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Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
May 2007
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En dépit de la récente nervosité sur les marchés financiers, la croissance mondiale devrait rester vigoureuse en 2007 et en 2008, mais son rythme devrait ralentir quelque peu par rapport à 2006 (graphique 1.1). Par ailleurs, les perspectives semblent moins menacées qu’à l’époque de l’édition de septembre 2006 du rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale (ci-après Perspectives), car la baisse des cours du pétrole depuis août dernier et les conditions généralement favorables sur les marchés financiers internationaux ont contribué à limiter les répercussions de la correction du marché du logement américain et les tensions inflationnistes. Néanmoins, les événements récents sur les marchés ont souligné que les perspectives restent orientées à la baisse plutôt qu’à la hausse. Parmi les sources de préoccupation figurent le risque que le ralentissement soit plus brutal aux États-Unis si le secteur du logement continue de se détériorer; le risque que les investisseurs se détournent des actifs risqués davantage et de manière plus prolongée si les marchés financiers restent instables; le risque que les tensions inflationnistes s’intensifient alors que les écarts de production continuent de se combler, surtout en cas de nouvelle montée des cours du pétrole; et le risque peu probable mais très coûteux que les déséquilibres élevés de l’économie mondiale se résorbent de manière désordonnée. À plus long terme, plusieurs facteurs—dont le vieillissement de la population, la résistance croissante à la mondialisation et les conséquences d’une croissance rapide sur l’environnement—pourraient peser sur la productivité soutenue qui est à la base des bons résultats récents. Tout en restant vigilants aux risques macroéconomiques à court terme, les pouvoirs publics devraient tirer parti de la bonne tenue persistante de l’économie mondiale pour s’attaquer de manière plus ambitieuse aux problèmes structurels qui sont profondément ancrés.

Graphique 1.1.Indicateurs mondiaux1

(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)

La croissance mondiale reste supérieure à sa tendance, mais son rythme ralentit, ce qui limite les tensions inflationnistes. Le commerce mondial continue de progresser bien plus vite que la production.

1Les zones ombrées correspondent aux projections des services du FMI. Sauf indication contraire, les agrégats sont pondérés sur la base de la parité de pouvoir d’achat.

2Taux moyen de croissance des pays (somme pondérée en fonction de la parité de pouvoir d’achat). Au fil des ans, la pondération des pays à croissance plus rapide augmente, ce qui oriente la courbe vers le haut.

Conjoncture économique mondiale

La croissance mondiale a été vigoureuse en 2006, atteignant 5,4 % (¼ de point de plus que prévu dans l’édition de septembre 2006 des Perspectives (tableau 1.1 et graphique 1.2). Aux États-Unis, l’activité souffre fortement d’un ralentissement brutal du marché du logement, alors que l’investissement des entreprises dans les installations et équipements a fléchi aussi. Cependant, la consommation a été soutenue par la croissance persistante de l’emploi (surtout dans le secteur des services) et par la baisse des cours du pétrole après les records enregistrés en août. Dans la zone euro, la croissance s’est accélérée pour atteindre son rythme le plus rapide depuis six ans, la demande intérieure étant dopée par la confiance accrue des chefs d’entreprise et l’amélioration des marchés du travail, ainsi que par des facteurs exceptionnels, notamment la Coupe du monde de football et la poussée de la consommation en Allemagne avant la hausse de la TVA prévue pour janvier 2007. Au Japon, l’activité a ralenti au milieu de l’année, mais s’est redressée vers la fin de l’année.

Tableau 1.1.Perspectives de l’économie mondiale: aperçu des projections(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
Projections actuellesÉcart par rapport

aux projections

de septembre 2006
200520062007200820072008
Production mondiale4,95,44,94,9
Pays avancés2,53,12,52,7–0,2
États-Unis3,23,32,22,8–0,7–0,4
Zone euro1,42,62,32,30,30,3
Allemagne0,92,71,81,90,60,4
France1,22,02,02,4–0,2
Italie0,11,91,81,70,50,3
Espagne3,53,93,63,40,60,3
Japon1,92,22,31,90,2–0,1
Royaume-Uni1,92,72,92,70,10,2
Canada2,92,72,42,9–0,50,1
Autres pays avancés3,94,33,83,80,10,1
Nouvelles économies industrielles d’Asie4,75,34,64,60,20,2
Pays émergents et en développement7,57,97,57,10,30,2
Afrique5,65,56,25,80,30,5
Afrique subsaharienne6,05,76,86,10,50,7
Europe centrale et orientale5,56,05,55,30,50,5
Communauté des États indépendants6,67,77,06,40,50,2
Russie6,46,76,45,9–0,1–0,2
Russie non comprise6,99,78,37,51,91,1
Asie, pays en développement d’9,29,48,88,40,20,1
Chine10,410,710,09,5
Inde9,29,28,47,81,10,7
ASEAN-45,25,45,55,8–0,1–0,2
Moyen-Orient5,45,75,55,50,2
Hémisphère occidental4,65,54,94,20,60,4
Brésil2,93,74,44,20,50,3
Mexique2,84,83,43,5–0,1
Pour mémoire
Union européenne1,93,22,82,70,40,3
Croissance mondiale calculée sur la base des cours de change3,33,93,43,5
Volume du commerce mondial (biens et services)7,49,27,07,4–0,70,2
Importations
Pays avancés6,17,44,75,7–1,30,1
Pays émergents et en développement12,115,012,512,20,41,1
Exportations
Pays avancés5,68,45,55,8–0,50,1
Pays émergents et en développement11,210,610,49,9–0,2
Cours des produits de base (en dollars EU)
Pétrole141,320,5–5,56,6–14,68,2
Produits de base hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération des exportations mondiales de produits de base)10,328,44,2–8,89,00,3
Prix à la consommation
Pays avancés2,32,31,82,1–0,6–0,1
Pays émergents et en développement5,45,35,44,90,30,3
Taux du LIBOR à six mois (en pourcentage)2
Dépôts en dollars3,85,35,35,1–0,2–0,4
Dépôts en euros2,23,13,83,70,1–0,1
Dépôts en yen0,10,40,91,2–0,2–0,3
Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 26 janvier et le 23 février 2007. Voir l’appendice statistique pour détails, groupes et méthodologies.

Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2006 était de 64,27 dollars le baril; hypothèse pour 2007: 60,75 dollars le baril; et pour 2008: 64,75 dollars le baril.

Taux à six mois pour le dollar EU et le yen. Taux à trois mois pour l’euro.

Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 26 janvier et le 23 février 2007. Voir l’appendice statistique pour détails, groupes et méthodologies.

Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2006 était de 64,27 dollars le baril; hypothèse pour 2007: 60,75 dollars le baril; et pour 2008: 64,75 dollars le baril.

Taux à six mois pour le dollar EU et le yen. Taux à trois mois pour l’euro.

Graphique 1.2.Indicateurs courants et avancés

(Variations en pourcentage par rapport à l’année précédente, sauf indication contraire)

Selon les indicateurs de la production industrielle et du commerce, le rythme de la croissance mondiale a ralenti quelque peu depuis la mi-2006, bien que les indicateurs généralement positifs de confiance restent de bon augure pour le court terme.

Sources: confiance des chefs d’entreprise: pour les États-Unis, Institute for Supply Management; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Banque du Japon. Confiance des consommateurs: pour les États-Unis, Conference Board; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Bureau du Premier Ministre. Pour les autres indicateurs: Haver Analytics.

1Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Russie, Singapour, province chinoise de Taiwan, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.

3Les données sur la confiance des consommateurs au Japon sont fondées sur un indice de diffusion, où des valeurs supérieures à 50 indiquent un raffermissement de la confiance.

4Les données pour la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Russie ont été calculées par interpolation.

Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance rapide a été tirée par la Chine et l’Inde. Le taux de croissance en Chine a atteint 10¾ % en 2006, grâce à la croissance de l’investissement et des exportations, en dépit d’un ralentissement au deuxième semestre, alors qu’une politique économique plus restrictive a contribué à freiner le rythme de l’investissement en actifs fixes. En Inde, l’expansion a pris de l’ampleur dans le courant de l’année, la croissance sur un an atteignant 9¼ %. Ailleurs, la croissance est généralement restée vigoureuse aussi, grâce aux cours élevés des produits de base et aux conditions favorables sur les marchés de capitaux.

La croissance vigoureuse et la hausse des cours mondiaux du pétrole au premier semestre de 2006 ont fait craindre une poussée d’inflation, mais les tensions se sont modérées au second semestre, du fait d’un resserrement des politiques monétaires et d’un retournement de la tendance sur le marché du pétrole (graphique 1.3). Les baisses des cours du pétrole depuis le mois d’août s’expliquent dans une large mesure par une atténuation des tensions sécuritaires au Moyen-Orient, un meilleur équilibre entre l’offre et la demande sur le marché pétrolier et des conditions climatiques favorables au deuxième semestre de 2006 (appendice 1.1). Dans les pays avancés, l’inflation mesurée par l’indice général des prix à la consommation a reculé assez brutalement après l’été du fait de la baisse du coût des combustibles. L’inflation hors énergie et alimentation a reculé modérément. Aux États-Unis, elle est restée légèrement au-dessus de la zone de confort implicite de la Réserve fédérale, et celle-ci maintient inchangé le taux des fonds fédéraux depuis juin, mettant en balance les risques d’un ralentissement économique et la crainte persistante de l’inflation. Au Japon, l’inflation reste désagréablement proche de zéro après une révision à la baisse de l’indice des prix à la consommation, et la Banque du Japon n’a relevé son taux directeur que très graduellement depuis qu’elle a abandonné sa politique de taux nul en juillet 2006. La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre et d’autres banques centrales européennes ont continué de retirer l’impulsion monétaire du fait de la vigueur de l’activité économique. Quelques pays émergents—notamment la Chine, l’Inde et la Turquie—ont durci leur politique monétaire par crainte d’une croissance trop rapide, d’une surchauffe et (dans le cas de la Turquie) de tensions extérieures, mais, globalement, l’évolution de l’inflation est restée favorable.

Graphique 1.3.Inflation mondiale

(Variations annualisées en pourcentage d’une moyenne mobile sur trois mois par rapport à la moyenne précédente sur trois mois, sauf indication contraire)

L’inflation et les anticipations inflationnistes ont généralement reculé depuis la mi-2006, grâce à la baisse des cours du pétrole et au durcissement monétaire.

Sources: Haver Analytics et calculs des services du FMI.

1Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède et zone euro.

2Afrique du Sud, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Pologne, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande.

3En pourcentage; rendement nominal moins rendement indexé sur l’inflation des titres à dix ans.

Les anticipations d’une persistance de la croissance vigoureuse et d’une diminution des craintes d’inflation ont contribué à la bonne tenue des marchés financiers internationaux pendant la majeure partie de la période depuis le milieu de 2006. Les marchés sont plus instables depuis fin février, mais il semble que ce soit une correction modeste après une période de hausse des prix des actifs, et non un changement d’opinion fondamental de la part des marchés (voir le Global Financial Stability Report d’avril 2007 pour de plus amples détails). En dépit des baisses récentes, les marchés d’actions des pays avancés restent proches de leurs records, grâce à la croissance vigoureuse des bénéfices (graphiques 1.4 et 1.5). Les rendements obligataires à long terme ont en général baissé depuis le milieu de 2006, les marges sur les actifs risqués se sont rétrécies dans la plupart des compartiments du marché et la volatilité des marchés a été extrêmement faible jusqu’il y a peu. Les marchés émergents d’obligations et d’actions ont rebondi vigoureusement après les turbulences de mai–juin 2006, alors que les craintes concernant un durcissement prolongé de la politique monétaire américaine se sont atténuées, et ces marchés restent proches de leurs records même après la correction récente (graphique 1.6). Les flux de capitaux vers les pays émergents sont demeurés élevés sur toute l’année 2006, l’Asie et les pays émergents d’Europe continuant d’en attirer une grande partie, et les entreprises ont remplacé les États souverains comme source principale de la demande (tableau 1.2).

Graphique 1.4.Évolution des marchés financiers matures

Les anticipations d’une croissance vigoureuse persistante et d’une modération des tensions sur les prix depuis mi-2006 ont encouragé l’activité sur les marchés d’actions et une baisse des taux longs. La croissance du crédit a ralenti un peu, mais reste forte.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; CEIC Data Company Limited; Haver Analytics; OCDE; FMI, International Financial Statistics; autorités nationales; calculs des services du FMI.

1Obligation d’État à dix ans moins bon du Trésor à trois mois.

Graphique 1.5.Indicateurs des marchés financiers matures

Les taux d’intérêt réels sont généralement inférieurs à leur moyenne à long terme, de même que les coefficients de capitalisation des résultats sur les marchés d’actions et les marges des entreprises. La volatilité reste faible en général.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Merrill Lynch; Thomson Financial; calculs des services du FMI.

1Par rapport à l’inflation non corrigée. Écarts par rapport à la moyenne 1990–2006.

2Coefficients de capitalisation des résultats avancés sur douze mois, moyenne mobile sur trois mois des écarts par rapport à la moyenne de 1990 à mars 2007.

3Moyenne mobile sur trois mois des écarts par rapport à la période 2000–mars 2007.

4VIX: indice de volatilité de la Bourse d’options de Chicago. Il s’agit d’une moyenne pondérée de la volatilité implicite pour les huit options d’achat et de vente du S&P 500.

Graphique 1.6.Pays émergents: conditions de financement

Les marchés émergents sont généralement restés porteurs, en dépit d’épisodes récurrents de volatilité. Sur de nombreux marchés, les cours des actions ont atteint de nouveaux records, alors que les marges souveraines sont proches de leur plus bas niveau. La croissance du crédit reste rapide.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Capital Data; FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

1Moyenne de la corrélation croisée glissante sur trente jours entre les marges des marchés obligataires émergents.

Tableau 1.2.Pays émergents et en développement: flux nets de capitaux1(Milliards de dollars EU)
1996–981999200020012002200320042005200620072008
Total
Flux nets de capitaux privés2159,374,656,770,288,3173,3238,6257,2255,8252,7259,3
Investissements directs nets142,3177,4168,6182,8152,2165,3190,0266,3266,9283,7288,9
Investissements de portefeuille nets60,060,111,4–80,5–90,9–12,125,029,4–76,3–62,0–52,2
Autres flux nets de capitaux privés–43,0–162,9–123,4–32,126,920,123,5–38,565,230,922,6
Flux nets de capitaux publics320,222,4–34,26,62,3–44,5–57,8–122,6–143,8–96,4–116,6
Variation des réserves4–72,6–98,2–131,2–120,6–198,9–358,9–508,2–590,1–738,4–715,5–716,4
Pour mémoire
Solde des transactions courantes5–72,134,4123,586,8132,3229,4299,7511,6638,5548,6567,1
Afrique
Flux nets de capitaux privés26,59,0–4,22,20,92,712,318,320,228,639,9
Investissements directs nets5,88,67,623,113,515,416,827,019,121,929,4
Investissements de portefeuille nets5,09,1–1,8–7,9–1,6–0,55,44,118,512,313,6
Autres flux nets de capitaux privés–4,3–8,7–10,0–13,0–11,0–12,2–9,8–12,8–17,4–5,7–3,1
Flux nets de capitaux publics35,04,17,76,58,66,44,3–1,8–3,810,110,8
Variation des réserves4–4,2–0,4–12,8–9,7–5,5–11,4–32,7–42,3–48,4–44,9–56,3
Europe centrale et orientale
Flux nets de capitaux privés227,436,338,710,954,052,574,7117,5121,1109,0117,7
Investissements directs nets14,922,724,124,024,116,234,550,165,862,662,0
Investissements de portefeuille nets1,75,33,10,41,76,526,920,98,112,114,4
Autres flux nets de capitaux privés10,88,311,6–13,428,329,913,346,447,134,341,2
Flux nets de capitaux publics3–0,5–2,41,66,0–7,5–5,0–6,6–8,3–4,9–3,1–3,3
Variation des réserves4–8,8–12,1–6,0–3,0–18,5–11,5–13,6–48,2–21,2–14,9–22,1
Communauté des
États indépendants6
Flux nets de capitaux privés2–5,3–13,5–27,67,215,817,97,737,665,738,028,6
Investissements directs nets5,54,72,34,95,25,412,914,433,122,226,1
Investissements de portefeuille nets2,2–0,9–10,0–1,20,4–0,58,1–3,113,90,40,3
Autres flux nets de capitaux privés–13,0–17,3–19,93,510,213,0–13,426,318,815,42,1
Flux nets de capitaux publics3–1,0–1,8–5,8–4,9–10,4–8,9–7,3–22,1–32,6–3,6–4,3
Variation des réserves45,1–6,4–20,3–14,5–15,1–31,8–53,8–75,6–126,9–108,4–98,7
Pays émergents d’Asie7
Flux nets de capitaux privés236,9–1,94,523,525,469,2142,569,753,930,7–5,8
Investissements directs nets56,070,959,852,052,673,168,0105,8102,496,194,1
Investissements de portefeuille nets16,054,119,6–50,2–60,17,811,2–8,1–99,4–78,9–88,8
Autres flux nets de capitaux privés–35,1–127,0–74,821,632,8–11,663,4–27,950,913,5–11,1
Flux nets de capitaux publics35,98,5–10,9–12,04,1–16,6–7,0–2,8–9,8–5,4–7,5
Variation des réserves4–45,1–84,8–59,1–85,4–154,3–234,3–339,0–284,1–365,6–410,6–424,0
Moyen-Orient8
Flux nets de capitaux privés211,8–3,8–10,0–5,5–19,44,7–12,0–19,9–15,514,434,8
Investissements directs nets7,04,44,912,39,717,88,817,612,019,618,2
Investissements de portefeuille nets0,5–8,6–1,2–13,5–17,4–14,9–14,0–14,9–5,0–3,34,4
Autres flux nets de capitaux privés4,30,4–13,7–4,3–11,61,8–6,8–22,5–22,5–1,912,2
Flux nets de capitaux publics35,28,0–20,5–14,2–9,8–24,6–32,5–57,1–75,0–93,2–112,0
Variation des réserves4–8,1–2,0–31,2–11,6–3,1–33,7–45,7–106,6–129,7–79,4–75,9
Hémisphère occidental
Flux nets de capitaux privés282,048,555,231,911,526,213,333,910,432,044,2
Investissements directs nets53,166,170,066,547,237,549,151,434,561,359,1
Investissements de portefeuille nets34,61,01,7–8,1–13,9–10,5–12,530,5–12,4–4,63,9
Autres flux nets de capitaux privés–5,7–18,6–16,5–26,5–21,8–0,9–23,3–48,0–11,6–24,7–18,8
Flux nets de capitaux publics35,66,2–6,425,217,44,3–8,7–30,4–17,7–1,2–0,4
Variation des réserves4–11,47,4–1,83,5–2,4–36,2–23,4–33,4–46,5–57,4–39,3
Pour mémoire
Pays exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés2–5,4–27,2–57,0–12,7–11,212,7–14,9–6,8–2,611,136,4
Pays non exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés2164,8101,8113,682,999,5160,6253,4264,0258,4241,6223,0

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissements nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

En raison des lacunes présentées par ces données, les ≪autres flux nets de capitaux privés≫ peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Hors dons et y compris les investissements à l’étranger des organismes publics d’investissement.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement d’Asie et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Y compris Israël.

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissements nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

En raison des lacunes présentées par ces données, les ≪autres flux nets de capitaux privés≫ peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Hors dons et y compris les investissements à l’étranger des organismes publics d’investissement.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement d’Asie et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Y compris Israël.

