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Annexe: Résumé du Président par intérim

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
May 2005
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée aux Perspectives de l’économie mondiale, le 23 mars 2005.

Les administrateurs notent que l’expansion mondiale reste bien engagée dans l’ensemble, grâce à des politiques macroéconomiques généralement accommodantes et à des conditions particulièrement favorables sur les marchés financiers. Après les résultats de l’an dernier — les meilleurs depuis trente ans —, la croissance devrait ralentir pour s’établir à un rythme plus viable en 2005. Par ailleurs, les administrateurs notent que l’expansion est moins équilibrée. La croissance est vigoureuse aux États-Unis, en Chine et dans la plupart des pays émergents et des pays en développement, mais décevante en Europe et au Japon.

Dans l’ensemble, les tensions inflationnistes restent relativement faibles. Étant donné que des cycles de durcissement monétaire sont en cours dans la plupart des pays avancés dans le cycle conjoncturel et que les anticipations inflationnistes sont généralement modérées, l’inflation devrait rester contenue. Les administrateurs sont d’avis qu’il convient néanmoins de suivre de près les risques d’inflation, en tenant compte de la hausse des coûts unitaires de main-d’œuvre dans bon nombre de pays industrialisés à mesure que des tensions apparaissent sur les marchés du travail et de l’exécution de la politique monétaire dans plusieurs pays émergents enregistrant des entrées massives de capitaux extérieurs qui, faute d’un assouplissement des taux de change, pour-raient provoquer des tensions inflationnistes.

Pour 2005, les administrateurs sont d’avis que la croissance mondiale, plus lente mais encore solide, sera soutenue par des politiques macroéconomiques encore accommodantes — quoique à un degré moindre —, l’amélioration des bilans des entreprises, des conditions favorables sur les marchés financiers, une hausse graduelle de l’emploi et la persistance d’une croissance vigoureuse en Chine. Étant donné l’amélioration des bilans des entreprises et des ménages, un rebond plus prononcé ne peut être exclu. Néanmoins, la plupart des administrateurs jugent qu’une détérioration de la situation est plus probable qu’une amélioration. Les principaux risques pesant sur les perspectives à court terme sont les suivants: 1) la nature de plus en plus déséquilibrée de l’expansion, la croissance mondiale étant fort tributaire des États-Unis et de la Chine; 2) un durcissement notable des conditions sur les marchés financiers, qui peuvent peser sur la demande intérieure aux États-Unis, déclencher un désendettement sur les marchés financiers et des corrections des prix des actifs de manière plus générale et entraîner une détério-ration des conditions de financement des pays émergents; et 3) une nouvelle forte hausse des cours du pétrole.

Les administrateurs ont pris note avec intérêt de l’analyse du marché pétrolier effectuée par les services du FMI. Ils notent que les cours du pétrole sont déjà bien plus élevés aujourd’hui que les projections des services du FMI, et conviennent que des tensions persisteront probablement sur le marché pétrolier dans un avenir pré-visible, la demande continuant d’augmenter et la production dans les pays non membres de l’OPEP étant au plus haut. Les administrateurs soulignent l’importance de la stabilité du marché pétrolier et, pour la promouvoir, ils sont d’avis qu’il convient d’accroître la transparence du marché pétrolier, d’éliminer des réglementations trop restrictives qui freinent l’investissement dans le secteur pétrolier, de promouvoir les économies d’énergie et l’efficacité énergétique, et de renforcer le dialogue entre les producteurs et les consommateurs de pétrole.

Les administrateurs expriment leur préoccupation devant la nouvelle aggravation des déséquilibres des transactions courantes au cours de l’année écoulée. Plusieurs administrateurs aver-tissent que cela pourrait accroître le risque de variation abrupte des taux de change. Les administrateurs notent qu’un large terrain d’entente existe sur une stratégie d’ajustement ordonné de ces déséquilibres. Parmi les principaux éléments de cette stratégie figurent un rééquilibrage budgétaire aux États-Unis; un assouplissement des taux de change, appuyé par de nouvelles réformes dans le secteur financier, dans les pays émergents d’Asie; et la poursuite des réformes structurelles au Japon et en Europe afin de stimuler la croissance et la demande intérieure. Les administrateurs admettent que, si ces mesures auront des effets économiques variables selon les pays et les régions, elles conduiront à des positions extérieures plus viables et à une croissance plus vigoureuse à moyen terme. Plusieurs administrateurs notent que la zone euro est en situation d’équilibre extérieur et que les réformes structurelles sont nécessaires principalement pour exploiter le potentiel de croissance des pays de la zone. Les administrateurs insistent de nouveau sur la responsabilité collective des pays membres pour ce qui est d’assurer que cette stratégie est appliquée en temps opportun et de manière efficace. Plusieurs administrateurs soulignent le rôle essentiel que le FMI joue, par sa surveillance multilatérale et bilatérale, dans le suivi et la promotion de l’application de cette stratégie. Faisant référence au risque de variation abrupte des taux de change, plusieurs administrateurs attirent l’attention sur la composition des réserves de change des pays membres et sur l’importance d’établir des statistiques adéquates dans ce domaine pour que le FMI puisse évaluer ces risques et leurs éventuelles implications pour l’action des pouvoirs publics.

