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Chapitre 1. Perspectives et Enjeux Mondiaux

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
October 2006
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La production mondiale a augmenté nettement au premier semestre de 2006, et la croissance mondiale devrait s’établir à 5,1 % pour l’ensemble de l’année, avant de ralentir à 4,9 % en 2007 (graphique 1.1 et tableau 1.1). Néanmoins, les craintes inflationnistes, le durcissement des conditions sur les marchés financiers et les nouveaux records atteints par les cours du pétrole ont mis en évidence les risques de détérioration de la situation tandis que l’économie mondiale entre dans sa quatrième année d’expansion. Parmi les autres sources notables d’incertitude figurent la menace d’un brusque ralentissement du marché immobilier américain, les doutes persistants quant aux perspectives de croissance dans les autres pays avancés et les questions concernant la résistance des pays émergents dans un contexte mondial plus difficile. Par ailleurs, les déséquilibres mondiaux élevés continuent de susciter des préoccupations, tandis que le risque de montée du protectionnisme a augmenté maintenant que le cycle de Doha semble dans l’impasse. Les décideurs devront faire preuve de souplesse face aux événements et se montrer prévoyants pour éviter les tensions, en tenant compte de l’importance des effets de contagion internationale et des avantages de l’adoption d’une stratégie conjointe pour gérer les risques mondiaux et promouvoir une économie mondiale robuste.

Graphique 1.1.Indicateurs mondiaux1

(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)

La croissance mondiale reste supérieure à sa tendance et la quatrième année consécutive d’expansion vigoureuse contribue à une remontée des tensions inflationnistes.

1 Les zones ombrées correspondent aux projections des services du FMI. Sauf indication contraire, les agrégats sont pondérés sur la base de la parité de pouvoir d’achat.

2 Taux moyens de croissance des pays (somme pondérée en fonction de la parité de pouvoir d’achat). Au fil des ans, la pondération des pays à croissance plus rapide augmente, ce qui oriente la courbe vers le haut.

Tableau 1.1.Perspectives de l’économie mondiale: aperçu des projections(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
Projections actuellesÉcart par rapport aux projections d’avril 2006
200420052006200720062007
Production mondiale5,34,95,14,90,30,2
Pays avancés3,22,63,12,70,1−0,1
États-Unis3,93,23,42,9−0,4
Zone euro2,11,32,42,00,40,1
Allemagne1,20,92,01,30,70,3
France2,01,22,42,30,30,2
Italie1,11,51,30,3−0,1
Espagne3,13,43,43,00,1−0,2
Japon2,32,62,72,1−0,10,1
Royaume-Uni3,31,92,72,70,20,1
Canada3,32,93,13,0−0,1
Autres pays avancés4,63,74,13,7
Nouvelles économies industrielles d’Asie5,94,54,94,4−0,2−0,1
Pays émergents et en développement7,77,47,37,20,40,5
Afrique5,55,45,45,9−0,40,4
Afrique subsaharienne5,65,85,26,3−0,60,6
Europe centrale et orientale6,55,45,35,00,10,2
Communauté des États indépendants8,46,56,86,50,80,4
Russie7,26,46,56,50,40,7
Russie non comprise11,06,77,66,41,5−0,2
Asie, pays en développement d’8,89,08,78,60,50,7
Chine10,110,210,010,00,51,0
Inde8,08,58,37,31,00,3
ASEAN-45,85,15,05,6−0,1
Moyen-Orient5,55,75,85,40,2−0,1
Hémisphère occidental5,74,34,84,20,40,6
Brésil4,92,33,64,00,10,5
Mexique4,23,04,03,50,50,4
Pour mémoire
Union européenne2,41,82,82,40,40,1
Croissance mondiale calculée sur la base des cours de change3,93,43,83,50,2
Volume du commerce mondial (biens et services)10,67,48,97,60,90,2
Importations
Pays avancés9,16,07,56,01,20,4
Pays émergents et en développement16,411,913,012,10,10,2
Exportations
Pays avancés8,85,58,06,01,4−0,1
Pays émergents et en développement14,611,810,710,6−0,20,2
Cours des produits de base (en dollars EU)
Pétrole130,741,329,79,114,96,2
Produits de base hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération des exportations mondiales de produits de base)18,510,322,1−4,811,90,7
Prix à la consommation
Pays avancés2,02,32,62,30,30,2
Pays émergents et en développement5,65,35,25,0−0,10,2
Taux du LIBOR à six mois (en pourcentage)2
Dépôts en dollars1,83,85,45,50,30,4
Dépôts en euros2,12,23,13,70,10,3
Dépôts en yen0,10,10,51,10,10,1
Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 5 juillet et le 2 août 2006. Voir l’appendice statistique pour détails, groupes et méthodologies.

Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2005 était de 53,35 dollars le baril; hypothèse pour 2006: 69,20 dollars le baril; et pour 2007: 75,50 dollars le baril.

Taux à six mois pour le dollar EU et le yen. Taux à trois mois pour l’euro.

Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 5 juillet et le 2 août 2006. Voir l’appendice statistique pour détails, groupes et méthodologies.

Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2005 était de 53,35 dollars le baril; hypothèse pour 2006: 69,20 dollars le baril; et pour 2007: 75,50 dollars le baril.

Taux à six mois pour le dollar EU et le yen. Taux à trois mois pour l’euro.

Conjoncture économique mondiale

L’expansion mondiale a été généralisée au premier semestre de 2006: l’activité s’est située à un niveau égal ou supérieur aux prévisions dans la plupart des régions et le rythme de l’expansion se maintient au troisième trimestre selon les indicateurs récents (graphique 1.2). La croissance a été particulièrement vigoureuse aux États-Unis au premier trimestre, mais elle a fléchi au deuxième trimestre à cause du ralentissement du marché immobilier et de la hausse des prix des combustibles. L’expansion a pris de l’ampleur dans la zone euro, en dépit d’une croissance lente en début d’année en Allemagne, et se poursuit au Japon. La croissance a continué de s’accélérer en Chine, les pays émergents d’Asie et d’Europe ont encore enregistré une croissance rapide et l’activité s’est accélérée en Amérique latine. Les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient et les pays africains à faible revenu ont continué aussi d’enregistrer des taux de croissance impressionnants.

Graphique 1.2.Indicateurs courants et avancés

(Pourcentage de variation par rapport à l’année précédente, sauf indication contraire)

Selon les indicateurs de la production industrielle, du commerce et de la confiance, le rythme de l ‘expansion est soutenu.

Sources: confiance des chefs d’entreprise: pour les États-Unis, Institute for Supply Management; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Banque du Japon. Confiance des consommateurs: pour les États-Unis, Conference Board; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Bureau du Premier Ministre (Agence de planification économique). Pour les autres indicateurs: Haver Analytics.

1 Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2 Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Russie, Singapour, Slovénie, province chinoise de Taiwan, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.

3 Les données sur la confiance des consommateurs au Japon sont fondées sur un indice de diffusion, où des valeurs supérieures à 50 indiquent un raffermissement de la confiance.

4 Les données pour la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Russie ont été calculées par interpolation.

Les capacités de production inutilisées ont été absorbées du fait de la persistance d’une croissance mondiale élevée et des indices de tensions inflationnistes sont apparus. Si les estimations du PIB potentiel restent entourées d’incertitude, les écarts de production semblent diminuer dans une grande partie du monde (graphique 1.3), tandis que la demande vigoureuse de combustibles et de matières premières a poussé les cours du pétrole et d’autres produits de base à des niveaux records. L’inflation globale dans nombre de grands pays avancés se situe depuis quelque temps au-dessus des zones de confort des banques centrales, en raison de la montée des cours du pétrole, et il existe aujourd’hui des signes d’une hausse de l’inflation de base, des anticipations inflationnistes selon des mesures de marché et des enquêtes, ainsi que des coûts unitaires de main-d’œuvre, en particulier aux États-Unis (graphique 1.4). Plusieurs pays émergents, y compris l’Argentine, l’Inde, la Russie, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Venezuela, font face à des pressions sur les prix après des périodes soutenues de croissance rapide ou de fortes dépréciations des monnaies.

Graphique 1.3.Écart de production et pressions sur les capacités1

La croissance soutenue a réduit les écarts de production et les taux de chômage. Les plus fortes contraintes de capacité dans les secteurs des produits de base ont contribué à une nette hausse des cours du pétrole et des métaux.

Sources: OCDE, Perspectives économiques; estimations des services du FMI.

1 Les estimations du taux de chômage compatible avec une inflation stable viennent de l’OCDE. Celles de l’écart de production, en pourcentage du PIB potentiel, reposent sur des calculs des services du FMI.

2 Moyenne simple du cours au comptant des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate.

Graphique 1.4.Inflation mondiale

(Variation annualisée en pourcentage d’une moyenne mobile sur trois mois par rapport à la moyenne précédente sur trois mois, sauf indication contraire)

L’inflation de base et les anticipations inflationnistes se sont redressées récemment dans les pays industrialisés; la situation est plus mitigée dans les pays émergents.

Sources: Haver Analytics et calculs des services du FMI.

1 Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède et zone euro.

2 Afrique du Sud, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Pologne, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande.

3 En pourcentage; rendement nominal moins rendement indexé sur l’inflation des titres à dix ans.

Dans ces conditions, les banques centrales des principaux pays avancés ont durci les conditions monétaires. La Réserve fédérale américaine a continué de relever le taux des fonds fédéraux jusqu’en juin, avec une pause en août, cherchant à trouver le juste équilibre entre les craintes inflationnistes et les signes d’essoufflement de l’expansion américaine (graphique 1.5). La Banque centrale européenne a continué de relever son taux directeur; la Banque du Japon a mis fin à sa politique d’assouplissement quantitatif et, en juillet, elle a relevé le taux au jour le jour de zéro à 25 points de base. Les banques centrales de l’Australie, de la Suède et du Royaume-Uni ont aussi durci leur politique monétaire ces derniers mois. Les rendements des titres d’État à long terme ont augmenté, bien qu’ils restent assez faibles en termes réels par rapport à leur moyenne des vingt-cinq dernières années (graphique 1.6).

Graphique 1.5.Évolution des marchés financiers matures

Les taux d’intérêt à court terme ont augmenté dans la plupart des pays industrialisés, et les taux à long terme sont montés aussi.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; CEIC Data Company Limited; Haver Analytics; OCDE; autorités nationales; FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

1 Obligation d’État à dix ans moins bon du Trésor à trois mois.

Graphique 1.6.Indicateurs des marchés financiers matures

Les taux d’intérêt réels ont augmenté pour se rapprocher de leurs moyennes à long terme et les ratios cours–bénéfices des actions sont généralement inférieurs à la tendance, tandis que la volatilité des marchés a augmenté récemment.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; calculs des services du FMI.

1Écarts par rapport à la moyenne 1980–2006.

2 Ratios cours–bénéfices avancés sur douze mois, moyenne mobile sur trois mois des écarts par rapport à la moyenne de 1990–2006.

3 Moyenne mobile sur trois mois des écarts par rapport à la période 2000–06.

4VIX: indice de volatilité de la Bourse d’options de Chicago. Il s’agit d’une moyenne pondérée de la volatilité implicite pour les huit options d’achat et de vente du S&P 500.

Depuis fin 2005, le dollar américain s’est déprécié vis-à-vis de l’euro et dans une moindre mesure vis-à-vis du yen, ce qui a annulé en partie son appréciation des douze mois précédents (graphique 1.7). La dépréciation récente du dollar américain semble s’expliquer en partie par le sentiment que l’expansion américaine parvenant à maturité, les écarts de taux d’intérêt par rapport aux autres grandes monnaies vont probablement se rétrécir, et par l’inquiétude croissante des marchés concernant les déséquilibres mondiaux—le déficit des transactions courantes des États-Unis et les excédents de certains pays émergents d’Asie et des pays exportateurs de pétrole continuant de gonfler (graphique 1.8). En valeur effective réelle, le dollar américain est maintenant proche de son niveau moyen depuis 1980, tandis que l’euro se situe quelque peu au-dessus de sa moyenne à long terme en valeur réelle et le yen un peu au-dessous. La volatilité des marchés des changes a augmenté pour s’établir à un niveau plus normal, en partie parce que les décisions de politique monétaire se prennent davantage en fonction des données et sont plus difficiles à prévoir.

Graphique 1.7.Évolution extérieure dans les principaux pays avancés

Le dollar américain s’est déprécié modérément en valeur effective réelle depuis fin 2005, mais le déficit courant des États-Unis reste élevé. Le solde courant de la zone euro est proche de l’équilibre, tandis que le Japon maintient un excédent courant considérable.

Sources: Haver Analytics et calculs des services du FMI.

Graphique 1.8.Évolution extérieure des pays émergents

Les variations des taux de change nominaux pendant l’année écoulée ont généralement rapproché les taux de change effectifs réels des pays émergents de leur moyenne historique. En Chine et au Moyen-Orient, les excédents courants ont continué d’augmenter.

Source: calculs des services du FMI.

1Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

2Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

3Hongrie, Pologne et République tchèque.

4 Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, République du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Kenya, Madagascar, Mali, Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Tchad et Zambie.

5 Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, République islamique d’Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Oman, Qatar, République arabe syrienne et République du Yémen.

6Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

La montée des craintes inflationnistes et le durcissement monétaire opéré par les principales banques centrales ont eu un effet prononcé sur les marchés financiers entre mars et juin 2006. À compter de mars, la monnaie de quelques pays ayant un déficit des transactions courantes particulièrement élevé (Islande, Nouvelle-Zélande et Hongrie) s’est dépréciée nettement. Un abandon plus général des marchés d’actions et des monnaies des pays émergents a été observé en mai et en juin (graphique 1.9 et encadré 1.1). Les prix des actifs qui avaient augmenté nettement (par exemple, les actions en Colombie et en Inde) et les monnaies des pays ayant un déficit courant élevé (comme la Hongrie, l’Afrique du Sud et la Turquie) ont été particulièrement touchés1. Ces développements s’ajoutant à un état de surchauffe dans certains pays, les banques centrales de plusieurs pays émergents ont relevé leurs taux d’intérêt pour calmer la situation financière et éviter les tensions inflationnistes. Depuis juillet, cependant, les conditions sont plus stables.

Graphique 1.9.Pays émergents: conditions de financement

En dépit de corrections récentes, les prix des actifs dans la plupart des pays émergents restent proches de leurs records, tandis que les marges de risque souverain demeurent proches de leurs plus bas.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Capital Data; FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

1 Moyenne de la corrélation croisée glissante sur 30 jours entre les marges des marchés obligataires émergents.

Selon les services du FMI, ces événements ne devraient pas ralentir notablement la dynamique générale de l’activité mondiale, même si la croissance pourrait fléchir dans certains pays (en Turquie par exemple). Pour l’essentiel, les baisses des prix des actifs semblent être des corrections faisant suite à de fortes hausses, plutôt qu’une réévaluation fondamentale des risques économiques. Il est à noter que les effets sur les marges obligataires des pays émergents ont été relativement modérés, en partie grâce au renforcement des positions budgétaires et à l’accumulation de volants de réserves de change, ainsi qu’aux récents programmes de rachat de la dette qui ont amélioré l’équilibre entre l’offre et la demande sur ces marchés. En outre, des progrès encourageants ont été accomplis pour ce qui est de la structure de la dette publique, avec une augmentation des investissements étrangers dans la dette en monnaie locale, bien que la récente correction ait aussi touché quelque peu ces marchés. Néanmoins, les récentes tensions sur les marchés ont rappelé opportunément qu’il était nécessaire de continuer d’améliorer les bilans des secteurs publics et de s’attaquer aux autres facteurs de vulnérabilité.