Sur les marchés des changes, le ralentissement de la croissance aux États-Unis et l’expansion vigoureuse en Europe occidentale ont entretenu les anticipations d’un rétrécissement des écarts de taux d’intérêt, et ont contribué à un affaiblissement du dollar américain principalement vis-à-vis de l’euro et de la livre sterling. En valeur effective réelle, le dollar américain s’est déprécié de 4 % sur l’ensemble de 2006, tandis que l’euro et la livre sterling se sont appréciés d’environ 7 % (graphique 1.7). Le yen aussi a continué de s’affaiblir en 2006, en dépit de la hausse de l’excédent des transactions courantes du Japon, car l’effritement de la ≪préférence nationale≫ parmi les investisseurs intérieurs et la faiblesse des taux d’intérêt ont continué d’encourager les sorties de capitaux. Cependant, le yen a regagné du terrain au début de 2007, la volatilité accrue des marchés ayant contribué au dénouement d’opérations spéculatives sur écart de rendement. Le renminbi s’est déprécié légèrement en valeur effective réelle en dépit d’une légère accélération de son appréciation vis-à-vis du dollar ces derniers mois et d’une nouvelle hausse de l’excédent des transactions courantes de la Chine, à 9 % du PIB (graphique 1.8). En valeur effective réelle, les monnaies des pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient se sont dépréciées modérément, bien qu’une croissance vigoureuse des exportations de pétrole ait porté l’excédent de leurs transactions courantes à 21 % du PIB.

Graphique 1.7.Secteur extérieur des principaux pays avancés

Le dollar américain s’est déprécié modérément en valeur effective réelle depuis fin 2005, mais le déficit courant des États-Unis reste élevé. Le solde courant de la zone euro est proche de l’équilibre, tandis que l’euro s’est apprécié. Le Japon maintient un excédent courant considérable, tandis que le yen est tombé largement au-dessous de sa moyenne à long terme en valeur effective réelle.

Sources: Haver Analytics et calculs des services du FMI.

Graphique 1.8.Secteur extérieur des pays émergents

Les variations des taux de change nominaux pendant l’année écoulée ont généralement rapproché les taux de change effectifs réels des pays émergents de leur moyenne historique. En Chine et au Moyen-Orient, les excédents courants ont continué d’augmenter.

Source: calculs des services du FMI.

1Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

2Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

3Hongrie, Pologne et République tchèque.

4Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, République du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Kenya, Madagascar, Mali, Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Tchad et Zambie.

5Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, République islamique d’Iran, Jordanie Koweït, Liban, Libye, Oman, Qatar, République arabe syrienne et République du Yémen.

6Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

Perspectives et risques à court terme

La croissance mondiale devrait rester vigoureuse en 2007 et en 2008: une décélération modeste par rapport au rythme rapide de 2006 rapprochera la croissance de son potentiel et aidera à limiter les tensions inflationnistes dans les cinquième et sixième années de l’expansion en cours. La croissance mondiale ralentira à 4,9 % en 2007, environ ½ point de moins qu’en 2006 et un taux correspondant à la prévision de l’édition de septembre 2006 des Perspectives, et maintiendrait ce rythme en 2008 (graphique 1.9). Dans les principaux pays avancés, comme le décrit plus en détail le chapitre 2, le tassement de la croissance sur un an en 2007 sera le plus prononcé aux États-Unis, même si l’économie américaine devrait se redresser dans le courant de l’année et en 2008 à mesure que l’effet de freinage du secteur du logement se dissipe. La croissance devrait aussi ralentir dans la zone euro, en partie à cause du retrait progressif de l’impulsion monétaire et de la poursuite du rééquilibrage budgétaire, ainsi que de la disparition des facteurs exceptionnels, alors que le rythme de l’expansion resterait plus ou moins le même au Japon.

Graphique 1.9.Perspectives mondiales

(PIB réel; variations en pourcentage sur quatre trimestres)

Après une année record en 2006, la croissance mondiale devrait ralentir en 2007 et en 2008, mais elle restera élevée.

Sources: Haver Analytics et estimations des services du FMI.

1Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

3Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne et République tchèque.

4Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance demeurera vigoureuse, quoique un peu moins rapide qu’en 2006: elle continuera de bénéficier des conditions favorables sur les marchés de capitaux internationaux et de la bonne tenue des cours des produits de base en dépit de certaines baisses récentes. En Chine, la croissance ralentira graduellement en 2007 et en 2008 par rapport à son taux très élevé de 2006, tandis que le rythme de l’expansion fléchira aussi en Inde, en partie à cause d’un resserrement de la politique économique en réaction aux craintes de surchauffe. Les pays riches en produits de base d’Afrique, de la Communauté des États indépendants (CEI), du Moyen-Orient et d’Amérique latine continueront de prospérer; en Afrique, la croissance s’accélérera en 2007 sous l’effet de la mise en exploitation de nouveaux champs pétrolifères. Les pays émergents d’Europe et le Mexique seront un peu plus touchés par les retombées d’un ralentissement de la croissance en Europe et aux États-Unis.

Les chances de révision à la baisse et à la hausse de ce scénario d’atterrissage en douceur semblent plus équilibrées que lors de la parution de l’édition de septembre 2006 des Perspectives, mais les risques de dégradation restent plus élevés. Comme l’indique le graphique en éventail (partie supérieure du graphique 1.10), les services du FMI sont d’avis qu’il y a une chance sur cinq environ que la croissance tombe audessous de 4 % en 2008. La partie inférieure du graphique 1.10 présente l’évaluation actuelle par les services du FMI des principaux facteurs de révision à la hausse et à la baisse des prévisions de croissance de la production pour les douze prochains mois, par rapport à l’évaluation effectuée dans l’édition de septembre 2006 des Perspectives. Le secteur du logement américain, les tensions inflationnistes du côté de l’offre, le marché pétrolier et un éventuel ajustement désordonné des déséquilibres mondiaux semblent représenter un peu moins de risques ces derniers mois, mais ils restent une source de préoccupation. Les risques liés à l’hypertension des marchés financiers semblent avoir augmenté modérément. Pour ce qui est des facteurs de révision à la hausse, la demande intérieure dans les pays émergents pourrait être plus élevée que prévu, de même que la demande intérieure en Europe occidentale.

Graphique 1.10.Perspectives à la hausse ou à la baisse?

Les risques de révision à la baisse de la croissance liés au secteur du logement américain, aux tensions inflationnistes et à l’offre de pétrole semblent moins menaçants aujourd’hui qu’il y a six mois.

Source: estimations des services du FMI.

1Ce graphique en éventail indique l’incertitude entourant la prévision centrale des Perspectives avec des intervalles de probabilité de 50 %, 70 % et 90 %. L’intervalle de confiance de 70 % inclut l’intervalle de confiance de 50 %, et l’intervalle de confiance de 90 % inclut les intervalles de confiance de 50 % et 70 %. Voir encadré 1.3 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives.

2Le graphique indique la contribution de chaque facteur à la ≪balance≫ globale des facteurs qui influent sur la croissance mondiale; celle-ci est illustrée par l’asymétrie de la densité de probabilité pour la croissance du PIB mondial dans le graphique en éventail. Les perspectives sont orientées à la baisse si la probabilité des résultats en deçà de la prévision centrale dépasse 50 % (encadré 1.3 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives). La somme des barres pour chaque prévision est égale à la différence entre la valeur attendue de la croissance mondiale découlant de la distribution des résultats (la densité de probabilité) dans le graphique en éventail et la prévision centrale de la croissance du PIB mondial. Cette différence et l’asymétrie de la densité de probabilité dans le graphique en éventail dépendent aussi de l’écart-type des erreurs de prévision dans le passé—qui, entre autres, varie selon le terme de l’horizon de prévision. Pour rendre les facteurs comparables d’une période à l’autre, leurs contributions sont transformées par changement d’échelle de manière à tenir compte des différences dans les écarts-types.

Marché du logement américain. Le ralentissement du marché du logement aux États-Unis a été plus marqué que prévu dans l’édition de septembre 2006 des Perspectives, et l’investissement résidentiel pèsera sensiblement sur le PIB américain au deuxième semestre de 2006. Au cours des derniers mois, des signes préliminaires de stabilisation ont été observés au moins du côté de la demande: les ventes de maisons existantes, les demandes de crédit hypothécaire et les intentions d’acheteurs potentiels se sont en général stabilisées ou accrues. Cependant, la correction n’est pas terminée. Les mises en chantier et les permis de bâtir demeurent orientés à la baisse, tandis que les stocks de nouvelles maisons invendues sont au plus haut depuis quinze ans. Par ailleurs, les tensions s’intensifient dans le secteur des prêts hypothécaires avec surprime—qui représente environ 12 % du marché hypothécaire total—sous la forme d’une nette augmentation des taux d’impayés. Dans ce secteur, les normes établies pour l’octroi de prêts et l’évaluation des demandes de prêt ont manifestement été assouplies de manière excessive. Des signes de détérioration sont observés aussi dans les prêts hypothécaires ≪Alternative-A≫, bien que les taux d’impayés pour les prêts hypothécaires de première catégorie restent limités. Les problèmes qui s’intensifient sur le marché des prêts hypothécaires avec surprime pourraient commencer à avoir des retombées plus larges sur le marché du logement, car l’augmentation des confiscations pourrait encore accroître les stocks de maisons invendues, et le durcissement des conditions d’octroi de prêts pourrait peser sur la demande de logements. Il faudra encore attendre plusieurs trimestres pour assister à une inversion de la tendance dans la construction résidentielle.

La question fondamentale est de savoir si les difficultés persistantes du secteur du logement auront des retombées plus larges sur l’économie américaine. La hausse des prix du logement continue de ralentir au niveau national, et les prix baissent carrément dans de nombreuses zones métropolitaines. Néanmoins, les finances des ménages semblent encore solides. Les plus-values sur actions réalisées au cours de l’année écoulée ont ramené le patrimoine net des ménages à leurs sommets antérieurs. Par ailleurs, la trésorerie des ménages reste soutenue par la croissance de l’emploi et du revenu. Comme les taux d’intérêt demeurent faibles, les obligations au titre du service de la dette semblent généralement acceptables. Il est de l’avis général que les problèmes du secteur du logement n’auront pas de conséquences majeures, à condition que la croissance de l’emploi et du revenu reste vigoureuse. Toutefois, le risque subsiste que les retombées soient plus larges, surtout si le durcissement des conditions d’octroi de prêts dans le secteur des prêts hypothécaires avec surprime entraînait une réévaluation plus large de l’offre de crédit dans l’ensemble de l’économie ou si la trésorerie des ménages s’affaiblissait. Il y aurait alors un ralentissement plus profond et plus prolongé, ou même une récession, aux États-Unis, avec peutêtre une contagion internationale.

Demande intérieure en Europe occidentale. Les pays d’Europe occidentale ont terminé l’année 2006 par une croissance robuste au quatrième trimestre, et celle-ci pourrait être plus vigoureuse que prévu dans la projection de référence des Perspectives. Cette révision à la hausse potentielle semble concerner en particulier l’Allemagne, où la consommation pourrait s’affermir pour être plus en rapport avec l’amélioration des paramètres fondamentaux et la croissance plus forte de l’emploi, surtout si les salaires se redressent et si l’effet négatif de la hausse de la TVA sur la demande au début de 2007 s’avère plus modéré que prévu. Au Royaume-Uni aussi, la demande intérieure pourrait être plus vigoureuse que prévu en dépit du récent durcissement de la politique monétaire, étant donné l’accélération des prix du logement au cours de l’année écoulée.

Demande intérieure dans les pays émergents. Dans leurs projections, les services du FMI ont sousestimé systématiquement la croissance des pays émergents ces dernières années, la Chine et l’Inde ayant toujours obtenu des résultats supérieurs aux prévisions. Une tendance similaire pourrait se reproduire en 2007. Il n’est pas évident que l’économie chinoise ralentira de manière soutenue sous l’effet des mesures restrictives limitées qui ont été prises en 2006, alors qu’en Inde, l’expansion vigoureuse pourrait être maintenue en dépit des relèvements récents des taux d’intérêt. Ces deux pays, ainsi que d’autres pays émergents importateurs de pétrole de manière plus générale, bénéficieront largement des récentes baisses des cours du pétrole. Dans les pays exportateurs de produits de base, il semble y avoir un risque de révision à la baisse des projections en raison du fléchissement récent des prix de leurs exportations. Ce risque semble limité cependant, puisque les cours du pétrole et des métaux restent élevés par rapport au passé et que, en dépit des baisses récentes des cours, le volant de recettes budgétaires demeure substantiel. Des compressions brutales des programmes de dépenses publiques semblent donc peu probables au stade actuel.

Inflation dans les pays avancés. Les tensions inflationnistes dans les pays avancés se sont atténuées dans l’ensemble et la probabilité que les banques centrales doivent relever leurs taux d’intérêt plus que prévu aujourd’hui par les marchés semble moindre que l’été dernier. Cela dit, la situation reste préoccupante. Aux États-Unis, l’inflation hors énergie et alimentation sur douze mois continue de s’établir légèrement au-dessus de la zone de confort implicite de la Réserve fédérale et certains indicateurs salariaux ont augmenté au cours de l’année écoulée. Par ailleurs, un ralentissement progressif de la croissance de la productivité accentue la pression des coûts, et il est très difficile de savoir dans quelle mesure il s’agit d’un phénomène cyclique ou d’une modération de la croissance potentielle (graphique 1.11). Au Royaume-Uni, l’inflation se situe maintenant bien au-dessus de l’objectif de la Banque d’Angleterre, en dépit d’un durcissement de la politique monétaire. Dans la zone euro, les hausses des prix et des salaires restent modérées, mais les taux de chômage sont tombés au plus bas du cycle, les taux d’utilisation des capacités sont élevés et des tensions inflationnistes pourraient apparaître dans l’année à venir si les marchés du travail restent caractérisés par une pénurie de main-d’œuvre (graphique 1.12). De manière plus générale, après quatre années de croissance mondiale vigoureuse et de rétrécissement des écarts de production dans les pays émergents, il existe au moins une possibilité que l’effet de freinage de la concurrence mondiale sur les politiques des prix et des salaires dans les pays avancés commence à s’atténuer, alors que le risque d’une montée des cours des produits de base subsiste (voir examen au chapitre 3 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives).

Graphique 1.11.Évolution de la productivité et du coût de la main-d’œuvre dans les pays avancés1

(Variations en pourcentage sur quatre trimestres)

Le ralentissement de la productivité et la hausse des rémunérations ont poussé à la hausse les coûts unitaires de main-d’œuvre aux États-Unis. Cependant, la hausse des coûts unitaires de main-d’œuvre a ralenti en Europe—la productivité a augmenté—et continue de s’affaiblir au Japon.

Sources: Haver Analytics; OCDE, Perspectives économiques; calculs des services du FMI.

1Les estimations portent sur le secteur des entreprises non agricoles aux États-Unis et sur l’ensemble de l’économie pour la zone euro et le Japon.

Graphique 1.12.Écart de production et tensions sur les capacités1

La croissance soutenue a réduit les écarts de production et les taux de chômage. Les plus fortes contraintes de capacité dans les secteurs des produits de base ont contribué à une nette hausse des cours du pétrole et des métaux.

Sources: OCDE, Perspectives économiques; estimations des services du FMI.

1Les estimations du taux de chômage compatible avec une inflation stable viennent de l’OCDE. Celles de l’écart de production, en pourcentage du PIB potentiel, reposent sur des calculs des services du FMI.

2Moyenne simple du cours au comptant des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate.

Offre de pétrole. La baisse globale des cours du pétrole depuis août 2006 a offert un ballon d’oxygène bienvenu à l’économie mondiale, notamment en soutenant le pouvoir d’achat des ménages et en atténuant les craintes d’inflation. Cependant, la remontée des cours depuis le début de 2007, en raison de l’intensification des tensions géopolitiques, rappelle que le marché pétrolier demeure une source importante de volatilité potentielle. Les perspectives de baisses substantielles des cours par rapport aux niveaux récents devraient être modérées aussi longtemps que l’expansion mondiale actuelle est soutenue, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’étant engagée à réduire sa production si les cours fléchissent. Par ailleurs, les capacités inutilisées restent assez faibles (en dépit d’une modeste augmentation ces derniers mois) et une détérioration de la sécurité au Moyen-Orient ou des perturbations de l’offre pourraient encore entraîner une autre envolée des cours. Cette crainte est prise en compte dans les prix des options sur le pétrole: les marchés sont d’avis que les cours risquent clairement de monter plutôt que de descendre. Le 2 avril, les marchés d’options indiquaient que les cours du pétrole avaient une chance sur six de dépasser 88 dollars le baril d’ici la fin de 2007. L’encadré 1.1 examine plus en détail les conséquences d’une montée des cours pour l’économie mondiale, en soulignant que les effets économiques négatifs d’un choc sur l’offre seraient bien plus prononcés que ceux d’une envolée des cours induite par la demande.

Instabilité financière. Bien que les turbulences sur les marchés financiers en février–mars 2007 semblent être d’une ampleur limitée, elles rappellent de manière salutaire les risques financiers structurels. Les dernières années ont été inhabituelles pour les marchés, avec des taux d’intérêt réels relativement bas et une instabilité très faible, en dépit du durcissement monétaire opéré par les principales banques centrales. On peut craindre que, comme noté dans l’édition d’avril 2007 du Global Financial Stability Report, la recherche du rendement ait conduit à une plus grande prise de risques dans des marchés et des instruments moins bien compris. Si cette stratégie donne de bons résultats lorsque les marchés restent porteurs, les baisses des cours, la hausse de la volatilité et l’apparition de pertes sur prêts pourraient entraîner une réévaluation des stratégies d’investissement et une réduction de positions qui sont devenues impossibles à tenir, ce qui pourrait avoir de sérieuses répercussions macroéconomiques.

Les problèmes apparus récemment sur le marché des prêts hypothécaires avec surprime aux États-Unis illustrent cette préoccupation. Si l’effet direct semble restreint (en partie à cause de la taille limitée de ce compartiment par rapport au marché dans son ensemble), l’effet indirect pourrait être plus prononcé. Par exemple, les institutions financières engagées dans le marché des prêts avec surprime, notamment en mettant sur pied des instruments de crédit structurés qui sont garantis par des prêts avec surprime, sont en proie à des difficultés. On craint aussi que l’apparition de politiques de prêt laxistes et la hausse des taux d’impayés sur les prêts avec surprime annoncent une tendance similaire sur d’autres compartiments du marché—parmi lesquels les prêts hypothécaires de première catégorie, le crédit à la consommation, le papier commercial à rendement élevé et d’autres nouveaux produits garantis. Un durcissement général des normes d’octroi de prêts et des conditions de crédit aux États-Unis auraient des effets plus vastes. Jusqu’à présent, du moins, le marché des prêts hypothécaires de première catégorie et le papier commercial à rendement élevé ont été peu touchés, mais il faut surveiller cette question de près.

Une autre source de préoccupation examinée dans l’édition d’avril 2007 du Global Financial Stability Report a trait à la hausse récente des acquisitions avec effet de levier et des rachats d’actions, souvent par des sociétés de capital–risque. Si l’endettement des entreprises reste très faible globalement, il augmente dans certains secteurs, et on craint que l’échec de l’une de ces opérations ne suscite des doutes sur ces opérations de manière plus générale. Par ailleurs, le rôle croissant des fonds de couverture dont les activités sont peu réglementées et non transparentes suscite des préoccupations. Dans une certaine mesure, les risques pourraient être limités par des améliorations structurelles des marchés, notamment une meilleure gestion du risque grâce au développement et à la liquidité de plus en plus grande des marchés de dérivés, mais les nouvelles structures n’ont pas été totalement mises à l’épreuve dans des conditions financières difficiles. Il convient donc d’être vigilant pour veiller à ce que l’augmentation de l’endettement et de la prise de risque ne conduise pas à l’accumulation de sérieux facteurs de vulnérabilité.

Les risques dans les pays émergents méritent de recevoir une attention particulière, car l’histoire regorge d’exemples de fortes expansions suivies de récessions dévastatrices. Il est encourageant de noter que les pays émergents ont généralement continué de tirer parti de la conjoncture mondiale favorable. Ils ont renforcé le bilan de leur secteur public, notamment en réduisant le ratio de la dette publique au PIB; ils ont amélioré la structure de leur dette par monnaie et par échéance, et ils ont accumulé des réserves de change. Ils ont aussi renforcé la crédibilité de leur politique monétaire en s’attaquant en temps voulu à des problèmes qui prenaient de l’importance—par exemple, en freinant la croissance rapide de l’investissement en Chine, en adoptant un train de mesures pour réduire le déficit budgétaire élevé en Hongrie et en durcissant la politique monétaire face à la montée des tensions inflationnistes en Turquie. Cette gestion responsable s’est traduite par une amélioration persistante des notations et une baisse des marges souveraines à des niveaux proches des records.

