des résultats
Déficit budgétaireDéficit budgétaire
Delta aide0,2280,173
(0,119)(0,086)*
Interaction résultats–0,0280,319
(0,907)(0,087)*
Variable fictive de résultats1,355
(0,059)*
Constante–0,273
(0,612)
Observations6565
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.1 Conformément à la définition que donne le FMI de la stabilisation avancée, les bons résultats sont définis comme: inflation inférieure à 10 %, croissance positive et financement intérieur inférieur à 1 % avant le programme.
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.1 Conformément à la définition que donne le FMI de la stabilisation avancée, les bons résultats sont définis comme: inflation inférieure à 10 %, croissance positive et financement intérieur inférieur à 1 % avant le programme.

Il y avait très peu de différences en moyenne entre les dépenses et les absorptions programmées de l’aide additionnelle entre programmes FASR et programmes FRPC en Afrique subsaharienne. La constante négative et le coefficient positif de la variable fictive FRPC au tableau du graphique A2.12 semblent indiquer que l’on est passé des ajustements budgétaires rigoureux indépendants des flux d’aide anticipés (dans le cas des accords FASR) à des ajustements moins rigoureux (dans le cas des accords FRPC). Cela dit, les différences de réaction programmée à l’augmentation de l’aide tendent à amoindrir cette différence, ce qui en dernière analyse aboutit seulement à de légères différences entre programmes FASR et FRPC au niveau des dépenses moyennes programmées (voir graphique A2.12)15. Par ailleurs, il n’y a pas de différence sensible entre programmes FASR et FRPC en ce qui a trait à l’absorption.

Graphique A2.12.Dépense et absorption en Afrique subsaharienne: FASR et FRPC

Régressions. ASS: FASR vs. FRPC
Différences entre dépenses FASR et FRPC
Déficit budgétaireDéficit budgétaire
Delta aide0.7110.234
(0.005)***(0.132)
Interaction FRPC–0.5740.032
(0.036)**(0.858)
Variation fictive FRPC1.97
(0.004)***
Constante–1.384
(0.016)**
Observations102102
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.

En moyenne, les programmes conduits en dehors de l’Afrique subsaharienne ont utilisé une part plus faible de l’augmentation de l’aide pour réduire l’endettement intérieur ou contribuer à la désinflation. La plus grande rigueur des ajustements des déficits (budget et solde des transactions courantes) dans les programmes FRPC des autres régions du monde a été compensée par une plus forte réaction à l’augmentation de l’aide16. Comme le montre le graphique A2.13, ces différences aboutissent à des dépenses moyennes un peu plus élevées et une absorption moyenne légèrement plus faible en dehors des pays d’Afrique subsaharienne.

Graphique A2.13.Dépense et absorption dans les programmes FRPC: Afrique subsaharienne et autres régions

Régressions. FRPC: ASS vs. autres régions
Déficit du compte extérieur courantDéficit budgétaire
Delta aide1,0620,4880,5390,315
(0,024)**(0,164)(0,002)***(0,019)
Interaction ASS–0,560,147–0,402–0,049
(0,303)(0,718)(0,049)**(0,752)
Variation fictive3,031,534
ASS(0,056)*(0,010)**
Constante–2,43–0,947
(0,065)*(0,054)*
Observations93939393
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 %, et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.
Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 %, et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.

Les réactions programmées à l’augmentation projetée de l’aide dépendaient du niveau initial des réserves et étaient asymétriques. Les pays où le niveau initial de réserves est très élevé peuvent en moyenne financer les réductions d’aide pour éviter les ajustements budgétaires, principalement en puisant dans les réserves (voir tableau A2.1). En revanche, les pays où le niveau des réserves est très bas doivent, pour parer à des réductions projetées d’aide, procéder à des ajustements du budget et du solde des transactions courantes. La réaction budgétaire à des réductions de l’aide n’est pas tributaire du niveau de l’inflation.