Les cours du pétrole et des autres produits de base sont restés élevés pendant les huit premiers mois de 2006, avec de nouveaux records pour les cours du pétrole et des métaux (appendice 1.1). Les cours du pétrole ont été poussés à la hausse par le faible niveau des capacités disponibles sur le marché mondial—tant de production que de raffinage—sur fond de croissance vigoureuse du PIB, de craintes quant à la sécurité au Moyen-Orient et de menaces persistantes sur la production dans quelques gros pays exportateurs hors de cette région (notamment le Nigéria). Les cours des métaux ont été dopés par la forte croissance de la demande, en particulier dans les pays émergents, par la pénurie des capacités de production et par des conflits sociaux. Les prix des produits alimentaires et autres produits agricoles ont augmenté en valeur relative pendant la première partie de 2006, bien qu’ils n’aient pas suivi l’envolée des prix observée ces dernières années dans le secteur du pétrole et des métaux. Dans ces conditions, certains observateurs notent que des achats de spéculation ont peut-être contribué aux récentes hausses des cours, en particulier du pétrole et des métaux. Cependant, il ressort d’une analyse des services du FMI qui figure au chapitre 5 que si les spéculateurs ont peut-être joué un rôle en fournissant des liquidités aux marchés, les prises de positions spéculatives ne semblent pas avoir été un déterminant important des variations des cours des produits de base.

Perspectives et risques à court terme

En dépit du durcissement des conditions financières, les prévisions de référence pour la croissance de la production mondiale ont été révisées à la hausse, à 5,1 % en 2006 et à 4,9 % en 2007, soit ¼ de point de plus que la projection de l’édition d’avril 2006 des Perspectives pour les deux années (graphique 1.10)2. Il s’agirait des quatre meilleures années consécutives d’expansion mondiale depuis le début des années 70. Ces perspectives favorables sont subordonnées au fait que les tensions inflationnistes seront contenues grâce à de nouvelles augmentations modestes des taux d’intérêt par les principales banques centrales, que la croissance de la demande intérieure sera mieux équilibrée parmi les pays avancés, que les pays émergents et les pays en développement éviteront dans une large mesure les goulets d’étranglement et que les conditions sur le marché mondial des capitaux se stabiliseront maintenant que les surévaluations dans certains secteurs ont été réduites.

Graphique 1.10.Perspectives mondiales

(PIB réel; variation en pourcentage sur quatre trimestres)

La croissance mondiale devrait rester très vigoureuse en 2006, et ne ralentir que légèrement en 2007.

Sources: Haver Analytics et estimations des services du FMI.

1 Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2 Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

3 Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne et République tchèque.

4 Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

  • La croissance américaine s’établirait à 3,4 % en 2006, avant de ralentir à 2,9 % en 2007, ce qui est plus ou moins conforme au potentiel de l’économie. Un ralentissement du marché immobilier continuerait de freiner la consommation privée et l’investissement résidentiel, mais l’investissement des entreprises devrait être soutenu par la forte utilisation des capacités et la rentabilité élevée.
  • Dans la zone euro, la croissance s’accélérerait pour atteindre 2,4 % en 2006—le taux le plus élevé depuis six ans—, avant de ralentir à 2 % en 2007. Le renforcement des bilans des entreprises a facilité une hausse de l’investissement et de l’emploi, et un rééquilibrage de l’expansion. Le ralentissement en 2007 s’expliquerait dans une large mesure par les augmentations d’impôts prévues en Allemagne.
  • Au Japon, la croissance atteindrait 2,7 % en 2006, grâce à la vigueur de la demande intérieure, avant de ralentir à 2,1 % en 2007.
  • Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance resterait fort vigoureuse, atteignant 7,3 % en 2006, avant de ne ralentir que légèrement à 7,2 % en 2007. La croissance demeurerait voisine de 10 % en Chine—une révision à la hausse par rapport à l’édition d’avril 2006 des Perspectives—et resterait rapide aussi en Inde et en Russie. Les pays d’Amérique latine demeureraient à la traîne, bien que leurs perspectives de croissance aient été révisées à la hausse.
  • L’inflation globale dans les pays avancés augmenterait modérément pour atteindre 2,6 % en 2006 et commencerait à fléchir en 2007 à mesure que l’impulsion des hausses des cours du pétrole s’estompe. Les tensions inflationnistes seraient dans l’ensemble contenues dans les pays émergents et les pays en développement.
  • Le déficit des transactions courantes des États-Unis continuerait d’augmenter—pour atteindre 6,9 % du PIB en 2007—tandis que des excédents élevés persisteraient au Japon, dans certains pays émergents d’Asie et dans les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient et d’ailleurs.
  • Les flux de capitaux privés vers les pays émergents et les pays en développement ralentiraient après leur rythme extrêmement élevé de 2005, mais comme l’excédent global net des transactions courantes de ces pays continuera d’augmenter, le rythme d’accumulation des réserves de change resterait élevé (tableau 1.2).
Tableau 1.2.Pays émergents et en développement: flux nets de capitaux1(Milliards de dollars EU)
1995–971998199920002001200220032004200520062007
Total
Flux nets de capitaux privés2199,761,275,458,264,677,3165,6205,9238,5211,4182,2
Investissements directs nets120,3159,8177,3168,4179,4150,6159,1176,9255,9263,3246,1
Investissements de portefeuille nets61,334,160,712,5−78,2−91,7−10,913,93,2−31,1−4,6
Autres flux nets de capitaux privés18,1−132,7−162,6−122,7−36,618,417,315,1−20,6−20,8−59,2
Flux nets de capitaux publics3,739,113,0−44,2−3,3−4,3−53,1−64,7−151,8−238,7−174,1
Variation des réserves3−104,3−29,6−98,4−132,3−121,9−200,6−362,7−513,5−592,5−666,3−747,9
Pour mémoire
Solde des transactions courantes4−88,5−50,231,6117,387,1133,3229,6303,8514,7666,8720,4
Afrique
Flux nets de capitaux privés27,09,29,91,78,24,16,816,129,424,921,7
Investissements directs nets4,36,38,67,623,113,415,316,728,627,627,8
Investissements de portefeuille nets4,84,39,1−1,8−7,7−1,3−0,15,54,55,14,2
Autres flux nets de capitaux privés−2,0−1,4−7,8−4,1−7,2−8,0−8,4−6,2−3,6−7,9−10,3
Flux nets de capitaux publics−2,43,91,80,6−2,73,01,61,0−14,4−17,8−1,3
Variation des réserves3−6,23,5−0,4−12,8−9,7−5,6−11,5−32,8−42,2−62,0−75,2
Europe centrale et orientale
Flux nets de capitaux privés227,227,136,939,811,853,251,470,4113,588,884,8
Investissements directs nets11,719,322,824,224,225,516,034,447,756,744,4
Investissements de portefeuille nets4,5−1,25,73,20,51,66,226,220,41,511,4
Autres flux nets de capitaux privés10,99,18,512,4−12,826,029,19,845,430,629,1
Flux nets de capitaux publics0,51,0−2,51,76,1−7,8−5,2−6,7−8,5−3,2−2,2
Variation des réserves3−15,7−9,4−12,0−6,5−4,4−20,4−12,5−14,6−46,3−18,8−17,1
Communauté des États indépendants5
Flux nets de capitaux privés2−1,3−8,6−13,3−27,77,215,717,77,537,618,85,4
Investissements directs nets4,65,64,72,35,05,25,412,813,318,017,5
Investissements de portefeuille nets1,50,4−0,9−10,0−1,20,4−0,58,2−3,21,0−1,8
Autres flux nets de capitaux privés−7,4−14,6−17,1−20,03,410,212,8−13,527,5−0,1−10,3
Flux nets de capitaux publics−1,11,5−2,0−5,7−5,0−10,4−8,8−7,3−22,5−30,2−4,5
Variation des réserves3−1,412,6−6,3−20,3−14,5−15,1−32,9−55,0−76,6−115,0−139,2
Pays émergents d’Asie6
Flux nets de capitaux privés2,791,2−53,60,24,720,220,668,1130,464,097,969,0
Investissements directs nets54,056,970,959,850,850,568,257,899,694,096,0
Investissements de portefeuille nets20,79,054,119,6−50,0−60,16,45,2−12,7−13,1−8,4
Autres flux nets de capitaux privés716,5−119,5−124,9−74,719,430,2−6,567,3−22,917,0−18,5
Flux nets de capitaux publics−3,218,91,6−13,8−13,23,0−20,7−9,1−11,7−8,4−12,0
Variation des réserves3−41,8−52,7−84,8−59,5−85,8−154,4−235,8−340,4−286,6−344,8−331,4
Moyen-Orient8
Flux nets de capitaux privés28,314,8−4,4−11,6−7,1−20,04,4−19,6−20,0−31,8−17,3
Investissements directs nets5,09,54,34,79,99,617,49,117,420,913,8
Investissements de portefeuille nets2,6−4,0−8,5−1,2−12,2−17,9−14,1−17,4−31,1−29,9−20,7
Autres flux nets de capitaux privés0,79,2−0,1−15,1−4,7−11,81,0−11,3−6,4−22,8−10,5
Flux nets de capitaux publics5,7−0,28,1−20,8−13,8−9,6−24,5−33,7−64,6−166,5−151,8
Variation des réserves3−13,98,3−2,5−31,6−11,1−2,9−33,9−47,6−108,0−85,7−135,7
Hémisphère occidental
Flux nets de capitaux privés267,372,346,151,324,13,817,31,114,012,718,5
Investissements directs nets40,662,266,169,866,546,536,846,049,246,146,6
Investissements de portefeuille nets27,225,61,32,7−7,6−14,4−8,8−13,925,44,310,7
Autres flux nets de capitaux privés−0,5−15,5−21,3−21,1−34,8−28,2−10,7−31,1−60,6−37,7−38,8
Flux nets de capitaux publics4,214,05,9−6,325,317,54,5−9,0−30,1−12,6−2,2
Variation des réserves3−25,48,17,6−1,63,5−2,2−36,0−23,1−32,8−39,9−49,3
Pour mémoire
Pays exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés2−2,42,8−27,4−57,5−13,2−11,712,0−22,2−4,8−58,0−58,1
Pays non exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés2202,158,4102,8115,777,789,1153,6228,1243,3269,4240,3

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissements nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

En raison des lacunes présentées par ces données, les ≪autres flux nets de capitaux privés≫ peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement d’Asie et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Sans tenir compte des effets de la recapitalisation de deux grandes banques commerciales en Chine à l’aide des réserves de change de la Banque de Chine (45 milliards de dollars EU), les flux nets de capitaux privés vers les pays émergents d’Asie atteignaient 113,1 milliards de dollars EU en 2003, alors que les autres flux nets de capitaux privés vers la région étaient de 38,5 milliards de dollars EU.

Y compris Israël.

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissements nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

En raison des lacunes présentées par ces données, les ≪autres flux nets de capitaux privés≫ peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement d’Asie et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Sans tenir compte des effets de la recapitalisation de deux grandes banques commerciales en Chine à l’aide des réserves de change de la Banque de Chine (45 milliards de dollars EU), les flux nets de capitaux privés vers les pays émergents d’Asie atteignaient 113,1 milliards de dollars EU en 2003, alors que les autres flux nets de capitaux privés vers la région étaient de 38,5 milliards de dollars EU.

Y compris Israël.

Cependant, ces prévisions de référence risquent de plus en plus d’être révisées à la baisse, plus encore qu’au moment de la publication de l’édition d’avril 2006 des Perspectives. Comme l’indique le graphique en éventail de la croissance mondiale (graphique 1.11), qui est fondé sur le degré d’exactitude des prévisions antérieures et une évaluation de la distribution actuelle des risques, les services du FMI sont d’avis qu’il existe une chance sur six que la croissance tombe en 2007 à 3¼ % ou moins, soit un ralentissement significatif par rapport aux quatre dernières années.

Graphique 1.11.Perspectives de la croissance du PIB mondial1

(Pourcentages)

La croissance mondiale devrait rester voisine de 5 % en 2006–07, mais elle risque d’être révisée à la baisse plutôt qu’à la hausse, en particulier l’an prochain.

Source: estimations des services du FMI.

1 Ce graphique en éventail indique l’incertitude entourant la prévision centrale des Perspectives avec des intervalles de probabilité de 50 %, 70 % et 90 %. Voir encadré 1.3 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives de l’économie mondiale.

Avant d’examiner plus en détail ces risques de dégradation, il convient de prendre note des facteurs qui pourraient accélérer la croissance. Ceux-ci semblent être concentrés dans les pays émergents, où la croissance a été supérieure aux prévisions des services du FMI ces dernières années. En Chine, en particulier, l’investissement pourrait être encore plus élevé que prévu, du fait en partie de l’abondance des liquidités dans le système bancaire, même si cela intensifierait les craintes d’un cycle de surchauffe de l’investissement. Dans les pays émergents de manière plus générale, une normalisation éventuelle des conditions financières sur le marché mondial pourrait laisser présager une résurgence des entrées d’investissements de portefeuille qui pourrait favoriser une détente des conditions monétaires, un rebond des prix des actifs et un nouvel affermissement de la demande intérieure. Dans les pays avancés, le principal facteur éventuel de hausse semble être l’investissement des entreprises, étant donné leur rentabilité élevée et l’utilisation croissante des capacités de production.

Pour ce qui est des risques de dégradation, les marchés craignent qu’une accumulation constante des tensions inflationnistes dans les pays avancés force les autorités monétaires à réagir plus agressivement afin de freiner la croissance, en particulier aux États-Unis. Il existe manifestement des risques dans ce sens en raison de l’aggravation des contraintes de capacités et de la possibilité persistante que l’inflation globale élevée déteigne sur les anticipations de prix et conduise à des revendications salariales plus audacieuses. La pression des coûts s’est intensifiée aux États-Unis au cours des récents trimestres, du fait de l’augmentation des rémunérations des salariés et du ralentissement de la productivité à mesure que l’expansion monte en régime, mais la croissance des coûts unitaires de main-d’œuvre est restée modérée dans la zone euro et au Japon (graphique 1.12).

Graphique 1.12.Évolution de la productivité dans les pays avancés1

(Variation en pourcentage sur quatre trimestres)

La productivité est restée robuste aux États-Unis et au Japon, mais à la traîne dans la zone euro. Les coûts unitaires de main-d’œuvre ont été contenus dans l’ensemble, mais se sont accélérés récemment aux États-Unis.

Sources: Haver Analytics; OCDE, Perspectives économiques; calculs des services du FMI.

1 Les estimations portent sur le secteur des entreprises non agricoles aux États-Unis et sur l’ensemble de l’économie pour la zone euro et le Japon.

Un facteur d’incertitude connexe tient aux risques persistants de chocs sur l’offre de pétrole, qui pourraient encore faire monter les cours mondiaux, ce qui aggraverait les tensions inflationnistes tout en freinant la demande des ménages. Dans le scénario de référence, il est prévu que le cours du pétrole atteindra en moyenne 75 dollars le baril en 2007, soit un niveau proche du record atteint début août (appendice 1.1). Comme on l’a souligné dans des éditions antérieures des Perspectives, l’économie mondiale a pu jusqu’à présent absorber plutôt bien l’envolée des cours du pétrole, car—dans une large mesure—celleci a été tirée par la croissance vigoureuse de la demande plutôt que par des contraintes affectant l’offre, et les banques centrales ont été suffisamment crédibles pour pouvoir mettre l’accent sur l’inflation de base et non sur l’inflation globale. La baisse de l’intensité énergétique de la production mondiale par rapport aux années 70 a contribué aussi à limiter l’effet de la montée des cours pétroliers. Cependant, les capacités inutilisées étant très faibles récemment, les facteurs affectant l’offre jouent un rôle croissant dans la montée des cours et une perturbation majeure dans un gros pays producteur ou une nouvelle escalade des problèmes de sécurité au Moyen-Orient pourrait bien entraîner un nouveau bond des cours3. À terme, l’investissement dans de nouvelles capacités de production et de raffinage à l’intérieur et à l’extérieur de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), la diversification dans d’autres sources d’énergie et une augmentation des économies d’énergie grâce à des incitations par les prix devraient ramener le niveau des capacités inutilisées à un niveau plus confortable, mais les délais de réaction sont longs, et le rythme et l’ampleur de ces réactions restent fort incertains.