Néanmoins, les hausses récentes des prix des actifs et la réduction des primes de risque dans les pays émergents ne sont peut-être pas pleinement justifiées par une amélioration de leurs paramètres fondamentaux. Parmi les facteurs de vulnérabilité figurent la persistance d’un ratio d’endettement public élevé dans quelques pays, surtout en Amérique latine, et l’accumulation rapide de prêts bancaires et de dettes dans le secteur privé, en particulier dans les pays émergents d’Europe et les pays de la CEI. En mai–juin 2006, les remous provoqués dans les pays émergents par la hausse des taux d’intérêt et de la volatilité dans les pays avancés ont rappelé de manière salutaire les tensions qui peuvent apparaître. Par ailleurs, la possibilité d’une inversion désordonnée des sorties de capitaux du Japon au titre d’opérations spéculatives sur écart de rendement a suscité des préoccupations, même s’il est peu probable qu’un renversement puisse être aussi brutal qu’en 1998 étant donné la plus grande diversification en monnaies et l’augmentation du nombre d’investisseurs depuis cette époque. Les pays qui pourraient être mis particulièrement sous pression dans un contexte financier extérieur plus difficile sont ceux qui restent fort tributaires des entrées de capitaux, ceux qui ont peutêtre laissé leurs bilans devenir plus vulnérables ou ceux dont la gestion macroéconomique n’est peut-être pas encore totalement crédible.

Déséquilibres de l’économie mondiale. Au cours des six derniers mois, des progrès encourageants ont été accomplis dans la maîtrise des déséquilibres mondiaux élevés et du risque qu’une résorption désordonnée de ces déséquilibres perturbe sérieusement l’économie mondiale. Il faut ainsi noter une nouvelle baisse de la valeur effective réelle du dollar américain, un assouplissement des régimes de change dans les pays asiatiques qui affichent un excédent des transactions courantes, un recul des cours mondiaux du pétrole et un léger rééquilibrage de la croissance de la demande intérieure dans l’économie mondiale. Le déficit commercial hors pétrole des États-Unis a été réduit en pourcentage du PIB en 2006, grâce à l’accélération des exportations, tandis que les engagements extérieurs nets des États-Unis auraient de nouveau diminué modérément selon les estimations, du fait de la dépréciation du dollar et des plus-values substantielles réalisées sur les portefeuilles d’actions étrangères (voir chapitre 3). Dans ces conditions, comme indiqué précédemment, le dollar s’est déprécié principalement vis-à-vis de l’euro et de la livre sterling, alors que les monnaies des principaux pays en situation d’excédent—Chine, Japon et pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient—se sont généralement dépréciées en valeur effective réelle.

Néanmoins, la combinaison de ces facteurs n’a pas modifié substantiellement les perspectives. Selon des projections qui reposent sur les taux de change réels et les politiques économiques d’aujourd’hui, les déséquilibres mondiaux resteront élevés dans un avenir proche (graphique 1.13). Il est prévu que le déficit des transactions courantes des États-Unis sera inférieur d’environ 1 point de PIB à la prévision de l’édition de septembre 2006 des Perspectives, mais demeurera voisin de 6 % du PIB en 2012, la détérioration du solde du revenu net compensant une amélioration durable de la balance commerciale. En conséquence, la position extérieure débitrice nette des États-Unis se détériorerait substantiellement faute de plus-values. L’augmentation rapide de l’absorption intérieure et la baisse des cours du pétrole ont orienté à la baisse les excédents prévus dans les pays exportateurs de pétrole, mais l’excédent prévu pour la Chine a augmenté pour avoisiner 10 % du PIB en 2012, car récemment les exportations ont continué d’augmenter plus rapidement que les importations.

Graphique 1.13.Soldes des transactions courantes et avoirs extérieurs nets

(En pourcentage du PIB mondial)

Dans le scénario de référence, qui repose sur des taux de change effectifs réels inchangés, les déséquilibres mondiaux des comptes courants restent considérables pendant toute la période de projection, le déficit courant américain restant supérieur à 1,5 % du PIB mondial. En conséquence, la position nette des engagements extérieurs des États-Unis continuera de se détériorer faute des plus-values qui ont réduit ces engagements ces dernières années.

Sources: Lane and Milesi-Ferretti (2006); estimations des services du FMI.

1Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Guinée équatoriale, République islamique d’Iran, Koweït, Libye, Nigéria, Norvège, Oman, Qatar, République du Congo, République arabe syrienne, République du Yémen, Russie, Turkménistan et Venezuela.

2Chine, Corée, Hong Kong (RAS), Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande.

Jusqu’à présent, les capitaux étrangers nécessaires pour financer le déficit courant élevé des États-Unis ont été disponibles, mais, parmi ces entrées de capitaux, les prises de participation ont fait place au fil du temps aux titres de créance et, parmi ceux-ci, les bons du Trésor à des titres plus risqués. Cette évolution laisse entrevoir une vulnérabilité croissante aux variations de l’opinion des marchés, surtout si les rendements des actifs américains restent inférieurs aux rendements ailleurs. Il est donc toujours à craindre qu’à un moment donné des ajustements plus substantiels soient nécessaires pour que la structure des positions des transactions courantes à l’échelle mondiale continue de cadrer avec la volonté des investisseurs internationaux d’accroître leurs créances nettes sur les États-Unis. Il faudra veiller à ce que ce processus soit relativement souple, et qu’il ne s’agisse pas d’un ajustement désordonné qui serait bien plus déstabilisateur (voir encadré 1.3 de l’édition de septembre 2006 des Perspectives).

L’évolution de la structure de l’épargne et de l’investissement jouera un rôle important dans un processus d’ajustement ordonné. À terme, on peut s’attendre que la croissance de la consommation américaine ralentisse pour que l’épargne retrouve un niveau plus normal après une période où elle a été remplacée par les plus-values sur le logement et les actions. En Chine, le ratio aujourd’hui faible de la consommation au PIB devrait augmenter à mesure que le financement de la consommation devient plus facilement disponible et que l’épargne de précaution se justifie moins du fait du renforcement du dispositif de protection sociale et de la hausse de la prospérité, alors que les pays exportateurs de pétrole devraient continuer d’accroître leur capacité d’absorption grâce aux progrès de leurs programmes d’investissement.

Des variations des taux de change effectifs réels pourraient jouer un rôle important pour faciliter une résorption ordonnée des déséquilibres mondiaux, sans fortes variations cycliques ou surajustement de la production globale. À l’appui de cette hypothèse, le chapitre 3 présente des données qui indiquent que les variations des taux de change ont été des éléments importants d’ajustements extérieurs dans le passé, en facilitant une réorientation des ressources entre secteurs. Il est noté aussi dans ce chapitre que le pessimisme quant à l’élasticité–prix des biens échangés aux États-Unis—selon lequel les flux commerciaux ne sont pas sensibles aux variations des taux de change—est exagéré. Si les variations des taux de change à court terme réagissent aux facteurs conjoncturels et sont difficiles à prédire, des mouvements des taux de change induits par le marché qui, à moyen terme, pourraient faciliter une résorption ordonnée des déséquilibres et un rééquilibrage international de la demande seraient une nouvelle dépréciation substantielle du dollar américain et une appréciation du renminbi, du yen et des monnaies des pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, en valeur effective réelle.

Encadré 1.1.Comprendre le lien entre le cours du pétrole et l’économie mondiale

Même si le cours du pétrole n’atteint plus les sommets d’août 2006, sa variabilité continue de représenter des risques considérables pour l’économie mondiale si des mesures ne sont pas prises pour réduire la demande et créer des capacités additionnelles. Sur la base de l’expérience des années 70, une idée répandue est que les chocs pétroliers provoquent les récessions. Cependant, le passé récent dément cette idée—les cours du pétrole sont environ deux fois et demie plus élevés qu’en 2002, mais cette hausse n’a apparemment pas eu beaucoup de conséquences pour l’économie mondiale. Ce paradoxe apparent démontre qu’il est nécessaire d’identifier l’origine de l’augmentation des cours du pétrole, en particulier pour faire la distinction entre le rôle des facteurs de l’offre et de la demande.

Cours du pétrole et PIB mondial

(Sauf indication contraire, l’augmentation des cours du pétrole est induite par l’offre)

Source: estimations des services du FMI.

1Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence.

2Pourcentage du PIB, écart en points de pourcentage par rapport au scénario de référence.

3Points de pourcentage, écart par rapport au scénario de référence.

Cet encadré examine ces questions à l’aide d’une version élargie du Global Economic Model (GEM) pour analyser les causes et les conséquences de la variation des cours du pétrole1. Il étudie également l’effet d’un relèvement des taxes pétrolières sur l’économie mondiale. Il convient de préciser d’emblée que l’analyse ne tente pas d’évaluer l’importance relative des facteurs de l’offre et de la demande dans la récente envolée des cours. Elle met plutôt l’accent sur la modélisation des circuits d’interaction entre les cours du pétrole et la croissance2.

Conséquences macroéconomiques mondiales d’une montée des cours du pétrole induite par l’offre

Pour commencer, examinons le cas où les pays exportateurs de pétrole limitent l’offre (comme dans les années 70). Le cours du pétrole augmente brutalement (100 % au pic de la simulation), ce qui se traduit par un ralentissement de l’économie mondiale, car le revenu est redistribué aux pays exportateurs de pétrole qui ont une propension à la dépense moindre que les pays importateurs de pétrole. En outre, la montée des cours accroît le coût de la production et pousse à la hausse le niveau global des prix. Cela encourage les banques centrales à relever les taux d’intérêt, ce qui—conjugué à l’effet direct sur les coûts à la production—pèse davantage sur l’activité à court terme. En conséquence, le PIB mondial s’établit à 1,4 % au-dessous du niveau de référence au plus bas et l’inflation mondiale progresse d’environ 1,5 point (premier graphique).

Les conséquences macroéconomiques régionales d’une augmentation du cours du pétrole varient selon que le pays est exportateur ou importateur net de pétrole et selon son intensité pétrolière. Les exportateurs de pétrole dégagent un excédent commercial élevé, qui peut aller jusqu’à 6 % environ du PIB au-dessus du niveau de référence, et connaissent aussi une expansion vigoureuse. Par contre, les pays importateurs de pétrole souffrent d’une détérioration de leur solde extérieur et d’un ralentissement de l’activité. L’effet est plus marqué dans les pays émergents d’Asie, principalement parce que l’intensité pétrolière y est plus élevée que dans les pays avancés.

Dans l’ensemble, les effets sur l’inflation et sur le PIB dans ce scénario sont nettement moins prononcés que ceux observés dans nombre de pays industrialisés dans les années 70. Premièrement, cela s’explique en partie par une diminution de l’intensité pétrolière de la consommation et de la production, ce qui réduit les effets directs sur l’inflation et les effets à moyen et à long terme sur le PIB. Deuxièmement, ces simulations supposent que les banques centrales qui ciblent l’inflation de manière prospective relèvent promptement les taux d’intérêt pour éviter une montée des anticipations inflationnistes et des répercussions sur les salaires et autres prix, contrairement à ce qui s’est passé dans les années 70. Troisièmement, nombre de pays ont opéré des réformes qui ont assoupli les marchés du travail et de produits, facilitant ainsi un ajustement plus rapide des prix relatifs aux chocs des cours du pétrole. Conjuguées à des politiques monétaires crédibles qui ont ancré les anticipations inflationnistes à plus long terme, ces améliorations structurelles ont permis de contenir les tensions inflationnistes causées par la hausse du cours du pétrole sans trop étouffer la production. Cependant, les simulations ne prennent pas en compte les effets éventuels sur la confiance des entreprises et des consommateurs, ni les éventuelles perturbations sur les marchés de capitaux, y compris les difficultés rencontrées par les pays pour financer le déficit de leurs transactions courantes3.

Effet d’une augmentation des taxes sur l’essence

(Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence, sauf indication contraire)

Source: estimations des services du FMI.

1Pourcentage du PIB, écart en points de pourcentage par rapport au scénario de référence.

2Les chiffres négatifs indiquent une appréciation.

Chocs persistants sur la productivité

Les réactions macroéconomiques sont très différentes lorsque les cours du pétrole sont tirés par un choc sur la demande. Envisageons une situation où les capacités de production pétrolière inutilisées sont faibles et où la sensibilité de l’offre aux variations des cours est très limitée du court au moyen terme. Dans ce cas, une forte accélération de la croissance de la productivité dans les pays importateurs de pétrole qui accroît de manière permanente la croissance mondiale d’un demi-point entraîne une montée des cours du pétrole à court terme qui se prolonge à moyen terme (voir premier graphique). Cette réaction des cours reflète la faible élasticité à court terme de l’offre: de nouvelles capacités de production doivent être mises en exploitation pour satisfaire une augmentation de la demande actuelle et future. Néanmoins, l’évolution à court terme du PIB mondial est à l’opposé de celle résultant d’une hausse des cours induite par l’offre, parce que la montée des cours est causée par une croissance plus vigoureuse4.

Que changeraient des taxes plus élevées sur l’essence?

Le faible niveau des capacités inemployées et la montée des cours du pétrole ont fait prendre davantage conscience des conséquences de l’utilisation croissante du pétrole aujourd’hui et à l’avenir. Par ailleurs, la consommation d’hydrocarbures, notamment de produits pétroliers, est une source considérable des émissions de CO2 qui modifient le climat—un coût qui n’est pas internalisé par le marché. En conséquence, d’aucuns proposent de relever les taxes sur la consommation de pétrole et il est utile de se pencher sur les conséquences macroéconomiques d’une telle décision.

Examinons les conséquences d’une augmentation, au niveau mondial, des taxes sur l’essence de 10 points, conjuguée à une réduction correspondante des impôts sur les revenus du travail qui maintient inchangée l’orientation budgétaire (deuxième graphique)5. La taxe sur l’essence encourage une substitution progressive de la consommation d’énergie qui se développe régulièrement au fil du temps à cause de la faible élasticité de la demande de pétrole à court terme. En revanche, les cours du pétrole diminuent d’environ 7 % sous le choc, d’où un transfert de richesse en dehors des pays exportateurs de pétrole. Les implications macroéconomiques sont l’inverse de celles de la montée des cours du pétrole induite par l’offre, les bénéficiaires étant les pays importateurs de pétrole et non plus les pays exportateurs. Les États-Unis et les pays émergents d’Asie enregistrent une accélération de la croissance, une amélioration de la position extérieure et une augmentation de la consommation—une évolution renforcée par une appréciation de leur monnaie en valeur réelle et par une réduction, grâce à la hausse des taxes sur le carburant, des impôts sur les revenus, sources de distorsions6. Par contre, les pays exportateurs de pétrole souffrent d’une détérioration de leur solde extérieur et d’un ralentissement de leur croissance. Dans l’ensemble toutefois, le PIB mondial progresse légèrement—l’impôt frappant non plus un facteur de production (travail) mais un bien dont la demande est moins élastique par rapport aux prix: il est donc peut-être possible de mettre au point un système qui permettrait de répartir les accroissements de revenu d’une manière équitable entre les régions.

Note: Selim Elekdag et Douglas Laxton, avec l’appui de Susanna Mursula, sont les auteurs de cet encadré. Ce travail fait fond sur des travaux antérieurs de Dirk Muir, René Lalonde et Paolo Pesenti.1Pour une description du modèle, voir Elekdag et al. (2006). Les régions du modèle sont les pays exportateurs de pétrole, les États-Unis, les pays émergents d’Asie et un bloc résiduel de pays importateurs de pétrole.2Pour un examen du rôle des facteurs de l’offre et de la demande lors de la récente augmentation des cours du pétrole, voir le chapitre 5 de l’édition d’avril 2005 des Perspectives.3Ces projections ne prennent pas non plus complètement en compte l’impact potentiel du cours plus élevé du pétrole sur les autres substituts d’énergie, ni le rôle des facteurs spéculatifs qui peuvent exacerber les primes de risque qui leur sont associés.4Si la même augmentation de la productivité est envisagée dans une version du modèle qui n’inclut pas le pétrole, le PIB mondial progresse un peu plus à court et à moyen terme que dans le modèle qui inclut le pétrole. Il semble donc que même si les cours élevés du pétrole ont pesé sur la croissance mondiale, ces effets soient relativement mineurs.5La structure du GEM fait explicitement la distinction entre la matière première (pétrole brut) et les produits pétroliers raffinés (essence) consommés directement par les ménages, ce qui permet d’examiner en détail l’effet du relèvement des taxes sur l’essence.6On obtiendrait des effets à moyen terme similaires sur le PIB mondial si l’on utilisait les recettes fiscales supplémentaires pour financer des investissements publics productifs.

Contagion: l’économie mondiale peut-elle se découpler d’un ralentissement aux États-Unis?

En analysant les facteurs de risque, il convient de garder à l’esprit que les chocs peuvent se transmettre rapidement d’un pays à l’autre par des circuits commerciaux et financiers, qui conduisent à une structure complexe d’interactions et d’effets de contagion. L’intégration croissante de l’économie mondiale au cours des vingt dernières années accroît probablement ce risque de contagion. Par ailleurs, on s’inquiète toujours en particulier du risque de contagion en provenance des États-Unis, qui restent l’économie dominante au plan mondial, avec 20 % des importations mondiales et le marché financier le plus actif et le plus avancé. Le risque de contagion a été mis en évidence par les événements de 2000–01 lorsque l’éclatement de la bulle technologique aux États-Unis a fait rapidement sentir ses effets dans le monde entier, avec une baisse brutale des marchés boursiers et de l’investissement des entreprises dans le contexte d’une réévaluation plus générale des perspectives. Donc, dans la conjoncture actuelle, une question fondamentale est de savoir si l’économie mondiale pourrait se découpler d’un ralentissement plus brutal que prévu aux États-Unis.

Jusqu’à présent, le ralentissement de l’activité aux États-Unis semble avoir eu un effet limité audelà de leurs voisins immédiats, le Canada et le Mexique. Comme noté au chapitre 4 du présent rapport, qui examine en détail la question des retombées internationales, l’évolution récente s’explique peut-être par divers facteurs. Premièrement, le ralentissement américain concerne principalement le secteur résidentiel, dont le contenu en importations est relativement faible. Deuxièmement, les retombées sont généralement modérées dans le cas d’un ralentissement au milieu d’un cycle, par rapport à celles d’une véritable récession. Troisièmement, jusqu’à présent du moins, le ralentissement du secteur du logement est un événement propre aux États-Unis, puisque ailleurs les marchés du logement restent dynamiques, contrairement aux perturbations communes à de nombreux pays (comme un choc pétrolier ou l’éclatement de la bulle des technologies de l’information en 2000–01) qui ont généralement été la source des récessions mondiales synchronisées dans le passé. Quatrièmement, la solidité croissante des bilans des entreprises et l’amélioration de l’emploi en Europe ont dopé la demande intérieure et réduit la dépendance à l’égard de la croissance des exportations nettes.

Cependant, un nouveau ralentissement de l’économie américaine qui s’étendrait de plus en plus à la consommation et à l’investissement des entreprises en 2007 poserait des problèmes, d’autant que l’activité dans la zone euro ralentira probablement. Il y aurait aussi des risques importants de contagion dans les pays émergents d’Asie et ailleurs, en particulier si la croissance chinoise fléchissait plus brutalement. Il ressort de l’analyse du chapitre 4 que, face à cette contagion, il serait important que les pouvoirs publics réagissent en temps voulu d’une manière souple et prospective pour atténuer les retombées d’un affaiblissement de la demande extérieure.