Tableau A2.1.Régressions. Accords FRPC en ASS: augmentation/réduction de l’aide
Augmentation de l’aideDiminution de l’aide
Déficit du compte extérieur courantDéficit budgétaireDéficit du compte extérieur courantDéficit budgétaire
Delta aide0,3820,5310,9281,045
(0,549)(0,038)**(0,003)***(0,000)***
Interaction avec1
niveau réserves0,150,005–0,073–0,125
(0,201)(0,921)(0,099)*(0,000)***
inflation initiale–0,018–0,017–0,008–0,011
(0,354)(0,024)**(0,572)(0,276)
Observations93939393
Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.1 À la différence des autres tableaux, ces interactions s’appuient sur des niveaux et non des paramètres fictifs indicatifs de l’observation des seuils.
Source: estimations des services du BIE sur la base MONA.Note: p valeurs entre parenthèses; *, ** et *** significatifs à 10 %, 5 % et 1 %, respectivement; filtre: 0 < ΔAid[t0 – t – 1] < 10 %.1 À la différence des autres tableaux, ces interactions s’appuient sur des niveaux et non des paramètres fictifs indicatifs de l’observation des seuils.

Près de 80 % des programmes FRPC en Afrique subsaharienne limitaient la possibilité de dépenser intégralement les augmentations non programmées d’aide ou de financer intégralement les réductions non programmées. Comme le montre le graphique A2.14, cette démarche est comparable à ce que préconise le FMI dans d’autres régions face à des variations imprévues des niveaux d’aide.

Graphique A2.14.Traitement des flux d’aide imprévus dans les programmes FRPC

(En pourcentage des programmes)

Sources: rapports des services du FMI; estimations des services du BIE sur la base MONA de suivi des accords du FMI.

Note: Le graphique donne les pourcentages pour les différents facteurs d’ajustement tels qu’observés dans la demande initiale.

Méthodologie et données

La présente section passe en revue les définitions et la méthodologie qui ont servi aux calculs dont les résultats sont présentés dans le rapport d’évaluation. La base de données MONA sur le suivi des accords du FMI, principale source de données utilisée pour l’analyse, présentent une rupture en 2001. Tous les programmes engagés avant cette rupture, de même que le programme FRPC de 2002 pour la République démocratique du Congo, figurent dans la base MONA I. MONA II, qui présente des variables macroéconomiques différentes, rassemble tous les autres programmes.

La variable représentative des flux nets d’aide a été obtenue à partir des données de la BDP en ajoutant les variations des engagements auprès des créanciers officiels (décaissements–amortissement) aux transferts courants officiels et aux transferts en capital, déduction faite des paiements d’intérêts extérieurs et—le cas échéant—en ajoutant l’écart de financement programmé et les arriérés extérieurs (tableau A2.2)17. Les variables «nouveaux rééchelonnements projetés» et «soutien BDP» étaient souvent indisponibles dans la base de données. Dans ces cas-là, on a supposé que la valeur était nulle ou qu’elle était représentée par d’autres variables. Elles ne sont donc pas entrées dans les calculs.

Tableau A2.2.Variables représentatives du ratio aide nette/PIB
MONA IMONA II
(Transferts officiels, net

+ autre soutien BDP

– paiements d’intérêts nets programmés

+ emprunts officiels multilatéraux et bilatéraux (á l’exclusion du FMI)

– paiements principal programmés (á l’exclusion du FMI)

+ rééchelonnement avant programme

+ nouveaux rééchelonnements projetés

+ augmentation des arriérés de paiements extérieurs

+ écart de financement programmé)

/ PIB
(Transferts courants officiels, net

– paiements d’intérêts

+ solde du compte de capital

+ [variation des] engagements auprès des créanciers officiels

– [dont:] crédit et prêts du FMI (á l’exclusion de la position de réserve au FMI)

+ arriérés, variation nette (compte d’opérations financières) (+ augmentation)

+ écart de financement programmé)

/ PIB

Le déficit budgétaire hors aide a été calculé à partir de la différence entre les dépenses à l’exclusion des paiements d’intérêts et les recettes intérieures (tableau A2.3). L’une des principales difficultés dans la constitution de la variable tenait à la médiocrité des données sur les dons dans la base MONA II. Faute de données sur les dons, l’on a utilisé les données de la BDP sur les transferts courants officiels et les transferts en capital (telles qu’elles apparaissent dans le solde du compte de capital).