En outre, les cours des produits de base hors combustibles présentent aussi des risques du côté de l’offre. La part de ces produits dans le commerce mondial est près de deux fois supérieure à celle des combustibles et ils peuvent avoir un effet important sur la conjoncture économique mondiale, tant pour les consommateurs que pour les exportateurs, qui (comme pour le pétrole) sont généralement des pays émergents ou des pays en développement. En fait, pour un certain nombre de ces pays, la hausse des cours des produits de base hors combustibles a conduit à une nette amélioration des termes de l’échange ou au moins compensé en partie le renchérissement des importations de pétrole (graphique 1.13), tandis que dans quelques pays, comme le Chili, les recettes provenant de ces secteurs constituent une part importante du total des recettes.

Graphique 1.13.Effet des variations des cours des produits de base sur les balances commerciales des pays émergents et des pays en développement1

(Pourcentage du PIB de 2005)

Pour certains pays, l’amélioration des termes de l’échange due aux hausses des cours des produits de base non combustibles a compensé les pertes dues au renchérissement des importations de pétrole.

Source: calculs des services du FMI.

1 Effet de la variation des cours des produits de base depuis 2002 sur la balance commerciale en 2005.

2Pétrole, gaz naturel et charbon.

Le chapitre 5 du présent rapport examine plus en détail les perspectives des marchés des produits de base hors combustibles. Il ressort de cette analyse que, comme pour le pétrole, les récentes hausses des cours s’expliquent dans une large mesure par une envolée de la demande, en particulier dans les grands pays émergents à croissance rapide comme la Chine. La demande a augmenté plus vite que les capacités de l’offre, en particulier dans le secteur des métaux, où les réactions de l’offre sont plus lentes que dans l’agriculture. Cependant, les cours des produits de base hors combustibles devraient reculer plus rapidement que les cours du pétrole après les récents records à mesure que de nouvelles capacités de production sont mises en exploitation, même s’ils ne devraient pas redescendre aux niveaux antérieurs—en partie parce que la hausse des coûts de l’énergie a accru les coûts de production. Les pays exportateurs de produits de base hors combustibles devront donc gérer avec prudence le flux incertain de recettes en monnaies étrangères et de recettes publiques tirées de ces sources.

En ce qui concerne la demande, un des risques principaux est que le ralentissement soutenu des marchés immobiliers dans les pays avancés pèse sur les bilans des ménages et la demande globale. Au stade actuel, les craintes concernent principalement les États-Unis, bien que d’autres marchés, comme celui de l’Espagne, de l’Irlande et du Royaume-Uni, semblent aussi surévalués selon la plupart des mesures conventionnelles. Selon l’édition d’avril 2006 des Perspectives, les prix moyens du logement aux États-Unis se situaient en 2005 de 10 % à 15 % au-dessus du niveau correspondant aux données économiques fondamentales. D’après des données récentes, le marché s’affaiblit maintenant assez rapidement: les ventes de maisons, les demandes de crédit hypothécaire et les mises en chantier diminuent, et les hausses des prix des logements ralentissent. Pour la prévision de référence de la croissance américaine, il est supposé que la croissance des prix du logement continuera de ralentir, ce qui freinera la demande intérieure provenant du marché immobilier d’environ point en 2006 et en 2007. Cependant, si le marché immobilier s’essoufflait plus brusquement, les services du FMI sont d’avis que cela pourrait soustraire jusqu’à 1 point supplémentaire de la croissance du PIB par rapport au scénario de référence. Certes, l’essoufflement des prix du logement dans d’autres pays comme l’Australie et le Royaume-Uni, après de plus fortes hausses que celles observées aux États-Unis, a été absorbé jusqu’à présent en ne causant que des ralentissements économiques relativement modérés et brefs. Néanmoins, on continue de craindre qu’un ajustement brutal du secteur du logement pèse lourdement sur l’économie américaine.

Autre risque du côté de la demande: dans quelle mesure l’expansion en Europe et au Japon sera-t-elle soutenue par un raffermissement de la demande des ménages, ce qui réduirait la dépendance vis-à-vis des exportations et l’exposition à un ralentissement de la demande aux États-Unis? Ce rééquilibrage semble en cours, mais des craintes subsistent, en particulier en Europe, où la croissance de l’emploi et les augmentations de salaires restent modestes face à la faible croissance de la productivité et aux rigidités des marchés du travail. Des incertitudes entourent aussi le rééquilibrage budgétaire en cours dans ces pays; une réduction des déficits est nécessaire face aux pressions démographiques imminentes sur les dépenses et le rapport inactifs/actifs, mais elle pourrait entraîner des variations à court terme de la demande globale qui sont difficiles à prévoir. Un exemple est le relèvement de 3 points de la TVA en Allemagne au début de 2007, qui devrait réduire le PIB d’environ ½ point en 2007 par rapport à 2006, mais l’effet pourrait même être plus prononcé. L’incertitude budgétaire est considérable aussi en Italie, où le nouveau gouvernement devrait mettre en place un programme d’ajustement afin de s’attaquer à des déséquilibres budgétaires profondément ancrés.

Les récents événements ont rappelé avec à-propos que les pays émergents restent vulnérables aux turbulences sur les marchés financiers internationaux même s’ils ont réduit leur vulnérabilité. Parmi les pays particulièrement exposés figurent ceux où le bilan du secteur public reste fragile et où les anticipations inflationnistes sont moins bien ancrées. Par ailleurs, les faits récents ont souligné qu’un gonflement des déficits des transactions courantes dû à des déséquilibres entre l’épargne et l’investissement privés et, en parallèle, une croissance rapide du crédit bancaire peuvent aussi créer des problèmes lorsque les attentes varient en ce qui concerne la disponibilité de concours financiers extérieurs (encadré 1.1)4. La probabilité d’événements défavorables pour les pays émergents est plus élevée lorsque les taux d’intérêt et la volatilité des marchés financiers augmentent dans les pays avancés; ils pourraient être déclenchés par des chocs mondiaux qui conduisent à un comportement moins risqué, à une révision à la baisse des perspectives de croissance des pays émergents et à un fléchissement des cours des produits de base hors pétrole. Comme l’illustre l’encadré 1.2, un brusque changement d’opinion des marchés au détriment des pays émergents pourrait exercer des pressions à la baisse sur les taux de change qui devraient être suivies d’un rapide relèvement des taux d’intérêt afin de freiner l’inflation. La croissance fléchirait à court terme, mais un renforcement du bilan des secteurs publics devrait permettre aux pays émergents d’éviter des crises graves à condition qu’ils continuent de mener des politiques prudentes et de réagir rapidement aux tensions émergentes.

Enfin, s’il est impossible d’évaluer avec certitude la probabilité et les risques d’une pandémie de grippe aviaire, le scénario le plus défavorable pourrait avoir un coût humain et économique extrêmement élevé, en particulier dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie (voir appendice 1.2 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives).

Correction des déséquilibres mondiaux

Le niveau élevé des déséquilibres mondiaux reste préoccupant pour les perspectives. Soyons clairs, l’existence de déficits et d’excédents courants élevés ne constitue pas en elle-même une menace d’instabilité. Dans une économie de plus en plus mondialisée, la libre circulation internationale des capitaux permet qu’il y ait des périodes où les taux d’épargne et d’investissement des pays divergent, avec pour conséquence des déficits et des excédents courants substantiels. Ces flux financiers peuvent être positifs pour l’économie mondiale: ils peuvent représenter le transfert de ressources de parties du monde où l’épargne est abondante par rapport aux possibilités d’investissement vers des régions qui offrent des taux de rendement plus élevés. Cependant, dans le passé, des déficits courants élevés par rapport au PIB n’ont généralement pas été maintenus pendant de longues périodes, soit parce que les tendances de l’épargne et de l’investissement nationaux varient, soit parce que les pays font face à des contraintes de financement—par exemple, parce que les taux de rendement relatifs des pays sont perçus de manière différente ou parce que les investisseurs institutionnels résistent à une accumulation constante de l’exposition à un pays dans leurs portefeuilles. Dans ce dernier cas, l’épargne et l’investissement doivent s’ajuster pour ramener les soldes courants en phase avec le financement disponible. Les questions fondamentales sont donc de savoir pendant combien de temps la structure actuelle des déséquilibres mondiaux est susceptible d’être maintenue et si l’ajustement qui finira par se produire sera ordonné ou désordonné.

Pour évaluer la viabilité de la structure actuelle des déséquilibres mondiaux, il faut comprendre quelle est la source de ces déséquilibres et comment ils ont été financés. Divers facteurs ont été avancés pour expliquer la situation actuelle, parmi lesquels l’effet positif de la forte productivité américaine sur les prix des actifs, le patrimoine des ménages et la consommation; l’apparition d’un énorme déficit budgétaire aux États-Unis depuis le début du siècle; le ralentissement de l’investissement dans les pays émergents d’Asie hors Chine depuis la crise asiatique; l’abondance de liquidités sur les marchés financiers mondiaux, en particulier depuis l’effondrement de la bulle des technologies de l’information; la volonté des pays émergents, en particulier d’Asie, d’accumuler des réserves de change considérables et la nécessité de recycler les excédents des pays exportateurs de pétrole après la récente escalade des cours du pétrole5.

Un élément qui reçoit de plus en plus d’attention ces derniers temps est le rôle joué par le système financier américain en attirant l’épargne étrangère sur un marché mondial des capitaux de plus en plus intégré (voir, par exemple, Caballero, Farhi, and Gourinchas, 2006). La profondeur et la liquidité des marchés financiers américains, ainsi que le rythme rapide de l’innovation et du développement de nouveaux produits qui offrent des possibilités considérables et croissantes de gestion efficace des risques, ont fait des États-Unis une destination attrayante pour les fonds d’investissement internationaux. Par ailleurs, les innovations financières et les nouveaux produits ont accru les possibilités de ≪lissage de la consommation≫; en particulier, les ménages ont pu accroître leurs dépenses en utilisant les gains découlant des fortes appréciations des actions et des logements aux États-Unis. Un rôle notable a été joué par le développement rapide des marchés de titres garantis par des actifs, en particulier par des hypothèques, qui représentent aujourd’hui plus de 10 % des marchés obligataires mondiaux, ainsi que par les instruments d’emprunt qui ont facilité l’extraction hypothécaire et la gestion des flux de trésorerie. Ces développements ont contribué au déclin constant du taux d’épargne américain depuis le milieu des années 90, tout en facilitant les entrées de capitaux aux États-Unis.

Le chapitre 4 du présent rapport éclaire ce phénomène, en cherchant à évaluer dans quelle mesure les systèmes financiers des pays avancés sont passés de structures fondées sur les relations à des structures de pleine concurrence, et quelles en sont les implications pour les cycles économiques. Il semble que si tous les systèmes financiers ont évolué vers une structure de pleine concurrence, le processus est le plus avancé aux États-Unis et, à certains égards, l’écart entre ceux-ci et la plupart des autres pays s’est creusé. Il est noté aussi que les structures de pleine concurrence offrent plus de possibilités de lissage de la consommation et que le dynamisme du système financier américain a largement contribué à attirer des capitaux pour financer le déficit des transactions courantes des États-Unis. Cependant, le chapitre met en garde que les systèmes de pleine concurrence soutiennent peut-être moins l’activité face à des corrections des prix des actifs.

Il n’entre pas dans les objectifs du présent rapport d’attribuer précisément la causalité entre les différents facteurs qui contribuent aux déséquilibres mondiaux. Dans une large mesure, ces facteurs se complètent plutôt que d’entrer en concurrence, et leur importance relative varie au fil du temps. Cependant, il est clair que s’ils aident à comprendre pourquoi les déséquilibres sont apparus et ont persisté, aucun d’entre eux n’implique que des déséquilibres élevés peuvent être maintenus indéfiniment.

Certes, le déficit élevé et croissant des transactions courantes des États-Unis ces dernières années a été financé sans créer trop de tensions sur le système financier mondial, les taux d’intérêt réels à long terme restant faibles. La structure du financement a varié au fil du temps: les investissements directs et les investissements de portefeuille ont joué un rôle important à la fin des années 90 et des flux générateurs d’endettement ont fourni l’essentiel du financement plus récemment, avec notamment un rôle notable mais non dominant pour les flux officiels correspondant à l’accumulation de réserves de change substantielles par un certain nombre de pays. Par ailleurs, certains développements de ces derniers mois aideront à terme à réduire les déséquilibres: il s’agit de la dépréciation du dollar américain, d’un raffermissement de la croissance des exportations américaines, de l’annonce d’un déficit budgétaire américain inférieur aux prévisions pour l’exercice en cours, d’une accélération de la croissance de la demande intérieure dans la zone euro et au Japon, et d’un assouplissement du taux de change dans des pays asiatiques. Cependant, le problème sous-jacent reste le même. Selon des projections à moyen terme reposant sur des taux de change effectifs réels constants, le déficit des transactions courantes des États-Unis restera proche de 2 % du PIB mondial, et les pays d’Asie et les pays exportateurs de pétrole continueront de dégager des excédents substantiels (graphique 1.14). Ces projections impliquent que les États-Unis devront continuer d’absorber une part croissante des portefeuilles d’actifs mondiaux. Cependant, l’accumulation d’actifs américains dans les portefeuilles mondiaux finira par approcher la saturation et un ajustement des déséquilibres des transactions courantes sera nécessaire.

Graphique 1.14.Soldes des transactions courantes et avoirs extérieurs nets

(En pourcentage du PIB mondial)

Dans le scénario de référence, qui repose sur des taux de change effectifs réels inchangés, les déséquilibres des comptes courants à l’échelle mondiale restent considérables pendant toute la période de projection, ce qui signifie une augmentation continue des engagements extérieurs nets des États-Unis.

Sources: Lane and Milesi-Ferretti (2006); estimations des services du FMI.

1Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Guinée équatoriale, République islamique d’Iran, Koweït, Libye, Nigéria, Norvège, Oman, Qatar, République du Congo, République arabe syrienne, République du Yémen, Russie, Turkménistan et Venezuela.

2Chine, Corée, Hong Kong (RAS), Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande.

Un ajustement graduel et ordonné de ces déséquilibres sur plusieurs années reste l’issue la plus probable. Avec le ralentissement du marché du logement aux États-Unis, l’épargne privée augmentera probablement à mesure que s’estompe l’impulsion donnée par les prix des actifs à l’accumulation de richesse. Par contre, la croissance de la consommation s’accélérera dans les pays émergents d’Asie (en particulier en Chine), qui auront moins de raisons d’épargner par précaution, et l’absorption par les pays exportateurs de pétrole devrait aussi augmenter, surtout au Moyen-Orient, où les autorités mettent en place des programmes d’investissement ambitieux. Cette variation de la croissance relative de la demande intérieure, conjuguée à une dépréciation soutenue du dollar américain en valeur réelle et à une appréciation en valeur réelle de la monnaie des pays affichant un excédent, notamment de certains pays d’Asie et des pays exportateurs de pétrole, contribuera à normaliser la structure des comptes des transactions courantes sur plusieurs années. Cet ajustement pourrait se faire par le marché, sans qu’il soit nécessaire d’apporter des changements majeurs aux politiques économiques.

Cependant, comme noté à l’encadré 1.3, un processus de marché ordonné n’a de chance d’être mené à bon terme que si les investisseurs sont prêts à continuer d’accroître la part des actifs américains dans leurs portefeuilles pendant de nombreuses années. Sinon, il y aurait un risque de correction désordonnée, qui signifierait une chute plus rapide du dollar américain, des conditions instables sur les marchés financiers, la montée du protectionnisme et un ralentissement notable de la production mondiale. Le coût potentiellement élevé d’une correction désordonnée souligne qu’il est important de déployer des efforts conjoints pour réduire les déséquilibres en temps voulu, comme noté plus loin.