Les administrateurs prennent note avec intérêt de l’analyse de la mondialisation et des déséquilibres extérieurs qui a été effectuée par les services du FMI. Ils conviennent que la mondialisation financière et réelle devrait en fin de compte faciliter un rééquilibrage à l’échelle mondiale. Par ailleurs, ils soulignent que la nature de l’ajustement et les montants en jeu n’ont pas fondamentalement changé du fait de la mondialisation — en particulier, les taux de change et les balances commerciales doivent toujours s’ajuster. Un grand nombre d’administrateurs notent que, puisque les investisseurs sont aujourd’hui prêts à détenir davantage d’actifs étrangers dans leurs portefeuilles, la mondialisation a peut-être contribué à la persistance des déséquilibres courants et, dans ce sens, a offert aux autorités la possibilité d’un ajustement plus graduel. Cependant, les administrateurs aver-tissent que la plus grande flexibilité ne doit pas être une excuse pour remettre à plus tard des mesures difficiles, car des retards permanents peuvent accroître nettement le risque d’une correction soudaine et désordonnée des déséquilibres. En particulier, il est noté que le risque de variation abrupte des préférences des investisseurs internationaux pour les actifs libellés en dollars américains rend plus importante encore l’adoption de politiques économiques saines dans tous les principaux pays industrialisés et pays émergents en vue d’assurer un équilibre intérieur et extérieur.

Les administrateurs ont recensé plusieurs problèmes à moyen terme auxquels il convient de s’attaquer en priorité.

  • Premièrement, la situation budgétaire de nombreux pays reste très difficile, en particulier sur fond de vieillissement des populations, et menace la stabilité macroéconomique à moyen terme. Les administrateurs notent que le déficit budgétaire demeure élevé dans les plus grands pays industrialisés — sauf au Canada. Les améliorations prévues sont modestes et, dans bien des cas, ne sont pas soutenues par des mesures de rééquilibrage suffisamment ambitieuses. Dans les pays émergents, les indicateurs budgétaires se sont améliorés dans l’ensemble, mais un grand nombre de pays ont encore beaucoup à faire pour ramener le ratio de leur dette publique à un niveau viable.
  • Deuxièmement, il convient de faire avancer les réformes structurelles pour éliminer les rigidités et permettre aux économies nationales de tirer pleinement profit des possibilités offertes par la mondialisation.
  • Troisièmement, tous les pays devront assurer une libéralisation des échanges suffisamment ambitieuse au titre du cycle de Doha, notamment en améliorant l’accès des pays en développement aux marchés, afin de soutenir la croissance de l’économie mondiale à moyen terme. Les administrateurs notent que des problèmes de première importance doivent encore être résolus dans le domaine de l’agriculture et que des progrès plus rapides doivent être accomplis dans le domaine des services. Ils soulignent qu’il doit être prioritaire dans les mois à venir de traduire les accords-cadres de la mi-2004 en un programme viable — qui sera examiné lors de la conférence ministérielle de l’OMC en décembre 2005.
  • Quatrièmement, les administrateurs notent que 2005 est une année importante pour les objectifs du Millénaire pour le développement. En dépit de l’accélération de la croissance ces dernières années, il sera très difficile pour la plupart des pays en développement d’atteindre ces objectifs. Les administrateurs engagent, d’une part, les pays en développement à poursuivre les réformes de la politique économique et de la gouvernance pour améliorer le climat d’investissement et accélérer une croissance tirée par le secteur privé, et, d’autre part, les pays avancés à appuyer ces efforts en augmentant substantiellement leur aide. Un certain nombre d’administrateurs sont d’avis que le surcroît d’aide publique au développement sera le plus efficace à l’appui des pays qui appliquent les politiques économiques les plus solides et où la pauvreté est la plus grave.