Une crainte particulière a trait aux interactions éventuelles entre les économies qui ralentissent, les fluctuations des taux de change et les tensions protectionnistes. Une nouvelle dépréciation brutale du dollar américain qui résulterait de mauvaises données économiques pourrait être problématique, surtout si la pression à la hausse se concentrait sur un petit nombre de monnaies, comme à la fin de 2006. La situation serait encore plus compliquée si des variations soudaines des taux de change, dans un contexte de ralentissement de l’activité et de montée du chômage, provoquaient un regain de protectionnisme. Ce risque est d’autant plus saillant que le grand public se préoccupe de plus en plus de l’effet de la mondialisation des marchés sur ceux qui sont moins bien placés pour tirer parti de nouvelles opportunités. Nous revenons sur ce point plus loin.

L’essor de la productivité peut-il être maintenu à moyen terme?

Ces dernières années ont constitué une période remarquable pour l’économie mondiale, la croissance de la production mondiale ayant atteint de manière durable son taux le plus élevé depuis le début des années 70, avec de fortes augmentations dans presque toutes les régions. L’inflation a dans l’ensemble été limitée aux faibles niveaux atteints à la fin des années 90, alors qu’une série de chocs et de turbulences—notamment de fortes hausses des cours du pétrole et d’autres produits de base, ainsi que des corrections sur quelques marchés surévalués de valeurs mobilières et du logement—ont été surmontés dans une large mesure sans effet de contagion majeur entre secteurs ou régions.

Quelles sont les sources de cette prospérité mondiale et cet élan peut-il être maintenu? Selon Rajan (2006), la croissance vigoureuse de la productivité est un facteur d’explication essentiel de ces récents résultats exceptionnels. Le dynamisme de la productivité a rendu possible une croissance robuste des bénéfices, ainsi qu’une augmentation des salaires réels, a permis d’absorber de fortes hausses des cours des produits de base sans poussée inflationniste et a contribué à l’accroissement de la valeur des actifs qui a soutenu la consommation et l’investissement.

Il est bien connu que la croissance de la productivité s’est accélérée aux États-Unis au milieu des années 90, dans une large mesure grâce à l’utilisation croissante des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais la croissance de la productivité a été vigoureuse et s’est accélérée aussi dans les pays émergents et les pays en développement pendant la même période. Le graphique 1.14 illustre ce point sur la base d’un indicateur de productivité brut mais facilement disponible (production par rapport à la population en âge de travailler). Des études détaillées qui reposent sur des indicateurs plus précis de la productivité totale des facteurs confirment cette tendance, surtout pour les pays et les régions qui ont subi des transformations structurelles majeures—notamment la Chine, l’Inde et les pays émergents d’Europe, qui ont accompli des progrès spectaculaires dans l’ouverture de leur économie et l’exécution de réformes de marché1.

Graphique 1.14.Productivité mondiale1

(Hausse annuelle en pourcentage; moyenne mobile sur trois ans)

La productivité mondiale s’est accélérée ces dernières années, portée par les pays émergents et les pays en développement. Si les résultats soutenus de la Chine depuis le début des années 90 sont particulièrement impressionnants, la croissance de la productivité est vigoureuse aussi dans les pays émergents d’Asie et d’Europe depuis plusieurs années.

Sources: Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde (2006); calculs des services du FMI.

1PIB réel/population en âge de travailler.

La forte croissance de la productivité a été soutenue par les progrès technologiques, la libéralisation du système commercial mondial, la hausse des flux de capitaux internationaux et le renforcement des cadres de politique macroéconomique et des systèmes financiers. Le chapitre 5 du présent rapport examine comment la croissance rapide du commerce international et l’arrivée de nouvelles technologies ont permis de dégrouper le processus de production—les activités manufacturières et les services étant délocalisés dans des endroits où les coûts sont plus faibles sur un marché de plus en plus mondial, d’où des gains de productivité à la fois dans les pays d’origine et les pays d’accueil. Ce processus a été appuyé par des initiatives importantes de libéralisation du commerce, parmi lesquelles l’entrée des pays de l’ancien bloc de l’Est dans une zone de libre-échange avec l’Union européenne en 1994, la participation du Mexique à l’Accord de libre-échange nord-américain à partir de 1994, l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et la réduction unilatérale progressive des obstacles au commerce en Inde depuis le début des années 90. Ce déplacement de la structure de production a été soutenu aussi par la mobilité internationale croissante des capitaux, en particulier la montée de l’investissement direct étranger dans les pays émergents, qui a non seulement offert des moyens de financement, mais a aussi conduit à la diffusion de nouvelles technologies et de compétences de gestion.

Un autre élément à retenir dans le passé récent est que la croissance de la productivité a été vigoureuse alors même que l’investissement est resté relativement modéré dans le monde entier. Le chapitre 2 de l’édition de septembre 2005 des Perspectives examine plus en détail l’évolution de l’investissement et de l’épargne à l’échelle mondiale. Depuis ce rapport, le ratio de l’investissement mondial au PIB a progressé légèrement, mais il reste faible par rapport au passé (graphique 1.15). Il est intéressant de noter que l’augmentation récente de l’investissement est le fait presque exclusif de la Chine, où la transformation économique a créé tous ces débouchés (graphique 1.16). Par ailleurs, l’épargne en dehors des pays avancés a continué d’augmenter, principalement du fait de la hausse de l’épargne publique et privée en Chine et de l’épargne publique dans les pays producteurs de pétrole, bien que des projets d’augmentation des dépenses publiques soient maintenant bien engagés.

Graphique 1.15.Épargne, investissement et soldes des transactions courantes

(En pourcentage du PIB mondial)

L’investissement mondial a augmenté pendant le cycle actuel, mais reste faible par rapport au passé, surtout dans les pays industrialisés. La hausse correspondante de l’épargne est le fait exclusif des pays émergents et des pays producteurs de pétrole, qui affichent des excédents élevés des transactions courantes.

Sources: base de données analytique de l’OCDE; Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde (2006); calculs des services du FMI.

1Y compris la Norvège.

Graphique 1.16.Épargne et investissement dans les pays émergents et les pays producteurs de pétrole

(En pourcentage du PIB de chaque sous-région)

Bien que le ratio investissement/PIB ait augmenté substantiellement en Chine ces dernières années, la hausse du ratio d’épargne a été encore plus spectaculaire. Ailleurs en Asie, l’investissement est resté généralement assez faible. La montée des cours du pétrole a entraîné une forte augmentation de l’épargne dans les pays producteurs de pétrole.

Sources: base de données analytique de l’OCDE; Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde (2006); calculs des services du FMI.

1Pays émergents d’Asie de l’Est hors Chine.

Cette évolution de l’investissement et de l’épargne a contribué à mettre en place des conditions financières généralement favorables à l’échelle mondiale, avec des taux d’intérêt réels à long terme à un bas niveau et peu de volatilité, même si les politiques monétaires ont été durcies. L’expansion américaine a donc continué de tirer parti de la croissance vigoureuse de la consommation en dépit du ralentissement du marché du logement, et le déficit croissant des transactions courantes qui en résulte a été financé sans pression à la hausse sur les taux d’intérêt à long terme. L’évolution du système financier mondial a joué un rôle important, notamment la capacité des États-Unis de créer des actifs présentant des caractéristiques attrayantes en matière de liquidité et de gestion des risques, ainsi que le rôle persistant du dollar américain comme monnaie de réserve internationale (voir chapitre 4 de l’édition de septembre 2006 des Perspectives).

Quels facteurs pourraient enrayer cette tendance favorable? Il existe plusieurs raisons de penser que la croissance de la productivité mondiale pourrait ralentir dans la période à venir. Le ralentissement récent de la croissance de la productivité aux États-Unis s’explique peut-être dans une certaine mesure par un affaiblissement de l’impulsion des progrès dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, ainsi que par des facteurs cycliques normaux. La plupart des pays sont à la traîne des États-Unis dès lors qu’il s’agit de recueillir le fruit des avancées des technologies de l’information et devraient donc être en mesure d’accomplir des progrès de manière persistante. Cependant, à cet effet, ils devront, entre autres, opérer des réformes soutenues pour réduire les obstacles réglementaires et intensifier la concurrence, en particulier dans des services tels que le commerce de gros, la distribution et la finance, où la productivité américaine a été très élevée2.

Une deuxième source de préoccupation est que la croissance de la productivité mondiale sera peut-être moins soutenue par la libéralisation des échanges dans les années à venir. La relance récente du cycle de Doha de libéralisation multilatérale est notée avec grande satisfaction—des gains d’efficience considérables, en particulier dans les secteurs agricoles, seraient réalisés si le cycle était mené à bon terme. Le processus de libéralisation bilatérale et régionale des échanges pourrait se poursuivre, mais ce n’est pas un substitut: ces accords—qui concernent déjà environ un tiers des échanges mondiaux—sont par nature moins bénéfiques que la libéralisation sur la base de la nation la plus favorisée et peuvent être contre-productifs s’ils ne sont pas bien conçus.

Par ailleurs, il existe un risque sérieux d’une montée du protectionnisme dans les années à venir, qui annulerait une partie des gains résultant de l’intégration de l’économie mondiale. On s’inquiète déjà de l’adoption récente de mesures d’anti-dumping et de sauvegarde dans le monde entier—et les mesures anti-commerce pourraient s’intensifier dans le contexte d’un ralentissement cyclique et d’une montée du chômage qui renforcerait les craintes du grand public concernant l’effet de la mondialisation sur la distribution du revenu, en particulier dans les pays avancés. Le chapitre 5 examine comment la croissance rapide du commerce international et la mondialisation du marché du travail, conjuguées à la mise en place de nouvelles technologies, ont accru considérablement le revenu dans les pays avancés et dans les pays en développement, et ont influé sur sa distribution. Ce chapitre présente des données selon lesquelles la baisse récente de la part du travail dans les pays avancés s’explique davantage par les progrès technologiques que par la concurrence croissante d’une main-d’œuvre mondiale en plein essor. Néanmoins, on pourrait davantage aider ceux dont l’emploi est peut-être particulièrement touché par l’évolution récente de la technologie et du commerce, notamment en améliorant les systèmes d’éducation, en assouplissant les marchés du travail et en mettant en place des systèmes de protection sociale qui atténuent les effets du changement économique sans y faire obstacle.

Troisièmement, les contraintes en matière d’environnement et de ressources à l’échelle mondiale vont probablement coûter de plus en plus cher. Les efforts déployés jusqu’à présent pour s’attaquer au problème à long terme du réchauffement planétaire ont été limités et partiels—peu de pays devraient atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 sur la période 2008–12 qui sont énoncés dans le protocole de Kyoto. Les conséquences économiques à long terme des changements climatiques sont de plus en plus reconnues, et la communauté internationale s’intéresse de plus en plus à des mesures de réduction des émissions de CO2 qui accroîtraient inévitablement le coût des activités économiques même si elles éviteraient des conséquences bien plus graves à long terme. Par exemple, selon le récent rapport Stern sur les conséquences économiques des changements climatiques, la stabilisation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère coûtera environ 1 % du PIB par an; faute de quoi, la consommation mondiale diminuerait de 5 % ou plus à long terme, surtout dans les pays à faible revenu des régions tropicales3. Au-delà des conséquences pour l’environnement, les coûts marginaux de la production d’énergie sont déjà en hausse, car les réserves pétrolières plus faciles à exploiter en dehors d’un petit nombre de très gros producteurs sont en voie d’épuisement et une part croissante de la production hors OPEP s’effectuera dans des installations offshore beaucoup plus chères ou à partir de dépôts de faible teneur et difficiles à extraire tels que les sables asphaltiques.

Quatrièmement, le vieillissement de la population, en particulier dans les pays avancés, pose des problèmes pour le maintien de la croissance de la productivité. À mesure que diminue la part des nouveaux entrants dans la population active, il deviendra plus difficile de rehausser continuellement la base de connaissances, surtout en ce qui concerne la frontière technologique, et il existe des risques d’asymétrie entre les qualifications et les besoins. La hausse du ratio personnes à charge/population en âge de travailler sera aussi une source de tensions budgétaires, car le coût des retraites et des soins de santé augmentera. Comme noté à l’encadré 1.2, il faudra opérer des ajustements substantiels—de l’ordre de 4 % du PIB dans les pays du G-7—pour garantir la viabilité des finances publiques face à la hausse de ces coûts. Cela poussera à relever les taux d’imposition qui auront un coût d’efficience. Dans une certaine mesure, des politiques d’immigration plus libérales et des politiques de natalité pourraient aider à résoudre ces problèmes, mais ne pourraient que partiellement compenser le vieillissement de la population.

Un ralentissement de la croissance de la productivité aurait des conséquences sur l’investissement et la consommation, ainsi que sur la résorption des déséquilibres mondiaux. Pour maintenir les taux de croissance du PIB face à un ralentissement de la croissance de la productivité totale des facteurs, il faudra accumuler le capital plus rapidement que pendant l’expansion actuelle. Par ailleurs, la croissance de la consommation pourrait être freinée par une révision à la baisse des anticipations de croissance du revenu, bien qu’une hausse de la consommation soit probable parce qu’une part croissante de la population dans les pays avancés partira à la retraite et que la population des pays en croissance rapide d’Asie de l’Est, en particulier la Chine, s’adaptera à de nouveaux niveaux d’affluence et que leur épargne de précaution diminuera. Il est difficile de prévoir avec précision l’importance relative de ces forces complexes qui influent sur l’épargne et l’investissement, mais il semble probable que la période récente de ≪surabondance de l’épargne≫ ou de ≪pénurie de l’investissement≫ (selon la perspective) prendra fin, d’où une pression croissante sur les ressources financières et une augmentation des taux d’intérêt réels à long terme.

Dans ces conditions, il est possible que les pays qui affichent un déficit élevé des transactions courantes, comme les États-Unis, aient plus de mal à obtenir le financement extérieur considérable qui leur est nécessaire, d’autant que les systèmes financiers des autres pays commencent à combler l’écart avec les États-Unis en offrant une gamme similaire d’instruments d’épargne. Dans ces circonstances, les perspectives d’une résorption ordonnée des déséquilibres bénéficieraient de réformes commerciales et d’autres initiatives visant à éliminer les obstacles à la réaffectation progressive des ressources en fonction des variations des taux de change, un point qui est étayé par le chapitre 3.

Il est difficile d’anticiper et de modéliser ces forces à long terme, ainsi que d’être certain des résultats. Néanmoins, le coût potentiellement élevé de la résolution de problèmes tels que les changements climatiques, le vieillissement de la population et la résorption des déséquilibres mondiaux plaide en faveur d’une riposte clairvoyante et bien graduée des pouvoirs publics qui permettrait d’atténuer les risques.

Encadré 1.2.Assurer la viabilité budgétaire dans les pays du G-7

Dans les décennies qui viennent, la longévité croissante, la chute des taux de fécondité et le départ à la retraite de la génération du baby-boom augmenteront sensiblement les dépenses publiques liées à la vieillesse dans les pays du G-7. D’ici 2050, il est prévu que la population de la plupart de ces pays sera plus petite et nettement plus âgée, et que les rapports de dépendance économique des personnes âgées doubleront. Ces tendances exerceront des pressions supplémentaires considérables sur les positions budgétaires des pays. Selon les projections soumises par les autorités nationales, les dépenses publiques liées à la vieillesse dans ces pays devraient progresser en moyenne de 4 points de PIB au cours des quarante-cinq années à venir (voir graphique)1. Les estimations varient sensiblement entre les pays—du Canada, où ces dépenses progresseraient de 9 points d’ici 2050, à l’Italie, où elles n’augmenteraient que de 2 points. Le gros de cette augmentation devrait venir de la santé, le reste étant imputable aux soins de longue durée et aux retraites.

L’évaluation de l’effet de ces changements démographiques sur la viabilité des finances publiques est compliquée par les incertitudes qui entourent les projections à long terme relatives à la technologie, à la démographie, à l’offre de main-d’œuvre et à la croissance de la productivité. La solidité du lien entre le vieillissement de la population et le coût des soins de santé est une question fondamentale. L’hypothèse plus traditionnelle de l’≪expansion de la morbidité≫ (le vieillissement entraîne de plus longues périodes de maladie et donc des coûts plus élevés) est souvent opposée à celle de la ≪compression de la morbidité≫ (le vieillissement retarde, mais ne prolonge pas les périodes de maladie et n’accroît pas les coûts connexes).

Prévision de la croissance cumulée de la population âgée et augmentation des dépenses liées au vieillissement par rapport à 2005

Sources: Comité de politique économique de l’Union européenne (2006); OCDE (2001); ONU (2006); estimations des services du FMI.

Une comparaison internationale des pressions exercées par les dépenses liées au vieillissement est encore compliquée par le fait que les projections de ces dépenses ne sont pas calculées selon la même méthodologie. L’absence d’un cadre de projection totalement normalisé s’explique par la complexité de la préparation de projections à long terme basées sur les cohortes pour des pays dont les systèmes d’assurance vieillesse et maladie sont différents. Néanmoins, il existe une relation assez étroite entre les projections des taux de croissance du nombre de personnes âgées et celles des dépenses liées au vieillissement (voir graphique). Pour la poursuite des travaux, il sera important de disposer d’un ensemble plus cohérent d’estimations des pressions qui seront exercées par les dépenses liées au vieillissement dans chaque pays.

Cet encadré utilise un indicateur standard, l’écart primaire intertemporel, pour évaluer l’évolution de la viabilité budgétaire pour chacun des pays du G-7 et la contribution de l’action des pouvoirs publics2. L’écart primaire intertemporel mesure la variation du solde primaire qui est requise pour aligner la valeur actuelle nette des futurs soldes primaires sur le niveau actuel de la dette. Il indique donc l’ajustement nécessaire pour stabiliser la dette à un niveau qui soit soutenable de manière permanente (et non simplement atteint une année donnée).

Cet indicateur inclut trois composantes:

  • la composante déficit primaire: le déficit primaire initial des administrations publiques, corrigé des influences conjoncturelles;
  • la composante dette: le coût du service de l’encours initial de la dette (évalué à l’aide des données sur la dette brute ou nette);
  • la composante vieillissement: la valeur actuelle nette de l’augmentation prévue des dépenses liées au vieillissement multipliée par le taux d’intérêt corrigé de la croissance (taux d’intérêt nominal moins taux de croissance nominal); pour faciliter les comparaisons, il est supposé que ce taux est de 2 % par an dans le scénario de référence pour tous les pays3.

Le premier tableau présente les données pour les trois composantes qui ont été utilisées pour calculer l’indicateur en 2005.

L’ajustement budgétaire nécessaire pour assurer la viabilité budgétaire à long terme est considérable pour tous les pays du G-7. En particulier, comme indiqué dans le second tableau, un ajustement moyen de 3,9 à 4,5 points de PIB (selon que l’on utilise la dette nette ou brute pour le calcul) serait nécessaire pour combler l’écart primaire intertemporel4. Près des deux tiers de cet ajustement s’explique par l’augmentation prévue des dépenses liées au vieillissement (composante vieillissement), et le tiers restant par les intérêts sur la dette publique (composante dette). Les écarts primaires les plus élevés sont observés au Japon et aux États-Unis. Dans le cas du Japon, cela tient au déficit primaire, qui est le plus élevé, au niveau élevé de la dette et à l’écart supposé entre le taux de croissance et le taux d’intérêt5. Dans le cas des États-Unis, c’est une combinaison d’un déficit primaire élevé et d’une forte augmentation prévue des dépenses liées au vieillissement. Le Canada affiche l’écart primaire le plus faible: un excédent primaire de 5,5 % du PIB compense l’effet de la très forte augmentation prévue des dépenses liées au vieillissement. Sans ajustement budgétaire, les augmentations attendues des dépenses liées au vieillissement impliquent une dynamique de la dette explosive dans les sept pays.