Encadré 1.1.Une perspective à long terme des flux de capitaux vers les pays émergents

Après une période de calme relatif, la volatilité des marchés financiers mondiaux s’est nettement accentuée au premier semestre de 2006. Les premières turbulences datent de fin février–début mars lorsque plusieurs marchés boursiers du Moyen-Orient ont enregistré une baisse sensible. Ensuite, les taux de change en Islande et en Nouvelle-Zélande—deux pays qui avaient accumulé des déséquilibres extérieurs substantiels les années précédentes—ont été mis sous pression. Enfin, début mai, une correction plus générale des monnaies et des cours boursiers des pays émergents s’est produite, sur fond de resserrement des conditions monétaires dans les principales zones monétaires. Les corrections les plus nettes des prix des actifs ont eu lieu sur les marchés où les investisseurs étaient le plus exposés et qui s’étaient le plus appréciés en 2005 et au début de 20061. Les fonds d’actions spécialisés dans les pays émergents ont enregistré des sorties de 15,8 milliards de dollars EU entre la mi-mai et la fin de juin de cette année, après avoir engrangé plus de 50 milliards de dollars EU entre le début de 2005 et la mi-mai 2006 (premier graphique). Ces sorties de fonds ont souvent provoqué des dépréciations substantielles des monnaies, qui ont dépassé 10 % (entre mi-mai et fin juin) dans des pays tels que la Turquie, l’Afrique du Sud et la Colombie.

Même si ce renversement des flux d’investissements de portefeuille a fait l’objet d’une attention considérable, ces flux ne représentent qu’une petite partie des flux de capitaux vers les pays émergents. Au cours des trente dernières années, ils n’ont représenté que moins de 6 % de toutes les entrées nettes et, même en 2005, que 15 %. Par comparaison, les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) ont été sept fois plus élevées au cours des vingt dernières années et les flux nets générateurs d’endettement—publics et privés combinés—presque neuf fois. Un renversement des flux de capitaux autres que les investissements de portefeuille pourrait donc être bien plus préjudiciable pour les pays émergents. À ce jour, rien ne semble in diquer que d’autres flux aient été sérieusement touchés par les récents développements: par exemple, les marges sur les obligations souveraines sont restées proches de leur plus bas.

Pays émergents: évolution des marchés d’actions

Source: calculs des services du FMI.

Pour évaluer les risques d’un renversement de plus large portée, il est utile d’analyser l’historique des flux de capitaux vers les pays à revenu faible ou intermédiaire au cours des trente dernières années, en insistant sur les trois principales régions bénéficiaires: Asie de l’Est et Pacifique, pays émergents d’Europe et Asie centrale, et Amérique latine et Caraïbes (second graphique).

Flux nets de capitaux vers les pays à revenu intermédiaire ou faible, 1975–2005

(Milliards de dollars EU, année de base = 2000)

Sources: Banque mondiale, base de données de Global Development Finance; calculs des services du FMI.

  • Les entrées nettes d’IDE constituent la catégorie la plus stable et aussi la plus importante depuis le début des années 90. Les flux d’IDE suivent une tendance séculaire à la hausse, avec des variations cycliques—les flux vers l’Amérique latine ont diminué de moitié entre 1999 et 2002 avant de se redresser pendant l’expansion actuelle2—mais les variations sur un an sont généralement relativement faibles.
  • Les flux d’endettement du secteur public ont été assez stables aussi. Par ailleurs, leur importance en tant que source de financement a diminué nettement ces dernières années. Depuis 2003, les flux d’endettement public sont même devenus négatifs, car nombre d’États souverains ont profité de l’amélioration de leur situation budgétaire pour réduire leur dette extérieure. Cela peut aider à expliquer pourquoi la plupart des marges sur les obligations souveraines ont été relativement peu touchées par les remous récents.
  • Par contre, les flux nets d’endettement du secteur privé ont été beaucoup plus volatils3. Ils sont montés en flèche au cours de trois périodes: fin des années 70 et début des années 80, milieu des années 90 et, plus récemment, depuis 2003 environ. Les deux premières périodes correspondent à des cycles de surchauffe du crédit propres à une région, qui ont abouti à la crise de la dette latino-américaine en 1982 et à la crise financière asiatique en 1997. Dans les deux cas, les flux nets d’endettement du secteur privé sont devenus négatifs pendant la crise et le sont restés pendant plusieurs années, avec pour effet une forte contraction de l’activité dans les économies touchées. L’essor le plus récent de ces flux tient en grande partie aux prêts octroyés par les banques de pays avancés aux pays émergents d’Europe et aux pays d’Asie centrale4 et, dans une moindre mesure, à un redressement des flux de ce type vers l’Asie de l’Est, notamment la Chine. Dans les pays émergents d’Europe, la dette privée a remplacé l’investissement direct étranger comme principale source de financement extérieur; en 2005, elle représentait 60 % des entrées nettes de capitaux.

L’expérience passée nous avertit que les récents flux d’endettement massifs vers l’Europe de l’Est et l’Asie pourraient de nouveau se révéler insoutenables—bien qu’il y ait de bonnes raisons de croire que ce récent essor soit moins risqué que les précédents. En Chine et en Russie par exemple—les deux pays qui ont reçu les flux d’endettement privé les plus abondants ces dernières années—les risques sont atténués par le niveau élevé des avoirs extérieurs nets du secteur public, les volants de réserves étant considérables et la dette extérieure relativement faible5. En Europe centrale et du Sud-Est, la présence de banques bien contrôlées et sous contrôle étranger pour la plupart permet aussi d’atténuer les risques. De plus, dans certains pays, les progrès accomplis sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne et la perspective de faire partie de l’Union monétaire européenne (UME) pourraient doper la confiance des investisseurs suffisamment pour rendre peu probable un renversement des flux de capitaux.

En dépit de ces facteurs, il convient de ne pas négliger les risques liés à l’augmentation récente des flux d’endettement privé. Le renversement des flux d’endettement en Amérique latine dans les années 80 et en Asie de l’Est dans les années 90 paraissait improbable aussi—jusqu’à ce qu’il se produise. Nombre de pays d’Europe centrale et orientale dégagent un déficit élevé des transactions courantes, qui serait difficile à financer si les flux d’endettement privé se tarissaient (voir aussi la section du chapitre 2 sur les pays émergents d’Europe). La présence de banques étrangères n’élimine pas ces risques: les entrées de capitaux bancaires pourraient brutalement s’arrêter si la maison mère décidait de réduire ses engagements dans la région. En cas de renversement des flux, il pourrait s’avérer difficile de maintenir un taux de change fixe—un régime qui reste courant dans la région. Le flottement de la monnaie pourrait contribuer à rétablir l’équilibre extérieur, mais affaiblirait les bilans, car une forte dépréciation alourdirait la charge de la dette du secteur privé en monnaies étrangères (y compris envers le système bancaire intérieur), comme en témoigne l’expérience d’autres pays. Bien entendu, les facteurs de vulnérabilité varient selon les pays, mais les répercussions régionales et l’effet de contagion en cas de prêteur commun pourraient causer des problèmes pour la région dans son ensemble. En outre, même si les flux d’endettement privé ne s’inversaient pas, mais retombaient simplement à leur moyenne historique, cela impliquerait encore une baisse substantielle du financement extérieur net et pourrait contraindre de nombreuses économies à opérer des ajustements brutaux.

Note: Bas B. Bakker et Johannes Wiegand sont les principaux auteurs de cet encadré.1 Ces développements sont examinés plus en détail dans l’édition de septembre 2006 du Global Financial Stability Report.2 Cette baisse s’expliquait en partie par un ralentissement des privatisations à la fin des années 90 et par le gel des investissements dans les infrastructures dû aux pertes encourues par les investisseurs privés en Argentine après la crise.3 Traditionnellement, il existe une corrélation forte et positive entre les flux d’investissements de portefeuille et les flux privés générateurs d’endettement vers les pays émergents (0,78 pour la période 1990–2005). La corrélation n’est pas aussi forte pour les régions prises individuellement, mais elle reste positive.4 En 2005, 46 milliards de dollars EU des flux nets d’endettement privé vers les pays émergents d’Europe et l’Asie centrale étaient des prêts bancaires à moyen et à long terme, 32 milliards de dollars EU des dettes à court terme, et 19 milliards de dollars EU du financement obligataire.5 En Chine et en Russie, la position des avoirs extérieurs nets de l’économie dans son ensemble est positive (voir Lane and Milesi-Ferretti (2006)), ce qui les distingue de la plupart des autres pays bénéficiaires de flux massifs d’endettement privé ces dernières années.

Enjeux

Étant donné l’incertitude accrue qui entoure les perspectives économiques et, partant, la plus grande volatilité des marchés financiers, ainsi que les craintes suscitées par les déséquilibres mondiaux, il est d’autant plus important que les pouvoirs publics fassent preuve de souplesse face aux événements, agissent avec prévoyance pour éviter les tensions et adoptent une stratégie conjointe pour gérer les risques qui se présentent à l’échelle mondiale.

Le contexte est particulièrement exigeant pour les principales banques centrales qui constituent le fondement de la stabilité mondiale. Aux États-Unis, la situation est difficile, car l’inflation monte tandis que l’économie ralentit, et la Réserve fédérale devra continuer de suivre de près les données à venir tout en communiquant clairement son évaluation de la situation au marché. Comme il est important de maintenir les anticipations inflationnistes fermement sous contrôle, un nouveau resserrement de la politique monétaire sera peut-être encore nécessaire. Au Japon, si les récentes données sur les prix confirment la fin d’une déflation tenace et si l’abandon de taux d’intérêt nuls a été géré sans problème, les relèvements des taux d’intérêt devront être graduels, car il n’y a guère de danger d’une dérive inflationniste, tandis qu’une réapparition de la déflation serait coûteuse. Dans la zone euro, de nouveaux relèvements des taux d’intérêt seront probablement nécessaires si l’expansion prend de l’ampleur comme prévu, mais, jusqu’à présent, les tensions inflationnistes semblent contenues dans l’ensemble et, face à la persistance des risques de ralentissement, les pouvoirs publics peuvent se permettre d’être prudents en durcissant la politique monétaire.

Les pouvoirs publics des pays émergents doivent aussi s’adapter à un contexte plus difficile, en prenant soin de réagir rapidement aux tensions qui apparaissent. En Chine et dans quelques autres pays émergents d’Asie, il est essentiel de gérer une transition vers des taux de change plus flexibles qui permettraient aux monnaies de s’apprécier comme il se doit et offriraient une plus grande marge de manœuvre monétaire face à l’évolution de la situation mondiale et nationale. Pour des raisons similaires, la Russie et quelques autres pays exportateurs de pétrole pourraient aussi tirer profit d’un assouplissement des taux de change. Les pays émergents qui dépendent beaucoup du financement extérieur (en Europe orientale) et ceux qui ont encore une dette publique élevée (en Amérique latine et ailleurs) devront être capables de s’adapter, en tirant profit des occasions de réduire ces facteurs de vulnérabilité, tout en réagissant rapidement à une évolution défavorable pour maintenir la confiance du marché et préserver des antécédents durement acquis en matière de lutte contre l’inflation.

Par ailleurs, les réformes nécessaires pour soutenir la croissance à plus long terme ne doivent pas être mises en veilleuse. Dans la plupart des grands pays avancés, le rééquilibrage budgétaire demeure un problème d’envergure étant donné le vieillissement de la population. Des progrès bienvenus ont été accomplis dans la réduction de déficits budgétaires élevés au cours des trois dernières années, surtout en France, au Japon et aux États-Unis, tandis que le Canada continue de dégager un excédent (tableau 1.3). Cependant, pour la plupart des pays, les trajectoires semblent peu ambitieuses, même en supposant une croissance soutenue. En conséquence, les déficits budgétaires et les dettes publiques nettes resteraient assez élevés à la fin de la période de projection de cinq ans (à l’exception notable du Canada), surtout étant donné les coûts budgétaires croissants d’une population vieillissante. L’Italie et le Japon font face à une tâche particulièrement difficile, tandis qu’aux États-Unis, le rééquilibrage budgétaire est d’autant plus important qu’il est nécessaire d’accroître l’épargne nationale et de contenir le déficit des transactions courantes. Il faudra établir des objectifs budgétaires suffisamment ambitieux à moyen terme et s’attaquer aux problèmes profondément ancrés, notamment en assainissant les systèmes de sécurité sociale et en trouvant des moyens efficaces de contenir la tendance qui semble inexorablement à la hausse des coûts des soins de santé.

Tableau 1.3.Principaux pays avancés: solde budgétaire et dette des administrations publiques1(En pourcentage du PIB)
1990–99200020012002200320042005200620072011
Principaux pays avancés
Solde effectif−3,3−0,2−1,7−4,0−4,8−4,3−3,6−3,2−3,2−2,4
Écart de production20,62,51,1−0,3−1,1−0,6−0,7−0,3−0,3
Solde structurel2−3,4−1,5−2,2−3,9−4,3−4,0−3,4−3,1−3,1−2,4
États-Unis
Solde effectif−2,81,6−0,4−3,8−4,8−4,6−3,7−3,1−3,2−2,2
Écart de production21,54,41,8−0,9−0,3−0,20,1−0,1
Solde structurel2−3,40,1−1,1−3,8−4,5−4,4−3,6−3,1−3,2−2,2
Dette nette53,739,538,341,043,845,446,146,347,348,3
Dette brute69,557,256,658,961,962,662,762,563,463,8
Zone euro
Solde effectif−1,0−1,9−2,6−3,0−2,7−2,2−2,0−1,9−1,5
Écart de production21,81,60,5−0,7−0,7−1,2−0,7−0,6
Solde structurel2−1,7−2,4−2,6−2,7−2,4−2,0−1,7−1,6−1,6
Dette nette57,757,557,559,060,161,060,159,757,8
Dette brute69,668,368,169,369,870,669,869,266,8
Allemagne3
Solde effectif−2,61,3−2,8−3,7−4,0−3,7−3,3−2,9−2,4−2,0
Écart de production20,21,81,70,5−0,9−0,9−1,2−0,5−0,5
Solde structurel2,4−2,1−1,2−2,8−3,3−3,3−3,3−3,0−2,6−2,1−2,0
Dette nette40,551,552,154,357,860,162,563,564,265,3
Dette brute50,758,757,959,662,864,866,468,068,569,2
France
Solde effectif−3,7−1,5−1,6−3,2−4,2−3,7−2,9−2,7−2,6−1,7
Écart de production2−1,31,21,0−0,9−0,9−1,7−1,4−1,2
Solde structurel2,4−2,8−2,1−2,2−3,1−3,5−3,0−2,2−1,8−1,8−1,7
Dette nette39,747,048,248,552,654,857,054,854,351,8
Dette brute48,956,656,358,262,364,566,764,564,061,5
Italie
Solde effectif−7,4−0,7−3,1−2,9−3,4−3,4−4,1−4,0−4,1−4,0
Écart de production22,02,30,9−0,4−0,6−1,9−1,6−1,5
Solde structurel2,4−7,3−3,0−4,4−4,1−3,5−3,5−3,4−3,3−3,4−4,0
Dette nette105,9103,4103,0100,4100,5102,7105,4106,4107,5111,9
Dette brute112,0109,1108,7105,5104,3103,9106,4107,5108,6113,0
Japon
Solde effectif−2,8−7,7−6,4−8,2−8,1−6,3−5,6−5,2−4,9−4,0
Sécurité sociale non comprise−4,9−8,2−6,5−7,9−8,2−6,6−5,3−4,8−4,6−4,1
Écart de production2−1,0−1,6−2,9−2,7−2,1−1,2−0,20,1
Solde structurel2−2,9−7,2−5,7−6,9−7,0−5,5−5,2−5,1−5,0−4,0
Sécurité sociale non comprise−4,9−8,0−6,1−7,2−7,6−6,2−5,1−4,8−4,6−4,1
Dette nette27,360,466,172,877,382,286,889,792,498,3
Dette brute93,2142,5151,9161,4167,6178,6181,7181,8181,8177,3
Royaume-Uni
Solde effectif−3,71,71,0−1,6−3,3−3,2−3,3−3,2−2,8−2,0
Écart de production2−0,70,90,7−0,10,7−0,2−0,2
Solde structurel2−3,31,50,5−1,9−3,3−3,4−3,2−3,1−2,8−2,0
Dette nette32,934,232,732,734,536,138,137,838,840,5
Dette brute38,341,638,437,939,340,842,743,144,245,6
Canada
Solde effectif−4,52,90,7−0,10,71,71,11,00,6
Écart de production2−0,61,90,40,3−0,7−0,3−0,2
Solde structurel2−4,02,00,4−0,20,30,91,81,11,00,6
Dette nette80,565,360,258,051,546,741,938,735,827,3
Dette brute112,7101,5100,397,592,187,884,879,674,659,4
Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays. Au Canada, par exemple, elles incluent les obligations non capitalisées au titre du régime de retraite des agents de l’État, qui se chiffraient à près de 18 % du PIB en 2001.