Tableau A2.3.Variables représentatives du ratio déficit budgétaire hors aide/PIB
MONA IMONA II
– Solde budgétaire y compris dons (en pourcentage du PIB)

+ dons (en pourcentage du PIB)

– paiements d’intérêts (en pourcentage du PIB)
(Dépenses totales et prêts nets

– recettes totales et dons

+ dons

– paiements d’intérêts)

/ PIB

Le déficit du solde des transactions courantes hors aide a été calculé en déduisant les transferts courants officiels et les paiements d’intérêts du solde des transactions courantes (tableau A2.4). De toutes les variables, c’est celle qui compte le plus de données dans la base MONA.

Tableau A2.4.Variables représentatives du ratio déficit du solde des transactions courantes hors aide/PIB
MONA IMONA II
– Solde budgétaire y compris dons à l’exclusion des transferts officiels

– paiements d’intérêts nets)

/ PIB
(– Solde transactions courantes,

+ transferts courants officiels (net)

– paiements d’intérêts)

/ PIB

La variable fictive «bons résultats macroéconomiques» était par définition égale à 1 si, lors de l’année précédant le programme (t–1) l’inflation était inférieure à 10 %, le taux de croissance réel supérieur àβ zéro, et le financement intérieur inférieur ou égal à 1 % du PIB. Les trois variables ont été tirées de la base de données MONA pour estimer les résultats relatifs à l’année écoulée lors de la conception du programme. Pour les deux premières variables des données étaient aisément disponibles, mais il a fallu estimer le financement intérieur en déduisant une variable représentative du financement extérieur (aide nette) du déficit budgétaire hors aide.

L’année programme (t0) était définie comme l’année civile couvrant la majeure partie de l’année programme effective depuis la date de la demande ou des revues ultérieures. Par exemple, si l’année programme effective assortie de conditionnalités convenues lors d’une revue s’étale de novembre 2003 à octobre 2004, l’année programme pour cette revue est alors l’année 2004.

La base de données MONA n’est pas soumise aux mêmes exigences de rigueur que les bases de données publiées du FMI. Elle contient quelques erreurs et incohérences. Les erreurs les plus patentes—comme par exemple dans la désignation des devises—ont été corrigées manuellement. D’autres, comme les discordances entre les valeurs effectives qui avaient été signalées et la présence de zéros manifestement erronés, nous ont conduit à omettre certaines observations. Dans la mesure du possible, certaines variables omises ont été reconstituées à partir d’autres observations. On a supposé que les erreurs résiduelles n’étaient pas systématiques et qu’elles n’auraient donc pas d’autres répercussions notables sur les résultats, que de les rendre moins robustes.

Par souci de cohésion, les programmes et les résultats ont été comparés à l’intérieur de la base de données MONA. Comme les définitions des variables de la base de données MONA I étaient sensiblement différentes de celles de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale ou des autres bases, les valeurs programmées tirées de MONA n’ont pas été comparées aux estimations tirées des autres bases de données. Les données provenant des demandes de programmes ont en effet été comparées aux données issues de la revue la plus récente pour chacune des années considérées. Cela a permis de réduire dans toute la mesure du possible les erreurs dues à des différences de définition.