G-7: positions budgétaires en 2005(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Dette brute

(fin 2005)
Dette nette

(fin 2005)
Solde primaire

structurel (2005)
Augmentation prévue

des dépenses liées à

la vieillesse, 2005–50

(en points de

pourcentage du PIB)
Allemagne71,151,50,13,2
Canada70,830,25,59,0
États-Unis61,843,5–1,85,9
France76,143,7–0,23,3
Italie120,495,11,41,9
Japon173,186,4–3,02,2
Royaume-Uni46,740,0–1,54,1
Moyenne88,655,80,14,2
Sources: base de données des Perspectives économiques de l’OCDE pour les données relatives à la dette et au solde primaire; CPE (2006) et OCDE (2001) pour les données relatives aux dépenses liées à la vieillesse.Note: Toutes les données concernent l’ensemble des administrations publiques. Les différences entre les données de l’OCDE et des Perspectives peuvent s’expliquer par 1) des définitions différentes des administrations publiques; 2) un traitement différent des avoirs et des engagements des administrations publiques, notamment les engagements au titre des retraites; et 3) des méthodes différentes de consolidation des comptes des administrations publiques.
Sources: base de données des Perspectives économiques de l’OCDE pour les données relatives à la dette et au solde primaire; CPE (2006) et OCDE (2001) pour les données relatives aux dépenses liées à la vieillesse.Note: Toutes les données concernent l’ensemble des administrations publiques. Les différences entre les données de l’OCDE et des Perspectives peuvent s’expliquer par 1) des définitions différentes des administrations publiques; 2) un traitement différent des avoirs et des engagements des administrations publiques, notamment les engagements au titre des retraites; et 3) des méthodes différentes de consolidation des comptes des administrations publiques.

Si l’ajustement global qui est requis pour assurer la viabilité à long terme des finances publiques dans les pays du G-7 est considérable, il est de loin préférable du point de vue de la croissance d’assurer la viabilité des finances publiques à court terme plutôt que de remettre l’ajustement à plus tard. Les deux scénarios qui suivent illustrent ce point capital:

  • Scénario de l’ajustement à court terme. Il s’agit de combler l’écart primaire intertemporel sur une période de cinq ans.
  • Scénario de l’ajustement retardé. La politique budgétaire ne change pas pendant dix ans, et on laisse s’accumuler la pression des dépenses liées au vieillissement. L’écart primaire intertemporel est ensuite réévalué sur la base de l’endettement public et du solde primaire d’alors, et comblé au cours des cinq années suivantes.
G-7: résultats de l’estimation—Écarts primaires en 2005(En pourcentage du PIB)
Écart primaire

intertempore1
Contributions

à l’écart primaire

intertemporel (dette brute)2:
Écart primaire

intertemporel3
(Dette

nette)
(Dette brute)Solde primaireService de

la dette
Coûtdu

vieillissement
(Dette nette)(Dette brute)
Allemagne–2,7–3,00,1–1,4–1,7–2,8–3,0
Canada–1,4–2,25,5–1,4–6,3–2,3–2,7
États-Unis–6,9–7,3–1,8–1,3–4,2–7,2–7,4
France–3,4–4,0–0,2–1,5–2,3–3,4–3,7
Italie–1,7–2,21,4–2,4–1,2–1,0–1,3
Japon–6,2–7,9–3,0–3,4–1,6–5,6–6,5
Royaume-Uni–4,8–4,9–1,5–0,9–2,5–5,1–5,1
Moyenne–3,9–4,50,1–1,8–2,8–3,9–4,2
Sources: Comité de politique économique de l’Union européenne (2006); OCDE (2001); base de données des Perspectives économiques de l’OCDE; calculs des services du FMI.

Écart taux d’intérêt/taux de croissance de 2 %.

Les contributions sont présentées pour les calculs effectués à l’aide de l’écart de référence de 2 % entre le taux d’intérêt et le taux de croissance.

Écart taux d’intérêt/taux de croissance de 1 %.

Sources: Comité de politique économique de l’Union européenne (2006); OCDE (2001); base de données des Perspectives économiques de l’OCDE; calculs des services du FMI.

Écart taux d’intérêt/taux de croissance de 2 %.

Les contributions sont présentées pour les calculs effectués à l’aide de l’écart de référence de 2 % entre le taux d’intérêt et le taux de croissance.

Écart taux d’intérêt/taux de croissance de 1 %.

Les effets de ces deux scénarios sur l’activité économique—à court terme, et du moyen au long terme—sont évalués à l’aide du Global Fiscal Model (GFM) du FMI, calibré pour recréer les principales caractéristiques empiriques de chaque pays du G-76. Deux conclusions principales ressortent de l’analyse. Premièrement, retarder le rééquilibrage des finances publiques et laisser la dette s’accumuler implique qu’il faut dégager des excédents primaires de plus en plus élevés pour régler des charges d’intérêts qui sont en augmentation. En moyenne, l’ajustement du solde primaire requis pour stabiliser durablement la dette est de 1,1 point de PIB plus élevé dans le scénario d’ajustement retardé que dans le scénario de l’ajustement à court terme. Deuxièmement, un ajustement rapide entraîne aussi des accroissements de production à long terme, estimés à 1,8 % du PIB en moyenne. La pression sur les dépenses risquant de s’intensifier, un ajustement rapide pourrait aussi dégager un espace budgétaire plus large qui permettrait de satisfaire des besoins de dépenses liées au vieillissement plus élevés que prévu.

Note: Daniel Leigh est le principal auteur de cet encadré qui fait fond sur une étude préparée par Hauner, Leigh et Skaarup (2007).1Voir Comité de politique économique de l’Union européenne (2006) pour la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni; et OCDE (2001) pour le Canada, le Japon et les États-Unis. Des projections à long terme plus récentes des dépenses liées à la vieillesse pour le Canada, les États-Unis et le Japon, produites par les autorités nationales, correspondent dans l’ensemble aux projections de l’OCDE (2001).2Cet indicateur appartient à la famille des indicateurs d’écarts primaires (telle que discutée dans Chalk and Hemming, 2000) qui repose sur la démarche de la Commission européenne (2004) pour évaluer la viabilité budgétaire. Une démarche similaire est utilisée au Trésor du Royaume-Uni (2006).3Bien qu’un écart taux de croissance–taux d’intérêt de 2 % corresponde grosso modo aux données du passé dans les principaux pays industrialisés, il est plus élevé que le chiffre utilisé dans les analyses de viabilité de la dette qui figurent dans plusieurs rapports des services du FMI sur les pays. Une réduction de l’écart taux de croissance–taux d’intérêt peut nettement réduire le besoin d’ajustement pour les pays dont la dette est élevée.4Bien qu’il soit préférable en principe d’utiliser la dette nette pour évaluer la viabilité budgétaire, les incohérences méthodologiques, notamment dans l’évaluation des actifs des régimes de retraite, rendent difficile la comparaison internationale des chiffres de la dette nette.5L’ajustement est extrêmement sensible à l’écart taux de croissance–taux d’intérêt qui est retenu en hypothèse. Dans le cas du Japon en particulier, une moyenne historique de 10 ans qui couvre la période de déflation est probablement supérieure à l’écart futur. Une réduction de cet écart à ¾ % conduirait à un ajustement nécessaire qui correspondrait à l’analyse et aux recommandations formulées dans le cadre des consultations de 2006 du FMI avec le Japon au titre de l’article IV.6Le GFM est un modèle d’équilibre général mis au point au FMI pour examiner les aspects macroéconomiques et structurels de la politique budgétaire, y compris la réforme des retraites, dans un contexte international.

Enjeux

Dans l’immédiat, les pouvoirs publics se doivent de continuer de mener l’économie mondiale sur une trajectoire durable qui permet de maintenir une inflation faible tandis que l’expansion mondiale entre dans sa cinquième année. La position conjoncturelle et l’intensité des tensions inflationnistes étant différentes d’un pays à l’autre, les principales banques centrales font face à des tâches variées dans la gestion de leur politique monétaire.

  • Aux États-Unis, la Réserve fédérale continue de faire face à une tâche difficile en ayant à trouver le juste équilibre entre les craintes d’un ralentissement de l’activité et les risques d’inflation, et il demeure approprié à l’heure actuelle de laisser les taux inchangés. Les marchés financiers intègrent maintenant un abaissement des taux en septembre, après une série de données plus faibles. Mais, judicieusement, la Réserve fédérale ne s’est pas engagée, en soulignant que l’orientation de la politique monétaire dépendra de la manière dont les données à venir influeront sur la ≪balance des risques≫ entre la croissance et l’inflation.
  • L’inflation dans la zone euro s’est rapprochée des objectifs et le raffermissement de l’économie a permis à la BCE de relever progressivement les taux d’intérêt à court terme et de les porter à des niveaux plus neutres afin d’éviter les tensions sur les salaires et les prix. Comme il est prévu que la croissance dans la zone euro restera proche ou au-dessus de son potentiel, et qu’une nouvelle pression à la hausse sur l’utilisation des facteurs et les prix est possible, un nouveau relèvement des taux d’intérêt à 4 % d’ici l’été semblerait justifié. Au-delà, de nouveaux ajustements pourraient encore être nécessaires si la croissance restait supérieure à la tendance et que les risques pesant sur les salaires et les prix s’intensifiaient.
  • Au Japon, la politique d’argent très bon marché a été un élément essentiel pour permettre au Japon de sortir d’une décennie de stagnation, bien qu’elle ait probablement contribué aussi à faire sortir des capitaux dans des opérations spéculatives sur écart de rendement et à affaiblir le yen, ce qui a suscité des craintes quant à l’effet sur la compétitivité dans d’autres pays, ainsi qu’à un éventuel retournement désordonné si la politique est durcie. Si les perspectives de croissance sont favorables, l’inflation est restée désagréablement proche de zéro. Dans ce contexte, la priorité doit rester de veiller à ce que la croissance soit vigoureuse et à ce que la déflation soit définitivement vaincue. La politique d’accompagnement monétaire ne devra donc être abandonnée que progressivement et sur la base de données confirmant la vigueur persistante de l’expansion.

Dans les pays avancés, la politique budgétaire doit être axée sur le rééquilibrage et les réformes nécessaires pour maintenir la viabilité des finances publiques face au vieillissement de la population, tout en laissant les stabilisateurs automatiques fonctionner si besoin est. La forte croissance des recettes a renforcé la position budgétaire de plusieurs grands pays au cours des trois dernières années (tableau 1.3). Cependant, on ne sait pas encore dans quelle mesure cette amélioration est cyclique—alimentée par la vigueur des bénéfices, la croissance rapide des revenus dans la tranche supérieure et la hausse des prix des actifs—et dans quelle mesure elle sera permanente. Il convient donc de veiller à limiter la croissance des dépenses, une stratégie qui, dans la pratique, offre une trajectoire plus durable de rééquilibrage budgétaire. Parmi les principaux pays avancés, de nouveaux progrès soutenus vers le rééquilibrage budgétaire semblent particulièrement importants aux États-Unis—surtout étant donné la faiblesse de l’épargne privée, les craintes concernant le déficit élevé des transactions courantes et le coût budgétaire considérable du vieillissement de la population; au Japon, où le déficit et la dette restent particulièrement élevés et où le vieillissement de la population est rapide, et en Italie, où la croissance modeste et l’affaiblissement de la compétitivité renforcent les craintes concernant la viabilité des finances publiques.

Tableau 1.3.Principaux pays avancés: solde budgétaire et dette des administrations publiques1(En pourcentage du PIB)
1991–2000200120022003200420052006200720082012
Principaux pays avancés
Solde effectif–3,0–1,7–4,0–4,8–4,2–3,5–2,7–2,4–2,4–1,6
Écart de production20,91,3–0,8–0,2–0,4–0,1–0,4–0,5
Solde structurel2–3,2–2,2–3,9–4,4–4,1–3,3–2,7–2,3–2,2–1,6
États-Unis
Solde effectif–2,2–0,4–3,8–4,8–4,6–3,7–2,6–2,5–2,5–1,6
Écart de production22,42,10,3–0,50,10,10,3–0,6–0,9
Solde structurel2–2,9–1,2–3,9–4,6–4,5–3,6–2,7–2,4–2,4–1,6
Dette nette49,435,538,341,142,843,643,444,244,643,7
Dette brute65,453,756,159,360,160,359,660,360,659,1
Zone euro
Solde effectif–3,8–1,9–2,6–3,1–2,8–2,4–1,6–1,2–1,1–0,7
Écart de production2–0,21,40,3–0,8–0,7–1,3–0,6–0,3
Solde structurel2–3,4–2,3–2,6–2,7–2,4–1,9–1,3–1,0–1,0–0,7
Dette nette56,057,357,358,860,060,959,858,657,653,3
Dette brute69,268,368,269,369,770,569,367,966,761,7
Allemagne3
Solde effectif–2,2–2,8–3,7–4,0–3,7–3,2–1,7–1,3–1,3–1,3
Écart de production20,31,70,5–0,9–0,9–1,20,10,61,1
Solde structurel2,4–2,0–2,8–3,2–3,4–3,4–2,8–1,8–1,4–1,4–1,3
Dette nette43,652,154,357,860,162,462,462,161,661,0
Dette brute52,457,959,662,864,866,466,866,565,964,9
France
Solde effectif–3,6–1,6–3,2–4,2–3,7–2,9–2,6–2,6–2,4–1,1
Écart de production2–1,41,0–0,9–0,9–1,7–1,8–1,9–1,6
Solde structurel2,4–2,7–2,2–3,2–3,5–3,0–2,2–1,4–1,4−1,5−1,1
Dette nette42,048,248,552,654,857,055,054,253,749,5
Dette brute51,256,358,262,364,566,764,763,963,459,2
Italie
Solde effectif–6,3–3,1–2,9–3,5–3,4–4,1–4,4–2,2–2,4–2,3
Écart de production2–0,91,20,3–0,8–0,8–1,9–1,4–0,9–0,6
Solde structurel2,4–6,0–3,8–3,9–3,3–3,4–3,4–3,8–1,8–2,0–2,3
Dette nette107,7107,0103,9103,3102,6105,1105,2104,5103,8101,6
Dette brute113,4108,7105,6104,3103,8106,2106,8106,0105,3103,1
Japon
Solde effectif–3,8–6,3–8,0–8,0–6,2–4,8–4,3–3,8–3,5–2,7
Sécurité sociale non comprise–5,6–6,5–7,9–8,1–6,6–5,1–4,3–3,8–3,7–3,8
Écart de production2–0,9–1,9–1,8–0,7–0,50,40,3
Solde structurel2–3,8–5,8–7,2–7,2–5,8–4,6–4,3–3,9–3,7–2,7
Sécurité sociale non comprise–5,6–6,3–7,4–7,7–6,4–5,0–4,3–3,9–3,8–3,9
Dette nette31,766,072,577,381,893,396,498,299,499,5
Dette brute100,3151,6160,8167,7177,8182,9184,8185,0184,3177,8
Royaume-Uni
Solde effectif–3,31,1–1,6–3,2–3,1–3,0–2,5–2,4–2,2–1,6
Écart de production2–0,60,6–0,1–0,20,5–0,2–0,2
Solde structurel2–2,90,6–1,8–3,1–3,4–3,0–2,7–2,2–2,0–1,6
Dette nette34,232,732,734,536,138,038,539,039,138,6
Dette brute39,838,437,939,340,842,743,243,643,743,2
Canada
Solde effectif–3,60,7–0,1–0,40,51,40,90,60,70,9
Écart de production2–0,50,50,4–0,50,20,2–0,2–0,1
Solde structurel2–3,10,3–0,2–0,10,61,30,80,70,80,8
Dette nette61,043,742,638,534,430,227,926,324,317,1
Dette brute105,291,589,485,280,278,674,170,766,551,9
Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays.

En pourcentage du PIB potentiel.

Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalentà 8 % et ½–1 % du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002) et 1,2 % en Italie (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs, en particulier 0,5 % du PIB pour la France en 2005.

Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays.

En pourcentage du PIB potentiel.

Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalentà 8 % et ½–1 % du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002) et 1,2 % en Italie (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs, en particulier 0,5 % du PIB pour la France en 2005.

À cet effet, il conviendra d’accomplir des progrès plus ambitieux dans des réformes budgétaires fondamentales visant à maîtriser la croissance des dépenses à mesure que la population vieillit, surtout dans les soins de santé et les retraites, et à éviter l’érosion de l’assiette des recettes. La politique fiscale et la politique des dépenses doivent aussi avoir la croissance à moyen terme en point de mire. Des incitations par les prix pourraient encourager les économies d’énergie et la réduction des émissions de dioxyde de carbone (encadré 1.3). Des réformes des régimes de retraite pourraient encourager un allongement de la vie professionnelle et garantir la viabilité des finances publiques, tandis que les dispositifs de protection sociale pourraient venir davantage en aide aux travailleurs qui s’ajustent à la mondialisation des marchés sans bloquer le processus de changement. Il n’est jamais facile de susciter un appui pour ce type de réformes étant donné leurs conséquences sur la distribution du revenu, mais la période actuelle de croissance soutenue devrait offrir une occasion idéale. Par ailleurs, la dynamique de réforme pourrait être galvanisée par un renforcement de la transparence et de la responsabilité budgétaires, notamment un contrôle indépendant plus intensif, une plus grande responsabilisation et des cadres budgétaires qui orientent la politique en fonction d’objectifs à long terme clairement annoncés.

Dans une optique similaire, les pays avancés doivent accomplir des progrès plus ambitieux dans des réformes de marché qui rehausseraient la croissance potentielle. Il s’agit en particulier de veiller à ce que les possibilités d’emploi soient suffisantes dans l’économie mondialisée et à ce que les plus démunis recueillent davantage les fruits de la prospérité créée par l’augmentation des échanges commerciaux et les nouvelles technologies. Des éditions antérieures des Perspectives ont souligné le potentiel de réformes structurelles qui accroîtraient la productivité dans la zone euro et au Japon, en particulier dans les services et les secteurs financiers. Des progrès ont été accomplis sur ces fronts, par exemple la directive révisée sur les services et le plan d’action dans le secteur financier dans l’Union européenne, ainsi que des mesures d’assouplissement de la main-d’œuvre et de réduction du rôle de l’État dans le secteur financier au Japon, mais leur exécution reste en suspens et les possibilités d’action restent considérables. Il serait possible aussi d’assouplir l’économie américaine, notamment, par exemple, d’accroître la mobilité de la main-d’œuvre en réduisant les liens étroits entre la couverture des soins de santé et l’emploi, et d’améliorer l’efficience de manière plus générale dans le secteur des soins de santé.

Encadré 1.3.La consommation de pétrole dans les grands pays: les États-Unis sont-ils différents?

Le cours du pétrole reste environ deux fois et demie supérieur à son niveau de 2002. Bien que la demande globale dans les grands pays ait baissé—la consommation dans les pays de l’OCDE a baissé en 2006 pour la première fois depuis vingt ans —, les chiffres sont inégaux: ainsi, aux États-Unis, la croissance de la consommation semble moins sensible. Cet encadré compare, dans une perspective historique, la réaction de la demande de pétrole aux cours dans les principaux pays avancés importateurs de pétrole—États-Unis, Japon, Allemagne, France et Italie—et évalue les données récentes dans ce contexte. Il en ressort que la politique énergétique (notamment en ce qui concerne l’utilisation de l’essence) a vraisemblablement beaucoup contribué aux différences de comportement entre les États-Unis et les autres pays.

Consommation de pétrole

(Millions de barils d’équivalent pétrole pour un PIB en milliards de dollars de 1995, sauf indication contraire)

Sources: British Petroleum Statistical Review (2006); Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

Alors que l’intensité pétrolière (ratio consommation de pétrole/PIB réel) a baissé considérablement dans les cinq pays depuis 1970 (voir graphique), elle reste beaucoup plus élevée aux États-Unis, de même que l’intensité énergétique globale. Par ailleurs, 40 % environ de l’énergie utilisée aux États-Unis provient encore du pétrole, alors que les autres pays remplacent celui-ci—quoique sa part initiale ait été généralement beaucoup plus élevée—par d’autres sources d’énergie, en particulier le gaz naturel et (à l’exception de l’Italie) l’énergie nucléaire. La ≪dépendance≫ des États-Unis à l’égard du pétrole tient principalement à la consommation d’essence, qui, en pourcentage du PIB, est près de cinq fois supérieure à celle des autres principaux pays industrialisés (voir graphique). La part de l’essence dans la consommation totale de pétrole aux États-Unis est de 43 %, un taux énorme par rapport à une moyenne de 15 % dans les autres pays. (La différence est moins prononcée lorsqu’on regroupe le diesel et l’essence: 59 % pour les États-Unis contre une moyenne de 38 % pour les autres pays.) Les faibles prix de l’essence aux États-Unis et des normes de rendement énergétique moins draconiennes expliquent probablement ces différences. Aux États-Unis, le rendement énergétique est inférieur de 25 % à la moyenne de l’UE et de 50 % à celle du Japon (An and Saur, 2004).