En pourcentage du PIB potentiel.

Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalent à 8 % et ½–1 % du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002) et 1,2 % en Italie (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs, en particulier 0,5 % du PIB pour la France en 2005.

Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays. Au Canada, par exemple, elles incluent les obligations non capitalisées au titre du régime de retraite des agents de l’État, qui se chiffraient à près de 18 % du PIB en 2001.

En pourcentage du PIB potentiel.

Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalent à 8 % et ½–1 % du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002) et 1,2 % en Italie (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs, en particulier 0,5 % du PIB pour la France en 2005.

Des réformes structurelles qui améliorent le climat des affaires et la compétitivité internationale restent essentielles pour rehausser les perspectives à moyen terme. Dans la zone euro, une accélération des progrès dans l’agenda de Lisbonne—en particulier, une intensification de la concurrence dans les services et un assouplissement des marchés du travail—et des réformes du secteur financier demeurent fondamentales pour améliorer les perspectives de productivité et les possibilités d’emploi. Au Japon, les priorités sont les réformes du secteur public, l’assouplissement du marché du travail, le renforcement de l’efficience du secteur financier et l’accroissement de la productivité dans le secteur des services.

Encadré 1.2.Quel pourrait être l’effet des chocs extérieurs sur les pays émergents?

Même si les pays émergents ont renforcé leur politique économique au cours des dernières années, les pressions qui se sont exercées en mai et juin sur les prix de leurs actifs ont rappelé que nombre d’entre eux restaient vulnérables aux variations des conditions économiques et financières à l’échelle mondiale. Cet encadré examine les risques de dégradation de la situation sur la base de simulations portant sur un pays générique d’Amérique latine qui est exposé à ces facteurs de vulnérabilité. Ces simulations sont tirées d’un modèle de petite économie ouverte qui a été paramétré par les services du FMI pour plusieurs pays d’Amérique latine1. Les résultats montrent le coût potentiel d’une réaction tardive à l’évolution de l’environnement extérieur pour les économies d’Amérique latine et d’ailleurs où les anticipations inflationnistes ne sont pas encore bien ancrées et où la perception des risques par les investisseurs peut changer brusquement.

Dans ces simulations, il est supposé que l’inflation aux États-Unis augmente d’environ ½ point de pourcentage de plus que prévu précédemment, ce qui conduirait la Réserve fédérale à relever le taux des fonds fédéraux de 75 points de base supplémentaires (graphique). Cette hausse freine la croissance aux États-Unis à court terme. Il est supposé aussi que les investisseurs sont moins attirés par les actifs plus risqués des pays émergents lorsque les marchés financiers mondiaux sont plus instables, d’où une augmentation de la prime de risque, notamment pour les titres émis par des pays de second rang.

Un choc extérieur de ce type pourrait immédiatement exercer des pressions à la baisse sur le taux de change des pays d’Amérique latine et accroître les anticipations inflationnistes. Face à cette situation, une banque centrale prévoyante qui applique une politique de ciblage de l’inflation durcirait rapidement sa politique monétaire. Dans la simulation où la réaction est immédiate, un relèvement des taux d’intérêt d’environ 200 points de base suffit à limiter l’augmentation de l’inflation globale sur un an à 1 point de pourcentage à court terme, puis à la ramener au taux fixé comme objectif (graphique). Le resserrement monétaire, conjugué à une baisse de la confiance dans un climat international plus incertain, se traduirait par un ralentissement de l’activité économique plus marqué qu’aux États-Unis et par un écart négatif de production plus élevé.

Le graphique illustre aussi le coût d’une réaction tardive à ce type de choc. Dans ce cas, les anticipations inflationnistes augmenteraient davantage et la monnaie se déprécierait de manière plus marquée, ce qui alimenterait une montée soutenue de l’inflation globale. Il est supposé ici que les autorités monétaires ne réagissent qu’après deux trimestres et, en conséquence, le relèvement des taux d’intérêt devrait être bien plus prononcé pour maîtriser de nouveau l’inflation. De plus, une réaction tardive entraînerait une nouvelle baisse de la confiance. De manière générale, le ralentissement de l’activité serait plus marqué et de plus longue durée dans ce scénario.

Il va de soi que le moment et la vigueur de la réaction des autorités monétaires aux chocs extérieurs dans les pays émergents varient selon le pays, en fonction des antécédents établis en matière de gestion, du degré de vulnérabilité des bilans et autres facteurs de vulnérabilité, et du volume des besoins de financement extérieur. Dans les pays où les anticipations inflationnistes à long terme sont bien ancrées et où une gestion prudente est attendue dans la durée, les pressions sur le taux de change pourraient être limitées et il ne sera peut-être pas nécessaire de relever les taux davantage qu’aux États-Unis. Cependant, lorsque les régimes monétaires ont des antécédents limités ou lorsque les facteurs de vulnérabilité des bilans et les besoins de financement extérieur posent encore des problèmes, il faudra peut-être relever les taux de manière agressive pour prévenir une baisse soutenue du taux de change, une détérioration de la confiance et des effets secondaires prononcés sur l’inflation.

Effet d’un choc financier extérieur sur l’Amérique latine1

Source: estimations des services du FMI.

1 Tous les graphiques donnent la trajectoire de la variable concernée par rapport à une prévision de référence.

Note: Ricardo Adrogue et Roberto García-Saltos sont les principaux auteurs de cet encadré.1 Le modèle inclut une équation d’inflation, une fonction de réaction de la politique monétaire et une équation d’arbitrage des taux d’intérêt ajustée pour tenir compte du risque. Pour une description plus détaillée, voir Berg, Karam, and Laxton (2006).

Dans les pays émergents et les pays en développement aussi, il faut redoubler d’efforts pour faire avancer les réformes de marché, tout en veillant à ce que les bénéfices de la croissance soient partagés par le plus grand nombre. Le chapitre 3 du présent rapport examine en détail la croissance asiatique. Il conclut que le maintien d’une croissance rapide en Asie et la réduction de la pauvreté et des disparités de revenu dépendront de plus en plus de réformes qui renforcent la concurrence et la flexibilité, tout en améliorant l’accès, en particulier des groupes à faible revenu, à l’éducation, aux soins de santé et à un dispositif satisfaisant de protection sociale. Ces enseignements sont très pertinents aussi en dehors de l’Asie. Des réformes du gouvernement d’entreprise et du secteur financier qui renforcent la discipline de marché contribueraient à orienter l’investissement de manière efficiente en Chine, tandis que l’amélioration des dispositifs de protection sociale pourrait soutenir la croissance de la consommation. Une réglementation financière plus stricte dans les pays émergents d’Europe réduirait les facteurs de vulnérabilité liés à la croissance rapide du crédit. Des réformes des marchés du travail et des finances publiques qui permettent de mieux cibler les dépenses publiques sur les priorités sociales et les priorités d’investissement amélioreraient substantiellement les perspectives des groupes à faible revenu dans divers pays.

Encadré 1.3.Comment les déséquilibres de l’économie mondiale s’ajusteront-ils?

Les éditions de septembre 2005 et d’avril 2006 des Perspectives ont présenté différents scénarios de correction des déséquilibres mondiaux qui reposent sur une version du Global Economy Model (GEM) à quatre régions1. Ces simulations ont été actualisées, avec 2006 comme nouveau point de départ et à l’aide de données rétrospectives jusqu’en 2005. Les données de 2005 indiquent que le déficit des transactions courantes des États-Unis s’est encore creusé, alors que la position des avoirs extérieurs nets du pays s’est en fait légèrement améliorée sous l’effet des variations de change.

Scénario ≪sans changement≫

Le scénario ≪sans changement≫ suppose que les déséquilibres se résorbent grâce à des changements dans l’épargne du secteur privé et à des variations ordonnées des taux de change (premier graphique)2. L’ajustement se produit sans changement substantiel dans aucune des principales économies, mais il est étroitement lié à la volonté des non-résidents américains à détenir un montant substantiel et croissant d’actifs américains assortis de taux d’intérêt relativement faibles.

  • Aux États-Unis, le taux d’épargne privée augmente progressivement à mesure que les ménages s’adaptent à la hausse plus lente des prix des actifs (notamment sur le marché immobilier) et que la croissance de la production ralentit pour avoisiner 3 %, ce qui correspond à son potentiel. Ces changements, conjugués à une nouvelle dépréciation du dollar (de 15 % en valeur effective réelle), freinent la croissance de la demande intérieure américaine et entraîneront une baisse soutenue du déficit des transactions courantes, qui avoisinera 4 % du PIB d’ici 2015. Les engagements extérieurs nets des États-Unis grimperont à 55 % du PIB d’ici 2015 pour finir par se stabiliser aux environs de 85 % à long terme3.
  • Le pendant principal de la réduction du déficit des transactions courantes des États-Unis se trouverait dans les pays émergents d’Asie. Dans ce scénario, il est supposé que la croissance de la productivité dans les pays émergents d’Asie ralentit graduellement pour se rapprocher de celle des pays plus avancés, tandis que la demande intérieure est dopée par une diminution progressive du taux d’épargne privée, qui est aujourd’hui élevé. Cette croissance plus équilibrée s’accompagne d’une appréciation d’environ 15 % des taux de change effectifs réels4. En conséquence, l’excédent des transactions courantes tombe de son récent record voisin de 5 % du PIB à environ 2 % du PIB en 2015. Les pays émergents d’Asie maintiennent donc une position créditrice croissante vis-à-vis des États-Unis, mais la trajectoire de cette position n’est plus explosive.
  • Les ajustements dans la zone euro, au Japon et dans le reste du monde sont plus modestes. Dans ce scénario, des forces antagoniques influent sur le taux de change réel et donc sur le compte des transactions courantes: une dépréciation par rapport aux monnaies des pays émergents d’Asie domine à court terme, mais elle est compensée à moyen terme par une appréciation vis-à-vis du dollar EU. Il est supposé que la croissance de la productivité dans la zone euro et au Japon reste anémique à moyen terme, si bien que la croissance de la production demeurera faible. La demande intérieure dans le reste du monde est dopée par une meilleure absorption, à la fois au niveau de l’investissement et de la consommation, dans les pays exportateurs de pétrole.

Comment les déséquilibres mondiaux s’ajusteront-ils?1

Source: estimations des services du FMI.

1 Voir l’appendice 1.2 de l’édition de septembre 2005 des Perspectives de l’économie mondiale pour un examen détaillé de ces projections. Comme le scénario ≪sans changement≫ inclut une appréciation réelle notable à court terme en Asie sous l’effet d’une hausse de l’inflation, il surestime peut-être l’ajustement des comptes courants pendant la période initiale.

Pour résumer, les ajustements des taux de change réels et des soldes des transactions courantes dans ce scénario sont considérables, mais ordonnés. Cependant, ce scénario favorable dépend fortement de deux hypothèses interdépendantes. Premièrement, les étrangers seraient disposés à financer une nouvelle accumulation très substantielle des engagements extérieurs des États-Unis, qui passeraient de moins de 30 % du PIB actuellement à environ 85 % du PIB des États-Unis. Même pour un grand pays industrialisé, cela représenterait un endettement extérieur très élevé. Deuxièmement, les étrangers seraient disposés aussi à accroître la part des actifs américains dans leurs portefeuilles sans demander une prime de risque élevée, bien qu’ils s’exposent à des pertes de change pendant une période prolongée. Comme l’ont souligné des éditions antérieures des Perspectives, ces hypothèses ne sont peut-être pas réalistes et il est utile d’explorer d’autres scénarios qui reposent sur des hypothèses plus pessimistes.

Scénario de l’ajustement perturbateur

Le scénario actualisé de l’ajustement perturbateur illustre comment une désaffection des investisseurs mondiaux à l’égard des actifs américains, conjuguée à une forte hausse des primes de risque de taux d’intérêt, pourrait déclencher un ajustement beaucoup plus brutal et désordonné. La baisse de la demande d’actifs américains est la plus marquée dans les pays émergents d’Asie, où il est supposé que les pouvoirs publics réduiront le rythme d’accumulation des réserves et laisseront les taux de change s’apprécier plus rapidement. Les brusques réalignements des taux de change qui en résultent devraient atténuer temporairement la pression de la concurrence mondiale, d’où une augmentation des salaires et des majorations des prix5. L’inflation étant en hausse, les banques centrales dans le monde entier auraient tendance à relever les taux d’intérêt.

  • Aux États-Unis, le déficit des transactions courantes se contracte rapidement à 2 % du PIB, avec une dépréciation de la monnaie et une nette hausse des taux d’intérêt pour lutter contre les tensions inflationnistes. La croissance ralentit pour avoisiner 1 % pendant deux ans, une nette baisse de la demande intérieure due à la hausse des taux d’intérêt compensant largement l’accroissement des exportations nettes.
  • Parmi les trois régions qui restent, l’appréciation la plus marquée des taux de change réels se produit dans les pays émergents d’Asie, ce qui élimine pratiquement l’excédent des transactions courantes de la région d’ici 2010. La croissance ralentit aussi, même si elle reste supérieure à 4 %. Les effets sont similaires, quoique moindres, dans la zone euro, au Japon et dans les autres pays.
  • Le scénario de l’ajustement perturbateur risque manifestement de produire des résultats pires encore que ceux ci-dessus. En particulier, un ajustement désordonné des taux de change et une récession mondiale risquent de déstabiliser gravement les marchés financiers, ce qui pèserait sur les capacités de production, l’accès au crédit et la demande globale, et entraînerait une déflation des prix des actifs6. Par ailleurs, un ralentissement de l’activité pourrait déclencher une vague de protectionnisme, qui causerait une baisse substantielle du niveau de vie dans tous les pays7.

Scénario des ≪politiques renforcées≫

Le scénario des ≪politiques renforcées≫ repose sur une série de mesures appliquées dans différentes régions de l’économie mondiale qui réduiraient sensiblement le risque d’un ajustement désordonné (deuxième graphique)8.