Pays industrialisés

Les administrateurs prennent note avec intérêt de la persistance des solides résultats de l’économie des États-Unis. La plupart des indicateurs avancés restant positifs, l’expansion devrait se poursuivre en 2005. Cependant, comme l’épargne des ménages est proche de zéro, une baisse de la consommation privée demeure un risque, en particulier si les prix du logement augmentent plus lentement. Étant donné que les tensions inflationnistes sont relativement modérées, les administrateurs conviennent qu’un durcissement monétaire modéré reste approprié, même s’il faudra surveiller de près les données à venir, car les tensions sur le marché du travail ou de nouvelles augmentations des cours du pétrole pourraient accroître les risques d’inflation. Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire d’opérer un rééquilibrage budgétaire substantiel, en vue d’assurer la viabilité des finances publiques à moyen terme et de faciliter un ajustement ordonné des déséquilibres des transactions courantes à l’échelle mondiale. À cet égard, les administrateurs soulignent qu’il est important de maîtriser les dépenses exactement comme prévu dans le projet de budget actuel. Un grand nombre d’administrateurs sont d’avis que le programme budgétaire de l’administration américaine reste insuffisamment ambitieux et notent qu’un certain nombre de coûts probables ne sont pas inclus dans les projections budgétaires actuelles.

Les administrateurs expriment leur préoccupation devant la perte de vigueur de l’économie de la zone euro au deuxième semestre de 2004, bien qu’ils s’attendent à une accélération de la croissance pour la période à venir. Une nouvelle appréciation de l’euro ainsi que le niveau élevé et la volatilité des cours du pétrole restent les principaux risques qui pèsent sur les perspectives de la région. Les tensions inflationnistes étant bien contenues, les administrateurs conviennent que la politique monétaire doit rester en veil-leuse jusqu’à ce qu’une reprise autonome soit en place. Un petit nombre d’administrateurs estiment qu’un assouplissement de la politique monétaire devra être envisagé si la croissance est révisée à la baisse ou si l’euro continue de s’apprécier notablement. En ce qui concerne la politique budgétaire, les administrateurs jugent que les paramètres existants sont insuffisants pour opérer les ajustements budgétaires nécessaires pour faire face aux pressions que le vieillissement démographique exercera sur les budgets. Ils soulignent qu’un rééquilibrage budgétaire plus rapide est particulièrement nécessaire dans les pays dont la situation budgétaire est fragile. Soulignant qu’un cadre budgétaire solide fait partie intégrante de l’union monétaire européenne, les administrateurs notent que la réforme du Pacte de stabilité et de croissance doit être opérée de manière à ne pas entraîner un affaiblissement de la discipline budgétaire. Les administrateurs soulignent aussi qu’il est important de continuer d’avancer dans les réformes structurelles afin d’accélérer la croissance de la région, en mettant davantage l’accent sur l’élimination des distorsions sur les marchés du travail et la promotion de la concurrence sur les marchés de produits. À cet égard, ils attendent avec intérêt la relance de la stratégie de Lisbonne, axée sur les réformes visant à stimuler l’efficience, la flexibilité, l’innovation et la productivité. Il est noté que la portée des mesures à prendre varie d’un pays à l’autre et que plusieurs pays ont déjà accompli des progrès substantiels en matière de réformes structurelles.

Les administrateurs notent que l’économie du Japon a marqué le pas pendant les trois derniers trimestres de 2004 — du fait de la faiblesse de la demande mondiale de produits des technologies de l’information et d’une baisse des dépenses de consommation —, mais que les données récentes sont plus encourageantes. Comme les bilans des banques et des entreprises se sont améliorés, les administrateurs sont d’avis que la croissance devrait s’accélérer en 2005, même s’ils sont conscients des risques résultant du niveau élevé des cours du pétrole et de l’impact défavorable potentiel d’une nette appréciation du yen sur les exportations. Si les tensions déflationnistes se sont atténuées ces dernières années, les administrateurs engagent vivement la Banque du Japon à maintenir une politique monétaire très accommodante jusqu’à ce que la déflation soit définitivement vaincue. Étant donné le niveau élevé de la dette publique et l’intensification des pressions démographiques, les administrateurs sont d’avis que le rééquilibrage budgétaire demeure une priorité. Ils soulignent aussi qu’il est nécessaire de continuer de renforcer le secteur bancaire et le secteur des entreprises, ainsi que d’accélérer les réformes structurelles — notamment intensifier la concurrence et assouplir le fonctionnement du marché du travail — pour mettre en place des conditions propices à une croissance soutenue à moyen terme.