1Les différences entre chiffres effectifs (ou mis à jour) et projections pour l’année t0 dans les programmes FRPC en Afrique subsaharienne sont sensiblement inférieures à zéro dans l’intervalle de confiance de 5 %, même après avoir fait la part des erreurs de prévision de croissance optimistes.
2Toutes les différences entre prévisions et résultats effectifs (ou données mises à jour) pour les trois années suivant l’année initiale du programme (t+1, t+2, t+3) sont sensiblement supérieures à zéro dans l’intervalle de confiance de 5 %, même après avoir fait la part des erreurs de prévision de croissance optimistes.
3Les erreurs de prévision ne sont pas sensiblement différentes de zéro dans le cas des programmes FRPC en Afrique subsaharienne. Pour t+1 et t+2, il existe une différence positive significative dans les erreurs de prévision entre les programmes FRPC en Afrique subsaharienne et dans les autres régions dans l’intervalle de confiance de 5 % même après avoir fait la part des erreurs de prévision attribuables à un excès d’optimisme.
4Par «bons résultats» il faut entendre une inflation initiale inférieure à 10 %, un taux de croissance positif et un financement intérieur inférieur à 1 % du PIB.
5Dépenses à l’exclusion des paiements d’intérêts.
6Voir FMI (2005h).
7Variation projetée entre l’année qui précède le programme et l’année programme.
8À l’évidence, bien d’autres facteurs que les quelques variables retenues pour cette régression agissent sur les deux déficits. Le propos ici est de mettre en évidence les corrélations avec les variations attendues de l’aide plutôt que de vérifier si le modèle est exhaustif. Les courbes en pointillés correspondent aux estimations linéaires du modèle sans contraintes, alors que les courbes en traits pleins correspondent à ces estimations pour le modèle doté de contraintes; en supprimant la constante, toutes les variations dans les deux déficits présentent alors un lien avec l’augmentation de l’aide. Les résultats des régressions présentés dans les tableaux montrent que la constante était positive mais qu’elle ne s’écartait pas de zéro de manière significative. Autrement dit, en la supprimant les estimations ne présentaient qu’un léger biais à la hausse. Par ailleurs, la suppression de la constante contribue à éviter de sous-estimer les ratios de dépenses du fait des erreurs de mesure dans le modèle sans contraintes.
9Les graphiques ne montrent que les différences qui apparaissent comme significatives au moins au niveau de 10 % dans les régressions avec ou sans contraintes. Pour les signaler il suffisait qu’elles soient significatives dans l’un des deux tests.
10Pas significativement différent de 100 %.
11Le niveau de 5 % était défini comme le seuil d’inflation initial à partir duquel les différences étaient les plus significatives. Sans faire la part des autres conditions initiales, telles que le financement intérieur ou la croissance, le seuil d’inflation le plus élevé entraînant des différences significatives était celui de 7 %. Dès que l’on fait la part de ces autres conditions, même un niveau plus élevé, comme par exemple 10 %, produit des différences significatives. Toutefois, même dans ce cas, seuls les programmes où l’inflation initiale était inférieure à 7 %, le ratio de dépense estimé n’est pas significativement différent de 100 %.
12Pas significativement différent de 100 %.
13Le coefficient pour le déficit budgétaire de 15 % n’est pas significativement distinct de 0 %.
14Significativement distinct de zéro.
15Seule la différence dans l’ajustement du déficit budgétaire indépendamment de l’aide reste significative lorsque l’on fait la part du seuil d’inflation à 5 %.
16La plupart des différences entre régions peuvent s’expliquer par des différences d’adhésion aux seuils de réserves et d’inflation définis plus haut. Seule la différence qui concerne l’ajustement du déficit budgétaire indépendamment de l’aide reste significative lorsque l’on fait la part de ces variables fictives.
17Pour vérifier s’il existait un biais systématique dans les estimations de ratio de dépenses du fait que les variables représentatives des flux d’aide provenaient de données de la BDP et que le déficit budgétaire provenait des données budgétaires, les données d’aide budgétaire constituées à partir des études de cas ont été comparées aux données représentatives tirées de la BDP de la base de données MONA. Les deux étaient fortement corrélées et sans biais significatif.

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