  • Assouplissement des taux de change dans les pays émergents d’Asie. Il est supposé que cela va de pair avec une réduction graduelle des achats de monnaies étrangères par les autorités monétaires et une amélioration de la productivité à mesure qu’une part croissante de la richesse est investie dans le capital physique productif de la région.
  • Rééquilibrage des finances publiques aux États-Unis. Il est supposé que le déficit public initial des États-Unis, voisin de 4 % du PIB, sera éliminé d’ici 2012 grâce à la maîtrise des dépenses et à une augmentation des impôts. Cela renforce la tendance à la hausse de l’épargne privée figurant dans le scénario ≪sans changement≫, qui permet de réduire les engagements extérieurs et d’accumuler davantage de capital physique intérieur. En conséquence, les taux d’intérêt réels mondiaux baissent de 25 points de base après dix ans, ce qui rehausse la croissance mondiale.
  • Réformes structurelles dans la zone euro et au Japon. Il est supposé que des réformes plus ambitieuses des marchés de produits et du travail finiront par réduire les marges en Europe et au Japon, ce qui éliminerait environ deux tiers de l’écart vis-à-vis des niveaux américains sur dix ans. Cela inciterait les ménages et les entreprises à investir davantage dans leur économie, ce qui accélérerait la croissance de la productivité.
  • Dépenses accrues des exportateurs de pétrole. Il est supposé que le transfert considérable de richesse dû au renchérissement du pétrole est utilisé pour accroître l’investissement et la productivité (plus rapidement que dans le scénario de base).

Ce scénario illustre les avantages manifestes d’une action conjointe tant pour résorber les déséquilibres que pour améliorer les perspectives de croissance de manière durable (voir le premier graphique pour des comparaisons avec les autres scénarios). L’effet négatif sur la croissance à court terme est limité—bien moins marqué que dans le scénario de l’ajustement perturbateur—alors qu’il y aurait des effets bénéfiques pour la croissance à moyen et à long terme ailleurs, en raison non seulement des retombées directes des politiques nationales, mais aussi des répercussions des mesures appliquées avec succès ailleurs. La croissance est mieux équilibrée entre les régions: la zone euro et le Japon rattrapent leur retard et les pays émergents d’Asie enregistrent une croissance plus élevée que dans les autres scénarios. La croissance est aussi mieux équilibrée au sein de chaque économie, la croissance de la consommation étant plus faible mais plus viable aux États-Unis, et plus élevée dans la zone euro, au Japon et dans les pays émergents d’Asie.

Dans le scénario des politiques renforcées, le déficit des transactions courantes des États-Unis diminue pour avoisiner 1 % du PIB d’ici 2015. En conséquence, l’accumulation des engagements extérieurs nets des États-Unis est contenue à moins de 40 % du PIB au lieu de 85 %, ce qui réduit considérablement le risque que les changements de préférence des créanciers étrangers des États-Unis entraînent un ajustement brutal qui pèserait lourdement sur la croissance dans toutes les régions.

Effets sur les taux de change réels, la croissance mondiale et les engagements extérieurs nets des États-Unis

Source: estimations des services du FMI.

Note: Les auteurs de cet encadré sont Michael Kumhof et Douglas Laxton.1 Voir Faruqee et al. (2005) pour une description de ce modèle. Les paramètres du modèle ont été établis de manière à fournir une modélisation plausible et cohérente du comportement macroéconomique dans les principaux groupes de pays, mais il faut souligner qu’il y a une part de jugement dans cet exercice et que d’autres modèles donneront des résultats différents. En particulier, les effets quantitatifs du rééquilibrage budgétaire aux États-Unis sur le solde des transactions courantes dépendent de plusieurs hypothèses, certains modèles produisant des effets plus modestes que d’autres. Voir, par exemple, Erceg, Guerrieri, and Gust, 2005, et Kumhof, Laxton, and Muir, 2005.2 Ce scénario est différent du scénario de référence des Perspectives, en partie parce que les taux de change effectifs réels peuvent s’ajuster au lieu de rester constants par hypothèse.3 Ces calculs ne prennent pas en compte l’effet éventuel des variations de change sur la position des avoirs extérieurs nets.4 Dans la simulation, la hausse des taux de change effectifs réels tient à une augmentation de l’inflation intérieure, car il est supposé que la stérilisation des réserves accumulées n’est que partiellement efficace.5 Les majorations des prix pourraient résulter d’un déclenchement des tensions inflationnistes qui ont été limitées par les prix peu élevés des biens échangés produits dans les pays émergents d’Asie, ou d’une montée temporaire du protectionnisme.6 Cette déstabilisation pourrait résulter de moins-values liées aux taux de change dans les bilans des sociétés et surtout des banques, et de l’incidence de la volatilité accrue des taux d’intérêt sur les intermédiaires financiers par le biais de ses effets sur la solvabilité des sociétés ayant contracté des emprunts et sur les engagements résultant de transactions d’arbitrage internationales (≪carry trade≫).7 Les pertes de production qui en résulteraient à l’échelle mondiale pourraient être très élevées. Pour une analyse quantitative, voir Faruqee et al. (à paraître).8 Il serait possible d’appliquer des mesures autres que celles mentionnées ici, notamment pour favoriser l’investissement privé dans certaines régions d’Asie et pour encourager l’épargne privée aux États-Unis.

Le niveau élevé et la volatilité des cours sur les marchés mondiaux de l’énergie demeurent une préoccupation majeure et toutes les parties intéressées devront déployer des efforts soutenus pour y faire face. L’augmentation prévue de l’investissement des principaux producteurs de pétrole au Moyen-Orient est très opportune. Cependant, les efforts unilatéraux déployés récemment pour garantir la sécurité énergétique nationale par l’autosuffisance—notamment en maintenant les compagnies étrangères hors des marchés nationaux, en promouvant des champions nationaux et en se hâtant de s’assurer à tout prix l’accès à des champs pétrolifères à l’étranger—pourraient accroître les inefficiences à l’échelle mondiale sans réduire les risques pesant sur la communauté internationale. Ce qui est nécessaire, plutôt que ce ≪protectionnisme énergétique≫, c’est de veiller à ce que les marchés fonctionnent bien, en fournissant des incitations appropriées et prévisibles aux producteurs pour qu’ils investissent (en particulier dans des sources d’énergie plus risquées et plus coûteuses), et d’assurer un niveau adéquat de capacités disponibles. Par ailleurs, il convient d’encourager les économies d’énergie en veillant à ce que les consommateurs paient des prix qui reflètent le coût social intégral de l’utilisation de l’énergie. Une amélioration supplémentaire des statistiques sur l’énergie, notamment des mesures plus cohérentes et plus fiables des réserves pétrolières, encouragerait un processus décisionnel plus rationnel et plus avisé.

Toujours à l’échelle mondiale, il reste essentiel de libéraliser le commerce multilatéral pour améliorer les perspectives de croissance soutenue. L’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les négociations du cycle de Doha est très décevante et fait craindre un retour du protectionnisme. Il faut redoubler d’efforts pour relancer le processus de libéralisation du commerce multilatéral, se prémunir contre la montée du protectionnisme et éviter le recours excessif aux accords commerciaux bilatéraux pour faire avancer la libéralisation des échanges. La libéralisation sur une base non discriminatoire (clause de la nation la plus favorisée) reste le meilleur moyen de développer les possibilités de croissance mondiale.

Par ailleurs, il faut veiller à maintenir la hausse des apports d’aide aux pays les plus pauvres, afin d’appuyer les efforts que ceux-ci déploient pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Cela deviendra d’autant plus important si le cycle de Doha ne peut être ressuscité ou si les cours des produits de base, qui ont aidé à soutenir une croissance vigoureuse en Afrique subsaharienne, fléchissent.

Comme l’ont souligné des éditions antérieures des Perspectives, une action de la part de tous les pays qui sont les principaux acteurs de l’économie mondiale aiderait à résorber de manière ordonnée les déséquilibres mondiaux. L’encadré 1.3 examine comment y arriver grâce à une combinaison de mesures visant à accroître l’épargne nationale aux États-Unis, notamment par un rééquilibrage budgétaire plus ambitieux à moyen terme; à faire avancer les réformes structurelles en Europe et au Japon; à stimuler la demande intérieure dans les pays émergents d’Asie (consommation en Chine et investissement ailleurs), ainsi qu’à assouplir les taux de change dans ces pays; et à accroître les dépenses des pays exportateurs de pétrole dans des domaines où leur rendement est élevé, compte tenu des limites imposées par les capacités d’absorption, en particulier au Moyen-Orient, où la forte augmentation des projets d’investissement déjà en cours est encourageante. Chacun de ces objectifs est dans l’intérêt des pays concernés, mais les progrès accomplis ont été dans certains cas plus lents qu’on ne le souhaiterait, en partie parce qu’il est difficile de dégager un consensus politique national sur des réformes qui auront des conséquences sur la distribution des revenus. Une stratégie conjointe et multilatérale pourrait aider à faire avancer l’exécution de ces mesures en mettant l’accent sur les liens entre les pays et les effets de contagion, en offrant des assurances supplémentaires que les risques liés aux actions individuelles seront atténués par des mesures prises ailleurs, et en suscitant un sentiment d’engagement commun de la communauté internationale qui constituerait le meilleur espoir de pérenniser une croissance rapide et une prospérité soutenue à l’échelle mondiale. La consultation multilatérale engagée par le FMI avec la Chine, la zone euro, le Japon, l’Arabie Saoudite et les États-Unis a pour objectif d’établir une stratégie conjointe de ce type.

Appendice 1.1. Évolutions récentes du marché des produits de base

L’auteur principal de cet appendice est Valerie Mercer-Blackman. Elle a bénéficié du concours de To-Nhu Dao et Nese Erbil.

Au cours des sept premiers mois de 2006, l’indice des prix des produits de base et de l’énergie du FMI a augmenté de plus de 15 % en dollars sous l’effet de la flambée des cours des métaux (cuivre, zinc et nickel notamment). Cette progression tient à la hausse de la demande de produits de base, tirée par une croissance économique mondiale vigoureuse. Les cours de l’énergie ont continué de grimper, quoique à un rythme plus modéré, ceux du pétrole brut atteignant un nouveau sommet au début d’août suite à l’aggravation des tensions au Moyen-Orient.

Pétrole brut et autres produits pétroliers

La hausse des cours du pétrole au cours des huit derniers mois témoigne du dynamisme de l’activité mondiale, qui a atténué la réaction de la demande à la montée des cours, et des craintes concernant l’offre liées aux incertitudes géopolitiques. Du fait que les capacités de production inutilisées devraient demeurer très limitées, les marchés à terme indiquent que les cours du pétrole brut resteront élevés fin 2006 et en 2007 (graphique 1.15).

Graphique 1.15.Cours au comptant et à terme du pétrole brut, volatilité des cours et variations de la consommation et de la production

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

1 Moyenne non pondérée des cours au comptant des bruts West Texas Intermediate, U.K. Brent et Dubaï Fateh.

2 Moyenne pondérée sur cinq jours des cours NYMEX Light Sweet Crude, du IPE Dated Brent et du Dubaï Fateh (supposé).

3Écart-type des cours sur des périodes mobiles de 30 jours, divisé par la moyenne sur la même période.

4 Moyenne pondérée de la volatilité des trois options des premiers mois les plus proches du prix de levée à parité.

5 Les projections de l’offre et de la demande pour le deuxième semestre 2006 ont été communiquées par l’Agence internationale de l’énergie.

6 Comprend la production de pétrole non brut.

Évolution des cours

Au cours des huit premiers mois de 2006, le cours au comptant moyen du pétrole6 a progressé de 16 %. Le cours du pétrole est monté à un niveau nettement supérieur à son record de l’avant-ouragan Katrina début mai et à nouveau début août pour atteindre un nouveau sommet (76 dollars EU), en raison des craintes concernant l’intensification de l’impasse sur le programme nucléaire de la République islamique d’Iran, le déclenchement des combats au Liban et en Israël, et la fermeture d’un vaste champ pétrolifère de British Petroleum en Alaska. La violence persistante dans la région productrice de pétrole du Nigéria et les menaces qui pèsent sur l’infrastructure pétrolière iraquienne ont également alimenté les craintes du marché quant à une pénurie éventuelle (les exportations de la République islamique d’Iran, de l’Iraq et du Nigéria représentent près de quatre fois les capacités inutilisées aujourd’hui à l’échelle mondiale). L’annonce par certains gouvernements de mesures destinées à renforcer leur contrôle sur les champs pétrolifères et gazifières (au Venezuela, en Bolivie et en Russie par exemple) a également accentué les incertitudes et incité les investisseurs à la prudence (voir plus loin). Cela étant, malgré cette conjoncture, la volatilité des cours ne semble pas plus prononcée (graphique 1.15).

Les prix de l’essence dans les pays membres de l’OCDE et en Asie ont augmenté de 25 % à 30 % jusqu’à présent en 2006; aux États-Unis, ils étaient en août inférieurs de 13 % seulement au record enregistré après l’ouragan Katrina. Les pressions temporaires à la hausse sur les marges tiennent, d’une part, au fait que de nombreuses raffineries sont encore fermées ou fonctionnent au ralenti en raison des dégâts provoqués l’an dernier par l’ouragan, d’autres ayant reporté leurs opérations courantes de maintenance au printemps, et, d’autre part, aux goulets d’étranglement créés par le passage à l’essence nouvelle formule, mélangée à de l’éthanol. Aux États-Unis, les prix du gaz naturel ont poursuivi leur repli et étaient inférieurs aux prix européens à la fin d’août.

Consommation de pétrole

La consommation mondiale de pétrole a progressé de 0,5 million de barils par jour (mbj) (0,6 %) au premier semestre de 2006 en glissement annuel (tableau 1.4 et graphique 1.15). Aux États-Unis, elle a légèrement fléchi durant cette période (en partie pour des motifs exceptionnels), mais demeure supérieure aux prévisions, la consommation d’essence s’étant fortement redressée au deuxième trimestre de 2006. La consommation pétrolière est demeurée élevée en Chine (deuxième plus gros consommateur) et au Moyen-Orient, alors qu’elle a légèrement fléchi en Europe et au Japon. Il apparaît que, dans certains pays, comme l’Indonésie, la Malaisie et la Jordanie, les mesures visant à mieux répercuter les cours mondiaux du pétrole sur les prix intérieurs, quoique délicates au plan politique, ont contribué à freiner la demande (tableau 1.5). Les prix de détail de l’essence et du gazole ont été relevés récemment de près de 10 % en Chine et en Inde aussi, mais l’effet à court terme de cette hausse sur la consommation des ménages devrait y être modéré7.