Au cours des vingt dernières années, la consommation de pétrole aux États-Unis a progressé en moyenne de 1,4 % par an, contre une fourchette allant de –0,5 % (Italie) à 0,6 % (Japon) dans les autres grands pays avancés (voir tableau). Elle est aussi restée vigoureuse pendant la récente montée des prix jusqu’au milieu de 2005, avec une progression moyenne de 1,3 % par an entre 2003 et 2006. Par comparaison, sur la même période, la chute de la consommation dans les autres pays est allée de 0,3 % par an (France) à 2,8 % (Italie).

Consommation de pétrole: élasticités et erreurs de prévision1
FranceAllemagneItalieJaponÉtats-Unis
Croissance de la consommation de pétrole

(moyenne annuelle)
1983–20060,2–0,1–0,50,61,4
2003–06–0,3−0,9−2,8–1,11,3
Élasticité–revenu à long terme0,36*0,26*0,75*1,16*0,99*
Élasticité–prix à long terme–0,06*–0,04*–0,10*–0,09*–0,01
Tendance temporelle0,0–0,002*–0,003*–0,003*–0,004*
Erreur de prévision (en pourcentage)
20040,10,4–1,6–2,23,0
20050,40,1–1,4–0,22,5
20060,0–0,20,1–1,81,1

L’estimation utilise une méthode autorégressive à retard échelonné pour cointégrer les relations. Voir Pesaran and Pesaran (1997). Cette méthode permet d’effectuer une estimation simultanée des coefficients à court terme et à long terme. L’échelonnement du retard est déterminé à l’aide du critère Schwarz-Bayesian. Toutes les variables sont en logarithmes naturels. Les estimations font appel à des données trimestrielles sur la période qui va du premier trimestre de 1984 au quatrième trimestre de 2003. La période de projection va du premier trimestre de 2004 au quatrième trimestre de 2006. On entend par erreur de prévision l’écart en pourcentage entre le chiffre effectif et la projection, en moyenne sur quatre trimestres. Un * indique un niveau de signification de 5 %.

L’estimation utilise une méthode autorégressive à retard échelonné pour cointégrer les relations. Voir Pesaran and Pesaran (1997). Cette méthode permet d’effectuer une estimation simultanée des coefficients à court terme et à long terme. L’échelonnement du retard est déterminé à l’aide du critère Schwarz-Bayesian. Toutes les variables sont en logarithmes naturels. Les estimations font appel à des données trimestrielles sur la période qui va du premier trimestre de 1984 au quatrième trimestre de 2003. La période de projection va du premier trimestre de 2004 au quatrième trimestre de 2006. On entend par erreur de prévision l’écart en pourcentage entre le chiffre effectif et la projection, en moyenne sur quatre trimestres. Un * indique un niveau de signification de 5 %.

Comment expliquer ces différences? De toute évidence, la plus forte croissance du PIB américain (surtout récemment) a été un facteur important. Toutefois, le fait que l’intensité pétrolière soit beaucoup plus élevée aux États-Unis donne à penser que d’autres facteurs jouent un rôle. Pour en savoir plus, des équations de la demande de pétrole sont calculées à l’aide de données trimestrielles pour la période allant du premier trimestre de 1984 au quatrième trimestre de 2003, avec le PIB, les prix réels du pétrole, des variables indicatrices saisonnières et la tendance temporelle comme variables explicatives1. Pour établir une projection permettant de comparer les résultats de la période récente avec ceux du passé, on utilise la période qui va du premier trimestre de 2004 au quatrième trimestre de 20062. L’objectif est d’illustrer les différences entre les pays en utilisant le même cadre simple plutôt qu’en calculant des équations détaillées de la demande. Le tableau présente une estimation des élasticités–revenu et des élasticités–prix à long terme, la tendance temporelle et les erreurs de prévision pour la période couverte par les projections.

Il est à noter que les États-Unis ont l’élasticité–prix à long terme la plus faible (à –0,01, elle est aussi insignifiante) et l’élasticité–revenu la plus élevée après le Japon—bien que la tendance temporelle ait un coefficient légèrement plus élevé. Les élasticités–prix sont plutôt faibles (surtout en comparaison avec les études qui utilisent des données de panel), peut-être parce qu’il n’y a pas eu de fortes fluctuations des prix entre 1984 et 2003. L’élasticité–prix insignifiante aux États-Unis depuis 1984 s’explique vraisemblablement par le faible niveau des prix de l’essence (et des taxes) et par les effets de seuil liés à la part du carburant dans le total des dépenses de consommation, qui reste bien en deçà de celle des années 70. En fait, les fortes hausses des prix ont réduit la demande dans les années 70 et au début des années 80, en grande partie parce qu’elles ont écorné les budgets des consommateurs.

Si l’on utilise les résultats des estimations pour projeter la consommation sur la période 2004–06, les États-Unis sont le seul pays où la consommation effective dépasse largement les projections en dépit de la très faible élasticité–prix utilisée dans les projections dans une période de hausse des prix. En d’autres mots, les projections supposent une faible réaction à l’augmentation des prix et pourtant elles restent inférieures à la consommation effective. Celle-ci dépasse les projections de 2,5–3,0 % en 2004–05 (un pourcentage bien supérieur à la croissance moyenne de la consommation de pétrole aux États-Unis) et d’environ 1 % en 2006—nonobstant la légère baisse de la consommation effective en 20063. Par contre, la consommation est en général bien en deçà des projections au Japon et en Italie, et légèrement différente des projections en France et en Allemagne.

Certes, ces résultats doivent être interprétés avec prudence, car la période couverte par les données trimestrielles disponibles est relativement courte et le modèle n’inclut pas le rôle de facteurs tels que le climat, le taux de motorisation et la géographie—qui contribuent à l’utilisation plus élevée de l’essence aux États-Unis4. Néanmoins, les résultats correspondent aux faits stylisés présentés ci-dessus et sont dans la logique des efforts plus importants déployés par les principaux pays européens et le Japon, par rapport aux États-Unis, pour réduire la consommation de pétrole, notamment dans le transport. Il s’agit de taxes plus élevées sur l’essence, de normes de rendement énergétiques plus draconiennes, d’un passage progressif au diesel (qui accroît le rendement) et d’investissements plus élevés dans les transports publics. S’agissant de la production d’énergie, des mesures décisives ont été prises pour passer à l’énergie renouvelable et au gaz naturel5. En général, ces politiques témoignent aussi d’efforts plus vigoureux pour s’attaquer aux problèmes d’environnement: tous ces pays ont ratifié le protocole de Kyoto et cherchent à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone de 6 à 8 % d’ici 2012 par rapport à 1990.

Par contre, aux États-Unis, si la part du pétrole dans la production d’électricité est devenue négligeable, le secteur du transport demeure très dépendant du pétrole malgré les efforts déployés pour accroître l’utilisation de l’éthanol. Les taxes sur la consommation d’essence restent faibles6 et les prix sont environ trois fois plus bas que dans les grands pays européens. De manière plus générale, en tant que gros producteur, les États-Unis privilégient un accroissement de l’offre—par exemple, moyennant un allégement des taxes et des redevances pour la prospection pétrolière—plutôt que de chercher à réduire la consommation et à accroître le rendement énergétique des voitures, malgré la baisse de leurs réserves pétrolières et les conséquences néfastes d’une consommation de pétrole élevée sur l’environ-nement. Enfin, les États-Unis sont le seul pays du G-7 qui n’a pas ratifié le protocole de Kyoto au niveau fédéral, alors qu’ils sont à l’origine d’environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre des pays de l’OCDE—bien que certains États aient adopté le protocole. Aux États-Unis, les émissions par unité du PIB restent supérieures d’environ 50 % à la moyenne des pays du G-7 (hors États-Unis et Canada), même si elles ont diminué plus rapidement depuis 1990.

Le gouvernement américain a annoncé récemment qu’il avait pour objectif de réduire la consommation d’essence de 20 % au cours des dix années à venir, mais principalement en augmentant la production d’éthanol, ce qui ne sera peut-être pas possible sans progrès technologiques marquants (voir appendice 1.1). Pour vraiment s’attaquer à la dépendance du pays à l’égard du pétrole, il faudrait des mesures fermes, notamment des incitations commerciales et une réglementation judicieuse pour limiter la consommation (en particulier d’essence) et accroître le rendement énergétique. Un relèvement des taxes sur l’essence (qui accroîtrait probablement la sensibilité des prix étant donné les effets de seuil susmentionnés), la mise en place d’une taxe sur le carbone et un renforcement des normes de la Corporate Average Fuel Economy—qui ont contribué à améliorer le rendement énergétique dans les années 70 et 80—pourraient être les principaux éléments de cette stratégie (voir aussi l’encadré 1.1 pour une évaluation de l’effet d’un relèvement des taxes sur l’essence)7. La poursuite de l’investissement dans la recherche sur l’énergie renouvelable et le renforcement de la collaboration dans le cadre d’initiatives mondiales (telles que le protocole de Kyoto) devraient aussi contribuer à réduire la consommation de pétrole.

Note: S. Hossein Samiei est l’auteur de cet encadré.1Les données sur la consommation de pétrole proviennent de l’Agence internationale de l’énergie et ne sont disponibles qu’à partir de 1984. Les données relatives au PIB et aux prix (prix internationaux réels) proviennent de la base de données des Perspectives. Les résultats détaillés ne sont pas inclus ici, mais sont disponibles sur demande.2Les résultats ne sont pas significatifs, notamment pour les États-Unis, si l’on inclut les années 70 (ce qui exige d’utiliser des données annuelles pour les estimations): il existe donc peut-être une rupture structurelle dans la relation.3Cette consommation plus élevée que prévu pourrait en partie s’expliquer par la forte demande de véhicules utilitaires sportifs aux États-Unis.4Pour d’autres méthodes d’estimation de la demande de pétrole, voir, par exemple, Gately and Huntington (2002) et le chapitre 4 de l’édition d’avril 2005 des Perspectives.5Par exemple, en France, 80 % de l’électricité est produite par l’énergie nucléaire. L’Italie a nettement accru l’utilisation du gaz naturel. L’Allemagne a déployé des efforts considérables pour encourager les combustibles renouvelables—mais aussi le charbon à l’aide de fortes subventions néfastes. Le Japon montre la voie en encourageant l’énergie solaire.6Pour des données selon lesquelles les taxes sur l’essence aux États-Unis sont probablement trop faibles, voir, par exemple, Parry and Small (2005).7Des taxes plus élevées sur l’essence et le carbone contribueraient aussi à abaisser les déficits budgétaires et commerciaux.

Pour les pays émergents et les pays en développement, les enjeux sont similaires: il s’agit de continuer de présenter un cadre macroéconomique stable, tout en faisant avancer des réformes qui encouragent la croissance et en veillant à ce que les fruits de celle-ci sont partagés par le plus grand nombre. Comme déjà indiqué, beaucoup de ces pays ont tiré parti des conditions favorables sur les marchés de capitaux internationaux pour bien consolider la crédibilité de solides cadres macroéconomiques qui les protégeraient en cas de retour à des conditions extérieures moins favorables. Néanmoins, les problèmes ci-après restent proéminents:

  • Si les monnaies de plusieurs pays asiatiques se sont appréciées nettement au cours des six derniers mois, la Chine tirerait parti d’un assouplissement de son régime de change qui fournirait une base plus solide pour la gestion de la politique monétaire face aux entrées massives de monnaies étrangères.
  • De nombreux pays émergents et pays en développement se doivent de tirer parti des entrées massives de capitaux pour soutenir l’investissement tout en évitant de fortes variations de la compétitivité et une accumulation de facteurs de vulnérabilité dans leurs bilans. Il n’existe aucune recette simple qui puisse être appliquée de manière uniforme: les pouvoirs publics doivent établir des stratégies de gestion macroéconomique équilibrées, souples et adaptées à leurs circonstances, tout en évitant de prendre des mesures qui pourraient saper la confiance dans les marchés ou fausser ceux-ci. Un renforcement des systèmes financiers intérieurs et un assouplissement des restrictions aux sorties de capitaux pourraient atténuer les risques et les tensions liés aux entrées de monnaies étrangères, et permettre aux investisseurs de bénéficier d’une diversification des actifs.
  • Les pays exportateurs de produits de base—en particulier les gros producteurs de pétrole du Moyen-Orient et d’Amérique latine, ainsi que la Russie—se doivent d’utiliser prudemment les recettes qui s’accumulent rapidement pour développer et diversifier leur potentiel de croissance tout en évitant la surchauffe et un surengagement.
  • Les pays d’Amérique latine, entre autres, doivent consolider les progrès accomplis récemment dans le renforcement du bilan de leur secteur public et la mise en place d’une assise ferme pour leur gestion budgétaire.

L’avancement des réformes structurelles dans ces pays a généralement été inégal ces derniers temps. Des progrès encourageants ont été accomplis dans les réformes axées sur le marché en Afrique et celles-ci sont à la base de l’amélioration majeure des taux de croissance dans la région; les pays de l’ancien bloc de l’Est ont généralement bien amélioré leur climat des affaires dans le cadre de leur adhésion à l’Union européenne, tandis qu’un certain nombre de pays d’Amérique latine ont montré comment des programmes de soutien ciblés peuvent réussir à faire reculer la pauvreté. Néanmoins, il reste beaucoup à faire, en particulier:

  • La poursuite de la libéralisation des services en Asie et ailleurs aiderait à maintenir et à amplifier les améliorations de la productivité (voir chapitre 3 de l’édition de septembre 2006 des Perspectives).
  • L’accélération des réformes du marché du travail en Amérique latine et ailleurs découragerait la croissance rapide du secteur informel qui a fait baisser la productivité, a affaibli la protection des travailleurs et a réduit les possibilités d’amélioration des qualifications.
  • La mise en place de systèmes stables, transparents et équilibrés pour la fourniture des infrastructures et l’exploitation des ressources naturelles réduirait les risques de goulets d’étranglement, de corruption et de pénurie d’investissement qui pourraient s’avérer un obstacle sérieux à la croissance à long terme.

Le maintien d’un cadre propice à une croissance soutenue dépendra aussi des actions conjointes au niveau international. Un résultat ambitieux dans le cycle de Doha sur la libéralisation multilatérale des échanges doperait considérablement les perspectives à moyen terme et réduirait les risques de protectionnisme. Sinon, la tendance récente à la conclusion d’accords commerciaux bilatéraux pourrait présenter certains avantages, mais ce processus devrait être soumis à une plus grande discipline afin de réduire au minimum le coût du détournement des échanges pour les pays tiers et d’éviter de créer un écheveau de réglementations diverses, pour que ce processus soit un tremplin vers le libreéchange mondial et non un obstacle à celui-ci. En particulier, il serait important d’encourager la mise en place de normes transparentes et plus faciles à observer pour les règles d’origine, de favoriser un ≪régionalisme ouvert≫ qui permettrait aux pays de participer à des accords à des conditions similaires, de trouver les moyens d’harmoniser la multiplicité des normes et des règles, ainsi que de renforcer la surveillance exercée par l’OMC.

Les actions conjointes sont importantes aussi pour mettre en place les conditions propices à la résorption ordonnée des déséquilibres mondiaux. Si les mesures nécessaires sont dans l’intérêt à long terme des pays eux-mêmes, des actions simultanées sur divers fronts créeraient des synergies, puisqu’un ajustement qui pourrait entraîner des coûts à court terme ou avoir des conséquences sur la distribution du revenu devrait être plus facile à opérer dans un contexte de prospérité mondiale durable et alors que les pays coopèrent pour atteindre des objectifs communs. Comme l’ont souligné les éditions antérieures des Perspectives, parmi les éléments importants de cette stratégie de coopération—qui sont examinés dans le contexte des consultations multilatérales du FMI—figurent une augmentation de l’épargne aux États-Unis, notamment grâce à un rééquilibrage budgétaire plus ambitieux et à une réduction des obstacles à l’épargne privée; la poursuite de réformes propices à la croissance dans la zone euro et au Japon; la stimulation de la consommation et l’élargissement de la marge d’appréciation de la monnaie dans quelques pays émergents d’Asie, en particulier en Chine; et la poursuite du renforcement de l’absorption par les pays exportateurs de pétrole, en particulier ceux du Moyen-Orient, sous réserve des limites imposées par la capacité d’absorption.

Appendice 1.1. Évolution récente des marchés des produits de base

Les principaux auteurs de cet appendice sont Valerie Mercer-Blackman, S. Hossein Samiei et Kevin Cheng. Ils ont bénéficié du concours de To-Nhu Dao et Nese Erbil.

L’évolution des cours des produits de base a été marquée, au cours de la dernière année, par une nouvelle flambée des cours des métaux et par des fluctuations brutales des cours des produits pétroliers. Les cours des métaux ont contribué pour beaucoup à la progression de 22 % de l’indice des cours des produits de base et des prix de l’énergie établi par le FMI en 2006. Les cours des produits pétroliers ont augmenté brutalement au cours de la première moitié de 2006 pour atteindre un record en valeur nominale en août, mais ils ont ensuite baissé sensiblement pour n’afficher en fin de compte qu’une hausse modérée pour l’ensemble de l’année. Après un recul de courte durée au début de 2007, les cours se sont rétablis et sont montés en flèche à la fin mars. Les prix des produits alimentaires se sont également raffermis, en particulier depuis la fin de 2006.

Le présent appendice évalue les tendances récentes des marchés du pétrole et des produits de base. L’encadré 1.4 examine par ailleurs le recours aux instruments de couverture par les intervenants du marché des produits pétroliers qui cherchent à se prémunir contre la volatilité des cours du pétrole. Il tend à montrer que si les entreprises ont semble-t-il recours assez souvent à ces instruments, les pouvoirs publics préfèrent l’auto-assurance. Il examine les obstacles à l’utilisation de la couverture, et décrit les mesures qui pourraient conduire à une utilisation plus fréquente de ce type d’opération.

Pétrole brut et produits énergétiques

Les cours pétroliers restent volatils et sensibles à l’évolution de la situation géopolitique, et le marché reste tendu. Le fléchissement observé en août–septembre 2006 découlait de l’effet combiné d’un ralentissement de la demande des pays de l’OCDE, d’un redressement de l’offre des pays non membres de l’OPEP au cours du second semestre de 2006 et d’une certaine atténuation des tensions géopolitiques en septembre. Les baisses de production décidées par l’OPEP depuis novembre 2006 et le redressement de la demande au cours du premier trimestre de 2007 ont entraîné une baisse des stocks de l’OCDE et le raffermissement des prix. Les cours ont flambé à la fin de mars avec le retour des tensions géopolitiques. Les analystes s’attendent désormais à ce que le marché atteigne un meilleur équilibre sous l’effet d’une reprise de la demande et d’un accroissement de l’offre hors OPEP. Néanmoins, les cours risquent toujours de subir des pressions à la hausse à cause des tensions géopolitiques récurrentes, d’un excédent de capacité toujours limité et de la possibilité que l’offre hors OPEP redevienne inférieure aux projections. Les risques de pressions à la baisse devraient être limités par les opérations d’ajustement des quotas effectuées par l’OPEP en fonction de la baisse des cours.