Tableau 1.4.Demande mondiale de pétrole, par région(Millions de barils par jour)
DemandeVariation
1er sem. 20061er sem. 20052e sem. 20051er sem. 2006/

1er sem. 2005
1er sem. 2006/

1er sem. 2005
(millions de barils par jour)(millions de barils par jour)(pourcentages)
Amérique du Nord25,1525,4525,45−0,30−1,2
Europe16,0516,1016,25−0,05−0,3
OCDE Pacifique8,558,758,45−0,20−2,3
Chine6,956,556,750,406,1
Inde2,702,652,550,051,9
Autres pays d’Asie6,256,256,150,000,0
Ex-URSS3,803,753,850,051,3
Moyen-Orient6,406,056,200,355,8
Afrique3,002,902,850,103,4
Amérique latine5,155,055,150,102,0
Monde84,0083,5083,650,500,6
Source: Agence internationale de l’énergie, Oil Market Report, août 2006.
Source: Agence internationale de l’énergie, Oil Market Report, août 2006.
Tableau 1.5.Variations des prix intérieurs des combustibles, janvier 2005–juin 2006
Pays et date de la dernière variationVariations des prix et réformesNature de la réforme
Pays exportateurs de combustibles
Iran, République islamique d’1Les prix des combustibles ont été gelés en 2003 au niveau des prix subventionnés.Un rationnement des importations de produits raffinés est envisagé. Le coût des subventions représente près de 16 % du PIB.
Iraq (juin 2006)Les prix des combustibles ont augmenté de 300 % à 1.400 %, selon les produits, depuis septembre 2005.Les prix sont progressivement ajustés à la moyenne régionale.
Nigéria (août 2005)L’essence a augmenté de 25 %.
Arabie Saoudite (avril 2006)1Diminution de 30 % de l’essence et du gazole.La baisse des prix vise à distribuer une partie du surcroît de richesse pétrolière à la population.
Royaume-Uni (2005–06)Gel des droits d’accise sur les produits pétroliers.
Vietnam (début 2006)Suppression des droits d’importation sur tous les produits pétroliers à compter d’avril 2006.Les prix intérieurs ont connu trois augmentations (en mars, en juillet et en août) et une diminution (en novembre) en 2005, avant une nouvelle hausse en avril 2006.
Pays importateurs de combustibles
Chine (mai 2006)1Augmentation de 9,6 % de l’essence et de 11,1 % du gazole.Le NRDC a ordonné de veiller à ce que l’offre intérieure ne diminue pas et à ce que les subventions soient destinées aux populations démunies.
Inde (juin 2006)Augmentation de 9,2 % de l’essence et de 6,6 % du gazole. Les augmentations cumulées depuis fin 2004 s’établissent à 26 % pour l’essence et à 24 % pour le gazole.Les prix de l’essence et du gazole ont également été relevés en juin et en septembre 2005. Celui du kérosène n’a pas varié.
Indonésie (mars 2006)Hausse de 29 % (essence et gazole), qui a suivi une augmentation de 88 % de l’essence, de 105 % du gazole et de 186 % du kérosène en octobre 2005.Des programmes de distribution et de transferts monétaires destinés aux familles démunies ont été mis en application simultanément. Par ailleurs, depuis octobre 2005, les prix de gros sont ajustés chaque mois pour tenir compte des prix du marché.
Jordanie (avril 2006)Hausse de 30 % (gazole et kérosène). Les prix ont également été relevés de 15 % en septembre 2005 et de 25 % en juillet 2005.Réduction progressive des subventions, accompagnée de mesures visant à protéger les groupes vulnérables.
Malaisie (février 2006)Hausse de 23 % (essence, kérosène et GPL).Après des augmentations en février, mars et juillet 2005.
Thaïlande (juillet 2005)Fin des subventions au gazole.
Sources: Agence internationale de l’énergie et services du FMI.

Les prix intérieurs de l’essence demeurent sensiblement inférieurs aux prix internationaux.

Sources: Agence internationale de l’énergie et services du FMI.

Les prix intérieurs de l’essence demeurent sensiblement inférieurs aux prix internationaux.

Globalement, il semble que la hausse des cours depuis 2003 ait quelque peu modéré la demande, mais compte tenu de la croissance vigoureuse du PIB dans de nombreux pays—la Chine et les États-Unis notamment—la consommation globale n’a pas fléchi, contrairement à ce qui s’était produit en 1979–80, où un recul sensible de la demande avait été observé après la flambée des cours pétroliers8.

Production et stocks pétroliers

La production hors OPEP a augmenté de 0,14 mbj au premier semestre de 2006 en glissement annuel, soit un peu moins que prévu en début d’année (graphique 1.15). Cette hausse est imputable à la Russie (où la production se redresse après avoir atteint un creux en 2005), à l’Azerbaïdjan, au Brésil et aux pays africains non membres de l’OPEP. Dans la zone de l’OCDE, la reprise de la production américaine après les ouragans a été quelque peu neutralisée par la baisse de la production en Europe, en mer du Nord notamment. La production de l’OPEP a modérément diminué au premier semestre de 2006, notamment en Arabie Saoudite et, dans une moindre mesure, en République islamique d’Iran. Son niveau légèrement inférieur aux prévisions tient essentiellement à la situation au Nigéria, dont la production de 2,5 mbj a été amputée de 0,7 mbj depuis le début de l’année en raison des violences dans le delta du Niger. Dans l’ensemble, l’offre demeure limitée: la plupart des analystes estiment aujourd’hui à 1–2 mbj les capacités immédiatement disponibles de l’OPEP, et il s’agit en grande partie d’un brut sulfureux dont le raffinage est difficile (graphique 1.16)9.

Graphique 1.16.Production, capacités inutilisées et stocks de l’OPEP

(Millions de barils par jour, sauf indication contraire)

Sources: Bloomberg Financial, LP; Agence internationale de l’énergie; Ministère de l’énergie des États-Unis; calculs des services du FMI.

1 On entend par capacités inutilisées des 11 pays de l’OPEP les capacités de production qui peuvent être mises en service dans un délai de 30 jours et utilisées pendant 90 jours.

2 Moyenne de chaque mois civil pendant la période 2000–05, plus un intervalle de confiance de 40 % basé sur les écarts antérieurs.

3 Moyenne non pondérée des cours au comptant des bruts West Texas Intermediate, U.K. Brent et Dubaï Fateh.

Les stocks de brut de l’OCDE se maintiennent à un niveau record, vraisemblablement à cause d’une forte demande de précaution (en partie satisfaite parce que l’OPEP est disposée à accroître ses approvisionnements) due au sentiment que les prix vont demeurer élevés et le marché tendu. Les stocks commerciaux de pétrole brut et de produits finis ont augmenté de manière soutenue pour atteindre 2,4 milliards de barils en juin 2006, soit 54 jours de couverture à terme (graphique 1.16).

Perspectives et risques à court terme

Malgré les signes de ralentissement de la demande dans certaines régions, le marché du brut devrait rester tendu dans un avenir prévisible. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a ramené ses projections de la croissance mondiale de la consommation en 2006 de 1,8 mbj en début d’année à 1,2 mbj, car la hausse soutenue des cours et leur plus forte répercussion sur les prix à la consommation devraient entraîner une nouvelle baisse de la demande. Néanmoins, de nombreux analystes prévoient une croissance de la consommation légèrement plus forte, de plus de 1,3 mbj, en raison du dynamisme soutenu de la Chine et des États-Unis. Les projections de l’accroissement de l’offre hors OPEP en 2006 varient considérablement, de 0,6 à 1,1 mbj (ce dernier chiffre pour l’AIE), mais elles pourraient s’avérer excessivement optimistes puisqu’elles reposent sur un redressement substantiel au second semestre de 2006. Pour sa part, l’OPEP estime que ses capacités auront augmenté de 1 mbj à la fin 2006 par rapport à la fin 2005. Ainsi, même selon des scénarios optimistes pour l’offre et la demande, les capacités inutilisées devraient rester limitées à l’échelle mondiale en 2006–07. Il en va de même des capacités de raffinage, aux États-Unis surtout.

Dans ce contexte, les marchés à terme indiquent que les cours du pétrole se maintiendront dans une fourchette de 70–75 dollars EU en 2006–07, les fluctuations à court terme étant fonction des événements politiques. Pour que les cours chutent (à 50 dollars EU le baril par exemple), il faudrait soit qu’un ralentissement de la croissance économique amène un fléchissement substantiel de la demande, soit (c’est moins probable) un apaisement des tensions géopolitiques actuelles10. Cela dit, des évolutions défavorables du côté de l’offre, comme d’autres arrêts de production au Nigéria et en Iraq ou d’éventuels problèmes de production en République islamique d’Iran, au Venezuela et dans le Golfe du Mexique (une saison de cyclones violents est prévue), pourraient faire encore monter les cours. Selon les cours des options sur le pétrole, les marchés estimaient à 10 % en août 2006 les chances que le cours du Brent dépasse 90 dollars EU le baril en décembre 2006.

Perspectives à moyen terme: comment va réagir l’offre?

Même si la réaction de la demande à la hausse des cours s’intensifie, le rééquilibrage des marchés pétroliers dépendra au premier chef des ajustements de l’offre dans un secteur où les cycles d’investissement sont très longs (de 5 à 10 ans). La question cruciale pour les années à venir est donc de savoir si les investissements seront suffisants. Or, les sociétés pétrolières internationales (SPI) et nationales (SPN) semblent avoir adopté une attitude prudente en matière d’investissement. Selon les prévisions à moyen terme de l’AEI et d’autres organismes, les taux d’investissement actuels pourraient être jusqu’à 20 % inférieurs au montant nécessaire pour satisfaire la demande mondiale future dans l’hypothèse d’une légère baisse des cours. La présente section examine les raisons de cette prudence et en quoi elles pourraient être liées à l’évolution de la structure de l’offre sur le marché mondial du pétrole. L’insuffisance des données, en ce qui concerne les SPN notamment, ne permet toutefois pas de formuler un diagnostic définitif sur les comportements en matière d’investissement.

Investissements des sociétés pétrolières internationales

Il est souvent avancé que les SPI n’augmentent pas assez leurs investissements—et, partant, leurs capacités—pour atténuer les pressions à la hausse sur les cours du pétrole. D’après les informations concernant les entreprises cotées en bourse dans les pays du Groupe des Sept (G-7), les sociétés pétrolières et gazières ont affiché des bénéfices records au cours des deux dernières années—nettement supérieurs à ceux des autres entreprises non financières—en grande partie grâce à la hausse des prix de l’énergie. Aux États-Unis, ces entreprises ont vu leur valeur quasiment doubler depuis la mi-2000, soit une augmentation nettement supérieure à la hausse totale de l’indice S&P, les sociétés de services pétroliers, qui fournissent le matériel et les services connexes, ayant fait mieux encore (graphique 1.17). Or, le montant des investissements réels, malgré un accroissement substantiel depuis 2000, demeure inférieur à celui du début des années 90, époque où les capacités inutilisées étaient beaucoup plus élevées; une grande part des bénéfices a été utilisée pour augmenter les dividendes et acquérir de nouveaux actifs11.

Graphique 1.17.Cours boursiers et investissements réels dans les secteurs pétroliers et non pétroliers

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Worldscope; Bureau of Labor Statistics des États-Unis; calculs des services du FMI.

1 Les estimations pour 2005 ont été établies à partir des cotations de quelques entreprises représentatives de chaque secteur (pour le pétrole et le gaz, les neuf premières compagnies pétrolières mondiales); elles ne peuvent donc être directement comparées aux chiffres de 2004. TI: technologies de l’information.

2Ajusté par la moyenne de l’indice des prix à la production (IPP) des services et des équipements pétroliers, 1990 = 100.

3Ajusté en fonction de l’IPP, 1990 = 100. TI: technologies de l’information.

Plusieurs éléments particuliers ont empêché les SPI d’investir davantage. Primo, les possibilités d’investissement sont limitées par l’accès restreint aux réserves dans certains pays riches en pétrole, les modifications apportées aux régimes réglementaires et les risques de nationalisation dans d’autres ayant par ailleurs accentué l’incertitude entourant le rendement des nouveaux investissements. Secundo, dans les pays de l’OCDE et dans d’autres pays où les SPI dominent la production, les gisements classiques sont en déclin, et il est devenu plus complexe et coûteux de prolonger leur exploitation. Tertio, après les réductions massives des effectifs des années 90, les SPI disposent d’un personnel qualifié restreint et sont confrontées à des coûts d’investissement à court terme plus élevés12. De ce fait, une part grandissante des bénéfices a servi à acquérir d’autres sociétés pétrolières, démarche moins risquée que des investissements en installations nouvelles. La part médiane des gains des sociétés pétrolières et gazières allouée à l’achat d’actifs nationaux et étrangers a progressé, passant de 13 % dans les années 90 à 20 % pour la période 2001–04. Ces acquisitions ont pour effet d’augmenter les dépenses d’investissement et les capacités de production d’une SPI donnée, mais pas de l’économie dans son ensemble.

Compte tenu des débouchés limités dans les domaines traditionnels, les SPI se sont employées à développer d’autres sources de production (des champs dans de nouvelles régions ou de nouvelles technologies). Là aussi, elles font face à la concurrence des SPN—dont celles des pays importateurs de pétrole—qui, ces dernières années, se sont montrées aussi dynamiques qu’elles en matière d’acquisition d’actifs extérieurs et de création de sociétés en aval et en amont à l’étranger, créant ainsi de nouveaux obstacles et de nouveaux débouchés pour les SPI (encadré 1.4).

Investissements des SPN

Les SPN de plusieurs pays gros producteurs de pétrole—surtout ceux où les obligations financières sont moins contraignantes ou qui offrent des conditions souples pour attirer les capitaux privés—ont intensifié leurs programmes d’investissement l’an dernier. De grandes entreprises comme Aramco en Arabie Saoudite, l’ADNOC dans les Émirats arabes unis et KPC au Koweït, qui peuvent autofinancer des projets et ont préservé leur capital productif et humain de base pendant la récession des années 90, ont élaboré d’ambitieux programmes d’expansion des capacités à tous les maillons de la chaîne de production13. Dans les pays aux finances plus restreintes, certaines SPN se sont récemment efforcées de trouver de nouveaux moyens d’obtenir des financements et le savoir-faire du secteur privé tout en respectant l’interdiction constitutionnelle de recourir à l’actionnariat étranger. Des SPN telles que Pemex au Mexique, Sonatrach en Algérie et l’INOC en République islamique d’Iran ont élaboré des projets de ≪construction-exploitation-transfert≫ avec les SPI, projets dans lesquels les investissements ont très rapidement pris leur essor, même si l’investissement global n’a pas suivi le rythme.

L’investissement réel de la plupart des autres SPN ne semble pas s’être rétabli du déclin des années 90 malgré un léger redressement depuis 200014, bien que les données soient fragmentaires. Leur investissement a été bridé par les nombreuses restrictions, explicites et implicites, imposées par leurs propres gouvernements. Dans bon nombre de pays à faible revenu, mais riches en pétrole, les SPN sont souvent à cours de moyens financiers, leurs liquidités étant aspirées par le budget, par exemple au travers des subventions implicites élevées aux combustibles (quand le prix intérieur des combustibles à la consommation est maintenu artificiellement à un bas niveau) et, parfois, en raison de la corruption. Même quand les intentions des autorités sont bonnes, des objectifs concurrents peuvent conduire à des arbitrages délicats au plan politique. Ainsi, si le gouvernement doit procéder à un ajustement budgétaire, ce sera au détriment des ressources mises à la disposition de la SPN. Dada (2005) montre que les crédits budgétaires alloués aux SPN sont un déterminant significatif de leurs investissements l’année suivante. Par conséquent, l’absence d’investissement dans l’infrastructure de production pétrolière plusieurs années de suite laisserait entendre que les SPN ne sont pas en mesure de tirer pleinement parti du niveau actuel des cours.

Encadré 1.4.Les sociétés internationales et nationales dans un secteur pétrolier en mutation

Le poids grandissant des sociétés de production nationales (SPN) présente à la fois de nouveaux problèmes et des chances à saisir pour les sociétés de production internationales (SPI). Nous examinons dans cet encadré l’évolution des relations entre ces deux catégories de sociétés, et suggérons que le renforcement des partenariats entre elles—afin de mieux tirer parti des atouts et des besoins de chacune—améliorerait les perspectives d’augmentation des investissements dans l’ensemble du secteur pétrolier.

La structure des SPN, de même que leur gouvernance et leurs modalités de partenariat avec les SPI, varie énormément. L’augmentation de la production pétrolière en 2000–05 a généralement été supérieure dans les pays où les SPI étaient plus présentes1. L’essentiel des réserves mondiales se situe dans des pays où la production est en majeure partie contrôlée par les SPN, mais où la qualité des réglementations est moindre (cela reste vrai si l’on compare uniquement les pays en développement (tableau)).

L’industrie pétrolière mondiale conserve une structure oligopolistique, mais les SPN ont considérablement gagné en importance pour ce qui est du contrôle de la production. Vingt sociétés pétrolières nationales et internationales détiennent près de 80 % des réserves mondiales prouvées. Il est symptomatique que les quatre premières—qui possèdent 60 % des réserves mondiales—soient saoudienne, iranienne, iraquienne et koweïtienne, et aient la pleine propriété et le contrôle total de leurs puits. Par ailleurs, quelques-unes se développent rapidement en dehors de leurs frontières. Des entreprises telles que PetroChina, Petronas et Petrobras, qui se consacraient auparavant exclusivement à la production nationale, ont remporté des contrats internationaux lucratifs. Les SPN de pays importateurs de pétrole comme la Chine, le Japon et l’Inde, se sont très activement employées à mettre sur pied des entreprises étrangères en amont et à acquérir des actifs étrangers, comportement apparenté à celui des grandes SPI classiques. La différence tient à ce que ces stratégies sont souvent guidées par la politique de sécurité énergétique de leur pays. Par ailleurs, la distinction entre les deux catégories de sociétés s’estompe. Il n’est pas rare qu’un projet soit mené sous forme de coentreprise entre la SPN d’accueil, une SPI et une SPN étrangère.