Évolution des cours

Après avoir atteint un sommet record de 76 dollars le baril en août 2006, le cours au comptant moyen du pétrole (APSP)4 a fortement reculé pour atteindre environ 55–60 dollars entre octobre et décembre. Au début de 2007, les cours du pétrole ont marqué un bref recul, à un peu plus de 50 dollars le baril, pour ensuite rebondir à la fin mars pour atteindre près de 65 dollars (graphique 1.17, panneau supérieur). La baisse observée au cours du troisième trimestre de 2006 reflétait l’atténuation temporaire des tensions géopolitiques (notamment au Liban), l’absence d’ouragans importants au cours de l’automne, les niveaux plus confortables des stocks et la perception de plus en plus répandue d’un ralentissement de la croissance du PIB mondial et de la demande de pétrole. La baisse de courte durée enregistrée en décembre–janvier a été provoquée par les températures douces de l’hiver, par les doutes exprimés au départ quant à l’aptitude de l’OPEP à maintenir les compressions de la production et par la baisse de l’intérêt manifesté par les investisseurs pour les produits dérivés du secteur pétrolier (à cause, en partie, des pertes subies en 2006)5. Les cours se sont redressés grâce à un renforcement de la demande dû au refroidissement des températures, à de nouvelles réductions de la production de l’OPEP et à la baisse des stocks de certains pays importants de l’OCDE. Une nouvelle aggravation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient est encore venue pousser les cours à la hausse à la fin mars. La correction des marchés boursiers entamée en mars n’a jusqu’à maintenant pas eu d’effet notable sur les marchés des produits de base.

Graphique 1.17.Cours au comptant et à terme moyens du pétrole, et cours de certains produits énergétiques

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP et calculs des services du FMI.

1Moyenne non pondérée des cours au comptant des bruts West Texas Intermediate, U.K. Brent et Dubaï Fateh.

2Moyenne pondérée sur cinq jours des cours NYMEX light sweet crude, du IPE Dated Brent et du Dubaï Fateh (supposé).

3Cours moyen du charbon australien et sud-africain.

Les cours du gaz naturel ont affiché des tendances différentes de part et d’autre de l’Atlantique6. Aux États-Unis, ils restaient légèrement supérieurs en février 2007 à ceux observés treize mois plus tôt (alors qu’ils s’étaient rétablis à leurs niveaux d’avant Katrina), alors que le temps doux qui a persisté jusqu’en janvier 2007 favorisait un rétablissement des stocks à des niveaux plus confortables. En Europe, ils ont connu une croissance régulière7. Par ailleurs, les cours du charbon ont augmenté de 5 % en 2006 et ont poursuivi sur cette lancée au début de 2007 (graphique 1.17, panneau inférieur).

Consommation de pétrole

La demande mondiale de pétrole en 2006 a augmenté de 0,8 million de barils par jour (mbj), une augmentation moindre que prévu et inférieure à celle de 1,3 mbj enregistrée en 2005. La croissance de la demande dans les régions de pays en développement a atteint 1,3 mbj, mais elle a été compensée en partie par un recul de 0,5 mbj de la demande des pays de l’OCDE (tableau 1.4). La consommation a été plus forte que prévu en Chine et en Inde, et elle a monté en flèche dans beaucoup de pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient qui ont connu une forte croissance. La croissance de la demande dans les pays émergents s’est en général montrée plus forte dans les pays utilisant des prix administrés, qui sont d’ordinaire restés moins élevés que les prix du marché au cours des récentes années (graphique 1.18, panneau supérieur).

Tableau 1.4.Demande mondiale de pétrole par région(Millions de barils par jour)
Variation annuelle
Demandembj1pourcentages
200520062005200620052006
Membres de l’OCDE49,6349,160,30–0,470,6–0,9
Amérique du Nord25,5225,260,15–0,260,6–1,0
Dont:
États-Unis21,1521,030,08–0,130,4–0,6
Europe15,5215,450,05–0,070,3–0,5
Pacifique8,598,460,10–0,131,2–1,5
Non membres de l’OCDE34,0635,321,011,263,13,7
Dont:
Chine6,697,160,270,474,27,0
Autres pays asiatiques8,768,860,140,101,61,1
Ex-URSS3,803,980,040,181,14,7
Moyen-Orient6,126,450,320,335,55,4
Afrique2,882,940,090,063,22,1
Amérique latine5,095,200,130,112,62,2
Monde83,6884,481,300,801,61,0
Source: Agence internationale de l’énergie, Oil Market Report, janvier 2007.

Millions de barils par jour.

Source: Agence internationale de l’énergie, Oil Market Report, janvier 2007.

Millions de barils par jour.

Graphique 1.18.Demande et prix des produits pétroliers dans certains pays en développement et de l’OCDE

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

1La variation du prix de l’essence aux États-Unis constitue un bon exemple de la fixation des prix par le marché, compte tenu de la taille et de la compétitivité du marché intérieur américain et du niveau de taxation relativement bas.

2Émirats arabes unis.

3Même si les prix de l’essence sont généralement réglementés, de nombreuses régions du pays doivent composer de facto avec des prix libéralisés.

Encadré 1.4.La couverture contre la volatilité des cours du pétrole

La volatilité des cours du pétrole—qui excède celle des autres produits de base (premier tableau)—peut compliquer la planification budgétaire et financière, ainsi que les projets d’investissement des entreprises et des administrations publiques. Il est donc logique que les opérateurs du marché pétrolier cherchent à se couvrir. Le présent encadré a pour objet d’évaluer l’ampleur des activités de couverture dans le marché pétrolier.

La couverture est une sorte d’assurance; c’est un ensemble d’activités financières ou non financières qui aident à réduire les risques. La couverture financière utilise des produits dérivés qui permettent un transfert direct des risques à d’autres. Par exemple, un transporteur aérien peut réduire la volatilité de ses flux de trésorerie en s’engageant à acheter son carburant à un prix convenu d’avance dans le cadre d’un contrat à terme de gré à gré ou d’un contrat de swap1. Un pays exportateur de pétrole peut s’assurer d’un apport minimal de recettes en achetant une série d’options de vente sur le pétrole. Des agents peuvent également recourir à la couverture non financière en ajustant leurs opérations normales de façon à bénéficier d’un certain degré d’auto-assurance. Par exemple, une entreprise peut réduire l’effet de la volatilité des prix en diversifiant ses activités. Les autorités d’un pays exportateur de pétrole peuvent atténuer les fluctuations des dépenses et établir des réserves de liquidités afin de réduire leur vulnérabilité à des variations subites du marché pétrolier, ce qui constitue une sorte d’auto-assurance.

Volatilité des cours des produits de base (Janvier 1980–janvier 2007)(Écarts-types de la variation mensuelle en pourcentage)
Pétrole brut8,25
Charbon4,03
Aluminium5,53
Cuivre5,98
Bois d’œuvre6,65
Coton5,03
Café7,94
Poisson5,24
Soja5,47
Blé4,78
Source: calculs des services du FMI.
Source: calculs des services du FMI.

Les participants au marché pétrolier ont-ils suffisamment recours à la couverture? Selon des données disponibles et empiriques, le recours à la couverture financière n’est pas répandu. Le total des positions ouvertes des négociants commerciaux en produits dérivés du marché pétrolier échangés au NYMEX a considérablement augmenté au cours des dix dernières années, mais il reste faible en proportion de la consommation totale aux États-Unis (voir panneau supérieur du premier graphique). De plus, l’utilisation de produits dérivés liés au pétrole sur les marchés organisés des États-Unis paraît moins répandue (par rapport à la production mondiale) que celle d’autres produits de base (voir panneau inférieur du premier graphique), reflétant ainsi en partie la prédominance du secteur public dans le secteur de la production énergétique, ce qui ne favorise pas l’utilisation d’instruments financiers pour les transactions ou les opérations de couverture (voir plus bas).

Toutefois, plusieurs facteurs viennent compliquer sérieusement toute tentative d’évaluation exhaustive des activités de couverture, notamment:

  • L’utilisation des produits dérivés dans les marchés organisés ne représente que la pointe de l’iceberg. On estime que le volume des transactions de dérivés financiers de gré à gré est de cinq à dix fois plus élevé que celui des transactions sur les marchés organisés, même si les informations utiles à ce sujet restent limitées (Campbell, Orskaug, and Williams, 2006). De plus, le recours à la couverture non financière est difficile à observer et à quantifier.
  • Même si on disposait d’estimations concernant la couverture, le manque d’informations sur l’appétit au risque et le profil de risque des agents compliquerait sensiblement toute tentative d’estimation du caractère optimal des opérations de couverture.

Compte tenu de ces mises en garde, l’analyse qui suit examine les opérations de couverture des entreprises privées et des pouvoirs publics, les obstacles qui s’opposent à la couverture financière et les mesures envisageables pour les surmonter.

Couverture dans les secteurs du pétrole et d’autres produits de base

(Pourcentages)

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Commodities Futures Trading Commission; Agence internationale de l’énergie; World Metal Statistics; U.S. Department of Agriculture; calculs des services du FMI.

Couverture par les entreprises

La couverture peut permettre aux entreprises qui redoutent les risques de diluer ceux qui sont liés au secteur pétrolier. Cette stratégie peut également se justifier dans le cas des entreprises indifférentes aux risques lorsqu’elle permet d’accroître la valeur actuelle des flux nets de trésorerie attendus. Cela peut arriver en cas d’asymétrie du régime fiscal ou des marchés du crédit, ou de baisse des coûts de transaction liés à une crise financière. Toutefois, il est possible que les actionnaires d’une entreprise préfèrent l’exposition aux risques de fluctuations des cours pétroliers pour des motifs de diversification de leurs portefeuilles.

Lorsqu’elles songent à recourir à la couverture financière, les entreprises doivent prendre en compte un certain nombre de considérations pratiques. Elles hésiteront moins à couvrir les risques de prix à court terme que ceux à long terme, compte tenu de la probabilité de variations considérables (notamment en matière de technologie) à plus long terme. Par ailleurs, les entreprises de petite taille seront plus enclines à recourir à la couverture financière que les entreprises plus grandes qui sont mieux placées pour utiliser leurs opérations normales ou leurs réserves de liquidités pour se prémunir contre la volatilité des cours. Les producteurs et les consommateurs souhaiteront probablement recourir à la couverture lorsque l’évolution défavorable des cours devient préoccupante. Par ailleurs, les entreprises productrices de pétrole seront plus enclines à recourir à cette stratégie lorsque la marge bénéficiaire entre le prix de vente des produits et le coût marginal est étroite. Enfin, la notation du crédit et l’état du compte de patrimoine sont des facteurs importants qui influent sur les décisions en matière de stratégie de couverture, puisqu’ils influent sur l’aptitude de l’entreprise à emprunter pour atténuer les fluctuations des flux de trésorerie.

Divers obstacles—allant des problèmes de gouvernance au sein des entreprises aux insuffisances des marchés de dérivés financiers—s’opposent à une utilisation plus vaste de la couverture financière. Premièrement, les opérations de couverture d’un directeur d’entreprise risquent souvent d’être jugées, à tort, à l’aune des avantages qu’elles procurent a posteriori, plutôt qu’à celle de la qualité de l’assurance qu’elles procurent a priori. En outre, les coûts liés aux exigences de marge, aux transactions et aux primes risquent d’être élevés, sinon prohibitifs2. Il peut par ailleurs s’avérer difficile de trouver une autre partie au contrat, en particulier pour le délai le plus long, compte tenu de l’étroitesse des marchés des dérivés financiers ayant trait au pétrole. Enfin, l’insuffisance des données sur le marché pétrolier, les marchés incomplets (par exemple, pour le carburant aviation) et l’insuffisance des règles d’utilisation de la comptabilité de couverture peuvent également faire obstacle aux opérations de couverture.

Exportations et recettes publiques des pays de l’OPEP, et cours au comptant moyen du pétrole

(Indice, 1975 = 100)

Source: calculs des services du FMI.

Volatilité du PIB, des exportations et des recettes publiques (1976–2006)(Écarts-types de la variation annuelle en pourcentage)
PIBExportationsRecettes

publiques
OPEP12,721,319,7
Pays avancés6,27,97,3
Marchés émergents et pays en développement
Afrique (excluant les pays de l’OPEP)9,511,210,7
Asie7,49,410,1
Dont:
Chine10,912,714,9
Inde7,79,27,9
Moyen-Orient (excluant les pays de l’OPEP)11,012,614,9
Europe centrale et orientale10,412,116,0
Source: calculs des services du FMI.
Source: calculs des services du FMI.

Dans certaines situations, la couverture non financière peut constituer une solution de rechange adéquate aux marchés des dérivés. On peut citer à titre d’exemple la présence de couvertures naturelles. Par exemple, une raffinerie exposée à la fois aux risques liés à l’achat de pétrole brut et à ceux liés à la vente des produits de détail bénéficie d’une couverture naturelle dans la mesure où les risques de prix pesant sur les recettes et ceux pesant sur les dépenses évoluent dans la même direction. Une entreprise peut également réduire ses risques en se diversifiant—par exemple, en favorisant l’expansion de ses activités ou en prenant des risques supplémentaires dont le profil est négativement corrélé à celui du risque original. Enfin, on peut réduire les risques en émettant des créances qui servent à titriser les flux de trésorerie volatils en échange d’entrées de trésorerie constantes.

Couverture par les pouvoirs publics

Il est encore plus difficile d’évaluer les décisions des pouvoirs publics en matière de stratégie de couverture compte tenu de la complexité de leurs mécanismes d’incitation et des obstacles politiques auxquels ils doivent faire face, mais la valeur potentielle de l’opération n’en est pas réduite pour autant3. Par exemple, non seulement les recettes budgétaires et les recettes d’exportation des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole sont-elles fortement corrélées avec les cours pétroliers (voir le deuxième graphique), mais elles sont également beaucoup plus volatiles que celles des autres pays. Les pouvoirs publics ont eu tendance en règle générale à recourir à la couverture non financière—avec des résultats limités cependant—pour faire face à l’effet de la volatilité des cours du pétrole sur les recettes d’exportation et les recettes budgétaires (voir le deuxième tableau)4.

Parmi les mécanismes utilisés pour faire face aux chocs sur les recettes d’exportation figurent les prêts conditionnels des institutions financières internationales et les dispositifs de stabilisation des prix des produits de base conçus pour protéger les revenus des producteurs (qui n’ont cependant pas donné de résultats probants par le passé à cause de défauts de conception ou de la faillite des intéressés). Un régime de change plus souple peut dans certains cas servir à atténuer l’effet de la volatilité des termes de l’échange5.

Pour gérer les risques qui pèsent sur les recettes budgétaires, certains pays producteurs de pétrole ont établi des fonds de régulation des recettes pétrolières. Toutefois, ces efforts ont au mieux donné des résultats variables, si on en juge par leur capacité à régulariser les dépenses, même s’il est arrivé dans certains cas (par exemple, en Norvège et en Russie) qu’on réussisse à accroître l’épargne6. Certains utilisent une estimation prudente des cours dans le budget pour réduire les risques, mais les prix artificiellement bas ne peuvent souvent être maintenus que temporairement, et risquent à terme de conduire à des dépenses inefficaces lorsque les excédents de recettes sont dépensés sur une période de temps relativement courte7.

Malgré le succès limité de la couverture non financière pour la protection des dépenses inscrites au budget, les dérivés financiers sont utilisés parcimonieusement par les pays producteurs de pétrole8. Évidemment, les gros producteurs comme l’Arabie Saoudite qui peuvent compter sur d’abondants actifs financiers liquides peuvent résister à ces chocs négatifs sur les cours sans avoir besoin de couverture. Par contre, les pays plus petits et plus pauvres, outre les obstacles auxquels doivent faire face leurs entreprises (voir plus haut), sont également aux prises avec des obstacles institutionnels propres aux pouvoirs publics. Le coût ex post des fluctuations défavorables des cours, par exemple, pourrait influer non seulement sur le dirigeant responsable de la couverture (comme dans le cas des entreprises), mais également sur le gouvernement en place—un risque que celui-ci ne sera peut-être pas disposé à prendre compte tenu de son horizon de planification à court terme, défini par le calendrier électoral. De plus, l’assemblée législative s’opposera probablement à la mise en œuvre d’un programme de couverture ayant pour effet de réduire son emprise sur une portion du budget. Enfin, il pourrait s’avérer difficile d’obtenir l’appui du public pour un programme de couverture à cause de la complexité inhérente à de tels programmes.

Promouvoir une plus grande utilisation des dérivés financiers

Globalement, il semble que l’utilisation de la couverture financière soit passablement répandue dans le secteur privé—sous réserve des contraintes auxquelles les entreprises doivent faire face—alors que les pouvoirs publics ont tendance à s’appuyer davantage sur la couverture non financière. Toutefois, les possibilités de recours à la couverture financière se multiplieront vraisemblablement. L’intérêt grandissant manifesté récemment par les investisseurs institutionnels pour les dérivés sur pétrole se traduit par un apport de liquidités supplémentaires dans ces marchés et multiplie les possibilités de recours à la couverture. L’expansion de ces marchés, l’élargissement de la gamme de produits qu’ils offrent à un coût raisonnable et l’amélioration de la qualité et de la communication des données sont tous des facteurs qui augmenteront l’utilité de ces dérivés aux fins de la couverture. Au même moment, à mesure que ces marchés prennent de l’expansion, on aura besoin de données de meilleure qualité, notamment pour les transactions de gré à gré. L’adoption de mesures pour améliorer la structure de gouvernance (en particulier pour les pouvoirs publics), régler le problème d’agence, mettre en place des gardefous appropriés et renforcer le savoir-faire contribuerait à améliorer les décisions en matière de couverture.

Note: Les auteurs de cet encadré sont Kevin Cheng, Valerie Mercer-Blackman et S. Hossein Samiei.1Les transporteurs aériens Lufthansa et Southwest ont récemment eu recours à ce type d’opération.2L’expérience de l’entreprise allemande Metallgesellschaft, au début des années 90, en constitue une parfaite illustration. Cette entreprise a tenté de compenser les risques liés à ses contrats à terme de gré à gré en utilisant des contrats à terme standardisés et des contrats de swap, mais, confrontée à des fluctuations défavorables inattendues des cours, elle s’est trouvée incapable de financer les appels de marge et a dû déclarer faillite.3Swidler, Buttimer, Jr. et Shaw (2005), ainsi que Daniel (2001) se penchent sur l’utilisation de la couverture par les pouvoirs publics.4Blattman, Hwang et Williamson (2007) observent que la volatilité des termes de l’échange des exportateurs de produits de base joue pour une part importante sur l’écart entre leur revenu par habitant et celui des autres pays. C’est la réduction des incitations à l’investissement qui influe dans ce cas sur la croissance.5Le choix du régime de change dépend aussi bien sûr d’autres facteurs, et notamment de la souplesse affichée dans la détermination des prix intérieurs et des salaires. Par exemple, en permettant au taux de change de s’apprécier pour réagir à l’effet d’un choc positif sur les cours pétroliers, on risque de nuire à la compétitivité des exportations non pétrolières lorsque les prix intérieurs et les salaires ne sont pas flexibles.6Voir Banque mondiale (2006). L’utilisation de ces fonds vise souvent plusieurs objectifs. Dans certains cas (par exemple, en Norvège), ils servent principalement à canaliser l’épargne plutôt qu’à régulariser les dépenses.7Il importe de mentionner qu’un cadre à moyen terme approprié pourrait aider non seulement à lier les budgets annuels aux politiques et aux objectifs de viabilité budgétaire à plus long terme, mais également à renforcer l’analyse de risque.8On peut mentionner à titre d’exemple le Mexique (où la Pemex est obligée de transférer un montant minimal au budget), la compagnie pétrolière publique norvégienne, l’État du Texas et la province de l’Alberta. Le Texas, par exemple, a couvert les recettes fiscales pétrolières de l’État en utilisant la stratégie du ≪stellage avec collier gratuit≫, mais a abandonné le programme en 2000 lorsque ses recettes se sont diversifiées. Certains services municipaux de transport des États-Unis sont également devenus des utilisateurs actifs de la couverture à mesure que l’assouplissement de la réglementation y afférente le leur permettait. En fait, de nombreuses commissions d’État aux États-Unis exigent des services publics qu’ils couvrent les risques de prix des produits. Il n’existe pratiquement pas d’informations sur les autres administrations publiques. Le Chili, un importateur de pétrole, a semble-t-il récemment acheté un dérivé sur pétrole.