Caractéristiques du secteur pétrolier dans les principaux pays producteurs de pétrole1 classés en fonction du contrôle exercé par les sociétés nationales sur la production2(En pourcentage, sauf indication contraire)
Pas de contrôle de l’État ou contrôleminoritaireContrôle majoritaire de l’État
Part des réserves mondiales en 20042872
Croissance moyenne de la production pétrolière, 2000–0516,76,1
Part du groupe de pays dans la production mondiale en 20054450
≪Qualité de la réglementation≫ moyenne (rang-centile)34633
Dette publique nette moyenne en 2005 en pourcentage du PIB4417
Pour mémoire
Nombre de pays concernés1915
Sources: BP Statistics; Perspectives de l’économie mondiale; Indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, 2004; estimations des services du FMI.

À savoir les 34 premiers pays en termes de réserves de pétrole prouvées en 2004. Ensemble, ils détiennent 98 % des réserves mondiales et assurent 94 % de la production mondiale de pétrole.

La plupart des SPN appartiennent entièrement à l’État, mais leur participation varie selon la catégorie et la quantité. Quelques pays n’ont pas de SPN.

La qualité réglementaire a trait à l’aptitude des autorités à formuler et à appliquer des politiques et des réglementations judicieuses qui favorisent le développement du secteur privé, sur la base d’une étude portant sur 204 pays. Plus le rang-centile est élevé, plus la qualité est élevée.

Sources: BP Statistics; Perspectives de l’économie mondiale; Indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, 2004; estimations des services du FMI.

À savoir les 34 premiers pays en termes de réserves de pétrole prouvées en 2004. Ensemble, ils détiennent 98 % des réserves mondiales et assurent 94 % de la production mondiale de pétrole.

La plupart des SPN appartiennent entièrement à l’État, mais leur participation varie selon la catégorie et la quantité. Quelques pays n’ont pas de SPN.

La qualité réglementaire a trait à l’aptitude des autorités à formuler et à appliquer des politiques et des réglementations judicieuses qui favorisent le développement du secteur privé, sur la base d’une étude portant sur 204 pays. Plus le rang-centile est élevé, plus la qualité est élevée.

Les partenariats entre différentes catégories d’entreprises devraient, en théorie, permettre à chaque partie d’apporter ses compétences mais, dans la pratique, les dissemblances entre les gros groupes pétroliers internationaux et les grandes SPN font que ces unions sont rares. Cela pourrait en partie tenir à leurs objectifs fondamentalement divergents et conflictuels, comme l’indique Marcel (2006). Les SPI veulent pouvoir prendre des participations, bénéficier de taux de rendement acceptables et d’incitations à améliorer la récupération du pétrole. Les SPN, pour leur part, souhaitent bénéficier de l’expertise administrative, technique et financière des SPI sans pour autant renoncer à la propriété et au contrôle de leurs réserves nationales2. Les dirigeants des SPN s’inquiètent parfois de la propension des SPI à surexploiter les champs pétrolifères dans le souci de satisfaire les attentes à court terme de leurs actionnaires, et craignent de ne pas avoir profité pleinement des accords de partage de la production par le passé. Plusieurs gouvernements ont récemment amendé les lois contractuelles et les règles qui gouvernent le partage de la production avec les investisseurs étrangers de manière à accentuer leur contrôle sur les ressources à des degrés divers (c’est le cas de la Bolivie, de l’Équateur, du Venezuela et de la Russie). De leur côté, les SPI ont exprimé leur mécontentement quant à la modification des ≪règles du jeu≫, aux retards qu’accusent les projets et à la structure bureaucratique des SPN. Elles estiment que les gouvernements d’accueil ne tiennent pas toujours correctement compte des risques liés à des conjonctures politiques et fiscales imprévisibles.

Des partenariats bien conçus pourraient entraîner une hausse de l’investissement dans l’ensemble du secteur pétrolier, surtout si les risques et les rendements de l’entreprise de production sont convenablement répartis. Étant donné que les SPN sont aujourd’hui propriétaires de la majeure partie des réserves mondiales, les SPI s’accommodent de la réalité, à savoir que, de plus en plus, elles devront à l’avenir conduire leurs activités dans le cadre de partenariats prévoyant une répartition des bénéfices et des responsabilités. De leur côté, les états-majors des SPN devront s’efforcer de créer un climat d’investissement plus stable et transparent, et d’améliorer la gouvernance de leurs sociétés. Une fois ces problèmes résolus, l’investissement mondial dans le secteur serait davantage en mesure de réagir aux incitations par les prix.

1 La plupart des SPN appartiennent entièrement à l’État, mais certaines (telles que Petrobras au Brésil, Sinopec en Chine et PDO à Oman) sont en partie détenues par des actionnaires privés. Quand les compagnies pétrolières forment des coentreprises, une nouvelle société ou filiale est généralement créée, dont la propriété est également répartie entre les partenaires.2 De fait, cela pourrait être l’une des raisons pour lesquelles la rentabilité des sociétés internationales de services pétroliers a été encore plus élevée que celle des sociétés d’exploration et de production de pétrole et de gaz depuis 2002 (graphique 1.17); leurs services sont très demandés par les SPN parce qu’elles fournissent le savoir-faire sans rivaliser pour les actifs des SPN.

Produits de base non énergétiques

L’indice des produits de base non énergétiques du FMI a progressé de 19 % en dollars entre janvier et juillet 2006 pour atteindre son niveau le plus élevé, en termes réels, depuis 1990 (tableau 1.6). Les cours des métaux ont augmenté de 32 % sur cette même période, essentiellement sous l’effet de la hausse des cours du cuivre, du zinc et du nickel, qui ont bondi de 60 % à 70 % en l’espace de six semaines, début mai, avant de reculer de 25 % à la fin juin. Les cours des métaux devraient encore fléchir au second semestre de 2006, mais néanmoins afficher une progression de 45 % sur l’année.

Tableau 1.6.Cours des produits de base non énergétiques(Variation en pourcentage de janvier à juillet 2006)
En

dollars

EU
Contribution1En droits

de tirage

spéciaux

(DTS)
Produits alimentaires10,735,98,4
Boissons−2,23,6−4,2
Matières premières agricoles4,09,21,8
Métaux32,051,329,2
Ensemble des produits non énergétiques18,5100,016,1
Sources: FMI, base de données des cours des produits de base; estimations des services du FMI.

Les contributions aux variations de l’indice global des cours non énergétiques en dollars EU et en DTS sont exprimées en pourcentage.

Sources: FMI, base de données des cours des produits de base; estimations des services du FMI.

Les contributions aux variations de l’indice global des cours non énergétiques en dollars EU et en DTS sont exprimées en pourcentage.

Si la demande demeure soutenue, les craintes relatives à l’offre ont également favorisé la hausse et la volatilité des cours. Bon nombre de producteurs, de cuivre, de zinc et de nickel notamment, ont pâti d’une dégradation de la qualité des minerais, de ruptures de production provoquées par des pannes et des glissements de terrain, et de conflits du travail. Qui plus est, les stocks mondiaux demeurent au plus bas niveau jamais atteint, tandis que la mise en exploitation des nouvelles capacités de production a été reportée en raison du coût élevé de l’énergie et du maté riel, ainsi que de la pénurie de main-d’œuvre. La vague d’intérêt des investisseurs pour les produits de base est allée de pair avec le resserrement des conditions du marché, mais, selon une analyse empirique des services du FMI, les opérations spéculatives (mesurées par le nombre de positions longues nettes des opérateurs non commerciaux) ont suivi, plutôt que provoqué, la hausse des cours (voir chapitre 5, encadré 5.1). Malgré la hausse escomptée des capacités de production des métaux cette année, les tensions sur le marché persisteront probablement jusqu’à ce que des capacités nouvelles et suffisantes entrent en exploitation, fin 2007–début 2008.

L’indice des prix alimentaires a augmenté de 11 % entre janvier et juillet 2006 (graphique 1.18). Les conditions météorologiques défavorables en début d’année ont pesé notablement sur la production céréalière, alors que la demande s’est maintenue à un niveau sans précédent, réduisant des stocks mondiaux déjà faibles. Les prix des aliments d’origine marine sont montés en flèche durant cette période, en grande partie par suite de la demande soutenue des pays européens. Les prix des boissons ont reculé de 2 % au cours des sept premiers mois, essentiellement en raison de l’offre supérieure de café. Pour l’ensemble de l’année 2006, les prix des produits alimentaires devraient progresser de 8 %, ceux des boissons de moins de 2 %.

Graphique 1.18.Produits de base non énergétiques

Source: calculs des services du FMI.

L’indice des cours des matières premières agricoles a grimpé de 4 % de janvier à juillet 2006, sous l’effet du renchérissement du caoutchouc naturel et du bois dur. La pénurie de caoutchouc naturel de 2005 s’est poursuivie en 2006, et les cours ont augmenté de 33 %, en partie parce que les cours du pétrole sont restés élevés et ont fait monter ceux du caoutchouc synthétique. Le cours du bois dur a continué de progresser, comme en 2005, principalement en raison de la demande soutenue en Chine. Les cours des matières premières devraient se tasser au second semestre de 2006, mais afficheront néanmoins une hausse globale de 5 % sur l’année.

Semi-conducteurs

Au premier semestre de 2006, la demande de semi-conducteurs a dépassé les prévisions, surtout dans le secteur des produits électroniques grand public (graphique 1.19). Les recettes totales des ventes mondiales ont progressé de 9 % en glissement annuel, en particulier sur le continent américain et dans la région Asie–Pacifique, sous l’effet d’une forte augmentation en volume; le nombre d’unités vendues a augmenté de 8 %, alors que les prix ont légèrement progressé. La Semiconductor Industry Association (SIA) a révisé à la hausse, à 10 %, ses prévisions concernant la croissance des ventes mondiales de semi-conducteurs en 2006 et prévoit que cette progression se poursuivra à peu près au même rythme en 2007 avant de ralentir au début de 2008.

Graphique 1.19.Marché des semi-conducteurs

(Données désaisonnalisées; variation trimestrielle en pourcentage d’une moyenne mobile sur trois mois, sauf indication contraire)

Sources: Semiconductor Industry Association; Semiconductor Equipment and Materials International (SEMI); VLSI Research; calculs des services du FMI.

Le segment des téléphones portables, en particulier ceux de troisième génération (3G), est celui qui connaît la progression la plus foudroyante parmi les principaux marchés finaux. Il n’est plus devancé que par celui des ordinateurs personnels en termes de consommation totale de puces. D’autres éléments moteurs de la demande sont les appareils photographiques numériques, les téléviseurs numériques et les lecteurs MP3, car la demande de produits faisant appel à une mémoire flash15 progresse. De fait, la croissance explosive de cette demande a drainé les capitaux du marché des mémoires DRAM, où l’expansion des capacités de production a par conséquent été limitée.

La persistance d’une demande soutenue et de taux élevés d’utilisation des capacités s’est traduite par une envolée des investissements dans le secteur des semi-conducteurs. Les dépenses d’investissement mondiales, dans la région Asie–Pacifique en particulier, devraient croître de 16 % en 2006. Bien que les stocks soient suffisants, la construction et la modernisation des fonderies se poursuit, plus d’un tiers de la nouvelle capacité prévue en 2007 devant être consacrée à la production de mémoires flash. C’est pourquoi des analystes sectoriels craignent que trop de capacités soient mises en exploitation à la fin de 2006, surtout si un ralentissement sur les principaux marchés de consommation pèse sur les dépenses en équipement.

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1Ces développements sont examinés en détail au chapitre I de l’édition de septembre 2006 du Global Financial Stability Report du FMI.
2Pour 2006, cette prévision est plus ou moins conforme au consensus du secteur privé et aux projections des autres organisations internationales, telles que l’OCDE; pour 2007, elle est supérieure d’environ ¼ de point au consensus.
3Selon les prix des options sur le pétrole, les marchés estimaient à 10 % en août 2006 les chances que le Brent dépasse 90 dollars le baril en décembre 2006.
4La récente croissance rapide du crédit bancaire au secteur des ménages est examinée en détail au chapitre II de l’édition de septembre 2006 du Global Financial Stability Report du FMI.
5Voir les éditions antérieures des Perspectives, y compris ≪Les déséquilibres mondiaux vus sous l’angle de l’épargne et de l’investissement≫ dans l’édition de septembre 2005 et ≪Cours du pétrole et déséquilibres mondiaux≫ dans l’édition d’avril 2006.
6La moyenne des cours au comptant du pétrole calculée par le FMI est une moyenne pondérée à parts égales des cours des bruts West Texas Intermediate, Brent, et Dubaï Fateh. Sauf indication contraire, tous les cours du pétrole mentionnés ci-après renvoient à cette moyenne.
7En Chine, les raffineurs seront désormais un peu plus motivés qu’auparavant pour approvisionner le marché intérieur; l’atténuation de la pénurie pourrait donc se traduire par une hausse de la consommation, laquelle avait été enrayée par le rationnement. En Inde, par contre, le prix du kérosène—un combustible très utilisé—n’a pas varié.
8La plupart des études indiquent que l’élasticité à court terme de la demande de pétrole par rapport au prix est très faible (de l’ordre de 0,01 % à 0,03 % en un an) et que l’effet de revenu tend à prédominer.
9Les capacités de l’Indonésie, de la République islamique d’Iran, du Nigéria et du Venezuela ne sont pas prises en compte dans les capacités immédiatement disponibles.
10L’OPEP a fait valoir que les fondamentaux du marché soutiennent un cours plancher de 50 dollars EU. Si les cours du pétrole diminuaient jusqu’à un montant proche de 50 dollars, l’OPEP réduirait vraisemblablement ses quotas.
11Les données relatives aux investissements effectués par les sociétés pétrolières internationales cotées sur les marchés boursiers des pays du G-7 sont tirées des bilans figurant dans la base de données Thomson Worldscope. Les chiffres ne sont pas toujours comparables compte tenu des normes comptables différentes et du nombre de sociétés déclarantes, qui varie au fil du temps.
12De nombreuses SPN font aussi face à ce problème (quoique moins dans le cas des très grosses productrices de pétrole où les compétences techniques ont été préservées). De plus, les coûts du matériel et des autres moyens de production sont en hausse du fait que leurs fournisseurs fonctionnent à pleine capacité.
13Aramco a déjà engagé un programme d’investissement de plus de 50 milliards de dollars EU sur trois à six ans pour augmenter ses capacités de production de près de 20 %, et celles de raffinage de 50 %; l’ADNOC prévoit d’accroître sa production de 30 % et KPC de 60 % à l’horizon 2020.
14D’après les informations sur les dépenses d’investissement et d’exploration de 19 SPN jusqu’à 2004 tirées du Oil and Gas Journal. Les SPN qui publient le montant de leurs investissements sont à l’origine de quelque 53 % de la production pétrolière totale des SPN. Il n’existe pas d’informations sur les investissements des quatre principales SPN du Moyen-Orient (Aramco, ADNOC, INOC et NIOC (Iraq)), et les données sur les autres sont incomplètes.
15La mémoire flash est une mémoire non volatile effaçable par voie électrique et reprogrammable. Elle conserve les données en l’absence de courant électrique. Elle est durable et fonctionne à faible voltage.

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