La consommation dans nombre de pays de l’OCDE au cours de l’année écoulée a été modérée par la hausse des cours du pétrole, même si des facteurs temporaires liés aux conditions atmosphériques ont également contribué à cette baisse (les États-Unis ayant connu en 2006 l’année la plus chaude jamais enregistrée, ainsi qu’une saison des ouragans relativement calme dans le Golfe du Mexique). En Europe et au Japon, les mesures de conservation et l’utilisation accrue de centrales nucléaires et de centrales thermiques alimentées au charbon, conjuguées à certaines expériences de remplacement par le gaz naturel, ont contribué à réduire la demande de pétrole. Aux États-Unis, l’utilisation accrue du gaz naturel pour la production d’électricité a largement contribué à une baisse de 25 % de la demande résiduelle de fioul, et la demande de carburant pour le secteur du transport (essence et diesel) a affiché des hausses sensibles au cours du second semestre de 2006 et des deux premiers mois de 2007. Par contre, la demande d’essence est restée faible dans les autres pays de l’OCDE (graphique 1.18, panneau inférieur)8.

Les tendances de la consommation à moyen terme dans certains pays avancés donnent à penser que les efforts de conservation relativement moins rigoureux appliqués aux États-Unis—comparativement à ceux déployés dans quatre autres pays avancés—pourraient expliquer l’effet plus limité de la hausse des prix sur la demande dans ce pays (voir encadré 1.3).

Production et stocks pétroliers

Parallèlement à l’affaiblissement de la demande, la croissance de la production globale de pétrole a ralenti en 2006 pour atteindre 0,8 mbj (elle s’établissait à 1,3 mbj en 2005). La croissance de l’offre hors OPEP est restée inférieure aux prévisions, atteignant 0,6 mbj en 2006, mais elle s’est accélérée au cours du second semestre avec la mise en service de nouvelles capacités de production au Brésil, en Angola et en Azerbaïdjan. De plus, la production des États-Unis et de la Russie s’est légèrement rétablie, compensant ainsi largement les baisses de production enregistrées au Royaume-Uni, au Mexique et en Norvège (graphique 1.19, panneau supérieur). La production de l’OPEP a diminué à la fin de 2006, reflétant la réduction de 0,7 mbj appliquée (principalement par l’Arabie Saoudite, la République islamique d’Iran et le Koweït) au cours du quatrième trimestre dans la foulée de la décision de l’OPEP de réduire les quotas de 1,2 mbj à partir de novembre9. Après avoir annoncé une réduction supplémentaire des quotas de 0,5 mbj à partir de février, l’OPEP a laissé entendre, au début de mars, qu’il n’y aurait plus de nouvelles réductions dans l’immédiat. L’excédent de capacité a augmenté, mais il reste limité malgré le réapprovisionnement de certaines installations qui a suivi les récentes baisses de production (graphique 1.19, panneau médian).

Les stocks commerciaux de l’OCDE ont légèrement augmenté au cours de l’année se terminant en janvier 2007 pour atteindre un niveau presque normal de 2,67 millions de barils (mb) (53 jours de consommation). L’accumulation des stocks observée à partir du début de 2006 reflétait la demande de précaution et la persistance anticipée des hausses des prix, mais cette tendance s’est renversée à partir de septembre quand les craintes de futures pénuries se sont atténuées (graphique 1.19, panneau inférieur). Les données préliminaires fondées sur l’évolution des stocks américains et japonais au cours du premier trimestre de 2007 laissent deviner un niveau de consommation inhabituel pour la saison reflétant la persistance d’une demande forte découlant peut-être des réactions suscitées par les compressions de l’OPEP.

Graphique 1.19.Offre de pétrole, stocks de l’OCDE et capacités inutilisées de l’OPEP

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Energy Information Agency, Ministère américain de l’énergie; Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

1Y compris pétrole brut et pétrole synthétique tiré des sables et des shistes bitumineux, etc.

2La ≪demande prévisible adressée à l’OPEP≫ est assimilée à la production de l’OPEP. Compte tenu de ses capacités inutilisées, l’OPEP répond à la demande excédentaire insatisfaite par la production hors OPEP.

3Moyenne de chaque mois civil pendant la période 2000–05, plus un intervalle de confiance de 40 % basé sur les écarts antérieurs.

4On entend par capacités inutilisées des 11 pays de l’OPEP les capacités de production qui peuvent être mises en service dans un délai de 30 jours et utilisées pendant 90 jours.

Perspectives et risques à court terme

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une croissance mondiale de la consommation de 1,6 mbj en 2007 en comptant sur le maintien d’une demande robuste des pays émergents comme ceux de la Chine et du Moyen-Orient et sur l’accumulation des stocks prévue par la Chine et les États-Unis (graphique 1.20, panneau supérieur)10. Du côté de l’offre, la concrétisation de projets d’investissement (par exemple, celui d’Aramco en Arabie Saoudite) devrait stimuler la croissance des capacités d’ici la fin de l’année. Toutefois, cette projection risque d’être révisée à la baisse, en particulier si les réductions de capacité des gisements matures sont plus importantes que prévu et si les coûts et les obstacles techniques retardent encore les projets (comme au cours des quelques dernières années). L’AIE a déjà révisé à la baisse ses projections d’offre de pétrole hors OPEP d’août 2006 d’environ 0,3 mbj pour les établir à 1,1 mbj (Angola exclu). De plus, les décisions récentes de resserrement du contrôle de l’État sur le secteur pétrolier appliquées au Venezuela, en Russie et en Équateur, ainsi que le climat de violence persistant en Iraq et au Nigéria, sont venus miner encore davantage les perspectives d’un redressement global rapide de la production.

Graphique 1.20.Croissance effective et attendue de la consommation semestrielle mondiale et de la production hors OPEP, et cours du Brent

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

1Les projections de l’offre et de la demande pour les premier et deuxième semestres 2007 proviennent de l’Agence internationale de l’énergie.

2Comprend la production de pétrole non brut.

3Selon les options sur contrats à terme.

Au 2 avril, les marchés à terme et les marchés des options indiquent que les cours du pétrole s’établiront en moyenne à 65 dollars EU le baril en 2007 et à 68 dollars EU le baril en 2008, avec un risque de révision à la hausse. Selon les marchés des options, les cours du Brent avaient une chance sur six de dépasser 88 dollars EU le baril d’ici la fin de 2007 (graphique 1.20, panneau inférieur). Les risques d’emballement en 2007 reflètent les limites persistantes des capacités mondiales inutilisées et les risques accrus de tensions géopolitiques, comme le montrait l’évolution de la situation à la fin mars. Par ailleurs, l’engagement pris par l’OPEP de défendre la stabilité des cours en procédant si nécessaire à des réductions de la production devrait limiter les pressions à la baisse sur les cours.

Produits de base non énergétiques

L’indice des produits de base non énergétiques du FMI a progressé de 28 % en 2006 pour atteindre un nouveau sommet à la fin de l’année, sous l’effet d’une flambée des cours des métaux et d’une hausse des prix agricoles (graphique 1.21, panneau supérieur). Au cours des trois premiers mois de 2007, les cours des métaux ont fluctué tout en restant généralement élevés, tandis que les prix des produits agricoles continuaient d’augmenter, mais plus lentement toutefois. L’indice des produits de base non énergétiques devrait poursuivre sur sa lancée en 2007 alors que la tendance à la hausse des prix des produits alimentaires et des cours des métaux se maintiendra. Le reste de la présente section décrit les facteurs qui influent sur la hausse des cours des métaux et des prix de certains produits alimentaires, et examine dans quelle mesure on peut s’attendre à un maintien des prix élevés observés récemment.

Graphique 1.21.Indices des prix des produits de base et de certains métaux et produits alimentaires

Source: calculs des services du FMI.

Métaux

Les cours des métaux ont grimpé de 57 % en 2006, ce qui représente de loin la hausse la plus forte parmi les principales catégories de produits constituant l’indice des produits de base du FMI. Cette hausse reflétait à la fois le maintien d’une demande vigoureuse et la multiplication des conflits de travail et des perturbations imprévues de l’approvisionnement (graphique 1.21, panneau médian). La croissance forte de la demande d’acier inoxydable et de la production d’automobiles, notamment en Chine, a contribué à la hausse brutale des cours du nickel, du zinc et du plomb. Les cours de l’uranium ont augmenté de 71 % sous l’effet du regain d’intérêt récent pour l’énergie nucléaire. Les cours du cuivre, qui avaient atteint un sommet au milieu de 2006, ont fléchi sous l’effet, en partie, du ralentissement affiché par le marché immobilier des États-Unis et d’un affaiblissement de la demande chinoise au cours du second semestre de 2006. Les cours du cuivre et du zinc devraient reculer avec l’entrée en exploitation de capacités nouvelles. Par contre, la persistance de problèmes d’approvisionnement plus sérieux augmentera les risques de pressions à la hausse sur les cours du nickel, de l’étain et de l’uranium. À plus long terme, les cours de tous les métaux communs devraient reculer à mesure que la production rattrapera la demande, même si les coûts de production à long terme (salaires, coûts des carburants et des équipements) risquent vraisemblablement de les maintenir au-dessus des moyennes historiques11.

Produits alimentaires et biocarburants

Les prix des produits alimentaires ont progressé de 10 % en 2006 sous l’effet, principalement, de la flambée des prix du maïs, du blé et de l’huile de soja au cours du second semestre (graphique 1.21, panneau inférieur). Les hausses récentes des prix reflètent les mauvaises récoltes de blé dans les principaux pays producteurs (qui ont réduit les stocks de cette céréale à leurs niveaux les plus bas des vingt-six dernières années), ainsi que l’augmentation de la demande d’éthanol aux États-Unis (production fondée sur le maïs) et les perspectives de croissance de la demande de biodiesel (production fondée sur l’huile de soja et d’autres huiles comestibles)12.

La demande croissante de biocarburants provoquera vraisemblablement une nouvelle hausse des prix du maïs et de l’huile de soja, qui s’approcheront ainsi encore davantage du prix du pétrole brut, comme ce qui s’est produit pour le sucre13. Pour 2007, le Ministère de l’agriculture des États-Unis s’attend à une récolte de maïs record, puisque les superficies consacrées à la culture de cette céréale ont augmenté de 10 % par rapport à celles de 2006, aux dépens du soja et du coton. Malgré tout, la demande alimentée par la hausse de la capacité intérieure de production d’éthanol devrait absorber largement cette production supplémentaire. La hausse des prix du maïs et de l’huile de soja exercera aussi vraisemblablement une pression à la hausse sur les prix de substituts partiels comme le blé et le riz et d’autres huiles comestibles, et exercera le même effet sur les prix de la viande, des produits laitiers et de la volaille en augmentant les coûts de production, compte tenu de l’utilisation prédominante du maïs et du tourteau de soja pour l’alimentation du bétail, surtout aux États-Unis (plus de 95 %). De plus, comme la culture du maïs nécessite plus d’énergie que celle du soja14, une hausse des cours du pétrole brut pourrait également conduire à une hausse des coûts de production du maïs (tableau 1.5).

Tableau 1.5.Effets des produits pétroliers sur la production de certaines céréales aux États-Unis(Pourcentage du total)
BléMaïsSoja
Coûts liés à l’énergie en pourcentage des coûts totaux—2005
Engrais12,613,93,8
Carburants, lubrifiants et électricité8,49,25,2
Coût total des engrais et de l’énergie21,023,19,0
Part de la consommation totale servant à la production de biocarburants (pourcentages)
Année de commercialisation 2005–0617,65,6
Année de commercialisation 2006–07122,48,5
Année de commercialisation 2009–10 (prévision)35,3
Variations des prix projetées par l’USDA de 2005/06–2009/10 (pourcentages)24,387,529,0
Sources: U.S. Department of Agriculture (USDA); U.S. Census Bureau; services du FMI.

Estimation fondée sur les données du premier trimestre pour le soja.

Sources: U.S. Department of Agriculture (USDA); U.S. Census Bureau; services du FMI.

Estimation fondée sur les données du premier trimestre pour le soja.

Les projets récents d’accroissement de la production de biocarburants aux États-Unis et en Europe exerceront par ailleurs probablement des pressions à la hausse supplémentaires sur les prix du maïs, du blé et des huiles comestibles. Les projets de doublement de la consommation minimale obligatoire de biocarburants aux États-Unis—le plus gros consommateur d’éthanol—d’ici 2017 exigeraient une augmentation de quelque 30 % de la production de maïs (ou une réduction équivalente des exportations de maïs) au cours des cinq prochaines années afin d’accroître la capacité de production d’éthanol, à moins qu’on ne réussisse à répondre partiellement à la demande accrue en assouplissant les règles concernant l’importation d’éthanol—une option qui n’est pas envisagée à l’heure actuelle15. Par ailleurs, l’adoption par l’UE d’une directive fixant à 10 % la proportion minimale de carburants remplacés par des biocarburants dans le secteur des transports d’ici 2020 devrait, selon les estimations, exiger de consacrer environ 18 % de la superficie totale des terres agricoles à la culture du colza (utilisé pour la production de biodiesel), du blé et de la betterave à sucre (utilisés pour la production d’éthanol), à moins que les droits d’importation d’éthanol ne soient réduits et que les autres aides financières ne soient maintenues.

Les projets d’utilisation de biocarburants à petite échelle peuvent s’avérer utiles en servant de sources complémentaires d’approvisionnement en carburant, mais la promotion de l’utilisation de ces produits à des niveaux non soutenables pose des difficultés dans l’état actuel de la technologie, et les perspectives à long terme de cette filière dépendent étroitement de la rapidité et de l’efficacité avec lesquelles on parviendra à mettre au point des produits de remplacement de seconde génération (par exemple, à base de déchets végétaux). De nombreux spécialistes des marchés de l’énergie doutent par ailleurs du bien-fondé des grosses subventions qui profitent plus aux producteurs qu’à l’environnement. En attendant la mise au point de nouvelles technologies, une solution globalement plus utile consisterait à réduire les droits d’importation imposés aux pays en développement (par exemple, le Brésil) où la production de biocarburants est moins coûteuse et moins énergivore (tableau 1.5).

Semi-conducteurs

Après avoir progressé de 6,8 % en 2005, les recettes des ventes de semi-conducteurs ont augmenté de 8,9 % en 2006 sous l’impulsion d’une forte croissance des volumes (reflétant principalement la croissance de la demande de téléphones mobiles et d’autres appareils électroniques grand public) dans un contexte de stabilité générale des prix (graphique 1.22, panneau supérieur). La croissance des ventes a été particulièrement forte dans le secteur de la mémoire (notamment de la mémoire vive dynamique, ou DRAM), compensant ainsi largement la baisse des recettes tirées de la vente de microprocesseurs due à une faible demande et à la baisse des prix causée par une concurrence féroce.

Graphique 1.22.Marché des semi-conducteurs

Sources: Semiconductor Industry Association; VLSI Research; calculs des services du FMI.

Les dépenses mondiales en capital effectuées par les fabricants de semi-conducteurs ont augmenté de 19 % en 2006, après un léger recul en 2005. Ces dépenses ont été consacrées pour l’essentiel à la fabrication de mémoires et effectuées principalement en Asie (43 %). Les stocks de semi-conducteurs ont commencé à s’accumuler au cours du second semestre de 2006 avec l’arrivée sur le marché de nouveaux produits dans un contexte d’affaiblissement de la demande, ce qui a peut-être eu pour effet de créer un excédent. Le ratio mondial prises de commandes/ chiffres d’affaires s’établissait à 1,1 en 2006 (graphique 1.22, panneau médian).

Les analystes s’attendent à une croissance des recettes des ventes de semi-conducteurs d’environ 10 % en 2007, mais cette prévision risque d’être révisée à la baisse. La demande de semi-conducteurs—en particulier pour les téléphones mobiles, les lecteurs MP3 et les téléviseurs numériques—devrait rester vigoureuse, alors même que la mise en marché par Microsoft du système d’exploitation VISTA devrait stimuler la demande de puces mémoires, notamment de puces de RAM dynamique (graphique 1.22, panneau inférieur). Toutefois, les prix des puces devraient diminuer en 2007 sous l’effet d’une intensification de la concurrence et des excédents de stocks persistants. Par ailleurs, les dépenses d’investissement devraient atteindre un plateau, tandis que l’utilisation des capacités devrait diminuer légèrement.

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1Voir, par exemple, Schadler et al. (2007), l’édition de septembre 2006 des Perspectives et Conference Board (2006).
2Voir, par exemple, un examen de la productivité dans le secteur des services en Europe occidentale (chapitre 2) et dans les pays émergents d’Asie (chapitre 3 de l’édition de septembre 2006 des Perspectives).
3Voir Stern (2006). Si certains chiffres précis qui sont présentés dans le rapport dépendent peut-être d’hypothèses particulières (par exemple, le taux d’actualisation utilisé pour pondérer les conséquences futures) et ont été contestés, le rapport présente un cadre utile pour l’évaluation des conséquences économiques du réchauffement planétaire et donne une idée de l’ordre de grandeur des coûts éventuels.
4La moyenne des cours au comptant du pétrole calculée par le FMI est une moyenne pondérée à parts égales des cours des bruts West Texas Intermediate, Brent et Dubaï Fateh. Sauf indication contraire, tous les cours du pétrole mentionnés ci-après renvoient à cette moyenne.
5L’amélioration des rendements a depuis entraîné le retour de certains investisseurs. Il convient de noter que si les activités spéculatives ont pu influer quelque peu sur les cours pendant cette courte période, l’analyse des services du FMI montre que leurs effets sur les cours ne sont pas systématiques ni de longue durée (voir l’encadré 5.1 des Perspectives de septembre 2006).
6De telles différences ne sont pas anormales compte tenu des difficultés de transport de ce produit.
7Il est question ici des prix contractuels d’Europe occidentale payés en Allemagne et qui ne prennent pas en compte les hausses récentes des prix intérieurs pratiqués au Bélarus et en Ukraine.
8La popularité croissante du diesel par rapport à l’essence pour le transport de passagers en Europe a également contribué à la hausse globale du rendement des carburants.
9L’Angola est devenu le douzième membre de l’OPEP en janvier 2007, mais il ne sera pas tenu de participer immédiatement à la réduction des quotas.
10Selon l’AIE, la Chine compte porter ses réserves à 400 mb (environ 4½ mois d’importations) en achetant 100 mb d’ici la fin de 2008. Les États-Unis ont récemment annoncé qu’ils comptent doubler leurs capacités de réserves stratégiques d’ici 2027, à presque 1.500 mb (équivalant à un peu moins de 4 mois d’importations).
11La Commission d’experts sur le cuivre du Chili, par exemple, a majoré de plus de 20 % ses projections à long terme des cours du cuivre au cours de la dernière année. Voir également le chapitre 5 de l’édition de septembre 2006 des Perspectives.
12Les prix de l’huile de colza (utilisée pour fabriquer du biodiesel en Europe et au Canada) et de l’huile de palme (utilisée en Malaisie) ont également augmenté.
13L’adoption précoce de l’éthanol à base de sucre au Brésil pour les véhicules polycarburant a conduit à une forte covariation des prix du sucre, de l’éthanol et du pétrole brut. La baisse des prix du sucre enregistrée au milieu de 2006 a été l’exception; elle s’expliquait par une abondante récolte brésilienne combinée aux effets des mesures adoptées aux États-Unis pour protéger la production locale d’éthanol contre les importations et qui ont conduit, dans une certaine mesure, à la segmentation de ce marché.
14La rotation des cultures la plus communément utilisée aux États-Unis est celle du maïs et du soja, cette dernière servant à rétablir la teneur en matières nutritives du sol. Les États-Unis sont le plus gros producteur mondial de ces deux céréales.
15La production américaine d’éthanol jouit d’une excellente protection, sous la forme de subventions à la production (0,51 dollar/gallon) et de droits de douane (0,54 dollar/gallon) appliqués à l’éthanol importé qui est produit de manière plus efficiente. Le biodiesel importé ne fait pas l’objet de telles mesures.

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