Pays émergents et pays en développement

Les administrateurs notent avec satisfaction les solides résultats économiques des pays émergents d’Asie, même si la croissance a ralenti notablement dans la plupart des pays au cours de l’année écoulée — à l’exception importante de la Chine. En 2005, la croissance de la région devrait s’affaiblir légèrement: du côté positif, la croissance pourrait être plus élevée que prévu en Chine et, du côté négatif, la correction dans le secteur des technologies de l’information pourrait se prolonger et la demande du Japon et d’Europe pourrait manquer de vigueur. Les administrateurs expriment leur profonde sympathie face aux terribles pertes humaines et matérielles causées par le récent tsunami. Ils notent que les coûts de la reconstruction — et l’impact sur les déséquilibres budgétaires et extérieurs — seront énormes; cependant, dans la plupart des cas, à l’exception des Maldives et de Sri Lanka, la croissance du PIB ne sera que modérément touchée. Les administrateurs notent que la tâche des autorités varie d’un pays à l’autre dans la région. Des cycles de durcissement monétaire sont déjà en cours dans la plupart des pays — sauf en Corée, où la croissance de la demande intérieure demeure faible — et, selon la plupart des administrateurs, il sera plus facile de les poursuivre dans de nombreux pays en assouplissant le taux de change. Si les situations budgétaires se sont améliorées dans l’ensemble, la dette publique reste élevée dans plusieurs pays, et il conviendra de poursuivre le rééquilibrage budgétaire. En outre, des réformes structurelles sont nécessaires dans plusieurs pays pour réduire les facteurs de vulnérabilité dans le secteur bancaire et le secteur des entreprises, ainsi que pour stimuler l’investissement, qui reste exceptionnellement faible.

En Amérique latine, la croissance a dépassé les prévisions. Si l’activité a profité d’un environnement extérieur favorable, les administrateurs observent que la demande intérieure tire aujourd’hui la croissance. Si les administrateurs prennent note de plusieurs risques de détérioration des perspectives — notamment des augmentations inattendues des taux d’intérêt mondiaux ou un ralentissement prolongé sur les principaux marchés d’exportation —, ils sont d’avis que la région continuera d’enregistrer une croissance robuste cette année. Les administrateurs jugent encourageante l’amélioration des résultats budgétaires dans de nombreux pays d’Amérique latine, même s’ils notent que la dette publique, quoique en baisse, reste élevée dans l’ensemble. Ils soulignent donc qu’il est nécessaire de rééquilibrer le budget et de prendre des mesures de portée plus générale pour améliorer la viabilité de la dette, notamment des réformes structurelles qui stimuleront la croissance. Les administrateurs conviennent que le durcissement de la politique monétaire dans un certain nombre de pays en réaction à la récente remontée de l’inflation est approprié et notent que la flexibilité des taux de change a joué un rôle essentiel pour appuyer les cadres de politique monétaire et améliorer la capacité de résistance de la région aux chocs.

Les administrateurs notent que les pays émergents d’Europe enregistrent leur plus forte croissance depuis le début de la transition — la reprise s’étend à l’ensemble de la région et ne concerne plus seulement la consommation, mais bien aussi le secteur des exportations — et notent avec intérêt la modération attendue du rythme de l’activité à un niveau plus viable. Un ralentissement prolongé en Europe occidentale et une nouvelle appréciation de l’euro constituent deux risques importants pour les pays émergents d’Europe. Un grand nombre d’administrateurs observent qu’une vigoureuse demande intérieure a entraîné un creusement général des déficits des transactions courantes, un facteur de vulnérabilité important pour la région. Cependant, ils notent que les mesures à prendre pour réduire ces déficits extérieurs varient d’un pays à l’autre. Dans les pays baltes et les pays de l’Europe du Sud et du Sud-Est, il sera essentiel de maîtriser la croissance du crédit et d’accroître l’épargne privée, alors qu’en Europe centrale, il faudra opérer un ambitieux rééquilibrage budgétaire et des réformes structurelles, en particulier dans les pays qui ont pour objectif d’adopter l’euro relativement vite. Selon un grand nombre d’administrateurs, la croissance rapide du crédit dans la région souligne qu’il est important de renforcer le contrôle bancaire.

Dans la Communauté des États indépendants, la croissance a été tirée par une demande intérieure vigoureuse et le niveau élevé des cours des produits énergétiques et des métaux. S’il est prévu que la croissance ralentira en 2005, les administrateurs sont d’avis que les perspectives sont favorables dans l’ensemble, mais ils mettent en garde contre les risques que les limites de capacités et l’insuffisance de l’investissement font peser sur l’inflation et la croissance dans plusieurs pays. Étant donné la vigueur des entrées de capitaux, les administrateurs craignent que le rythme de la désinflation dans la région ralentisse et soulignent que les autorités doivent gérer prudemment le surcroît de recettes tirées des exportations de pétrole et de produits de base, tout en assouplissant leurs taux de change.

Les administrateurs prennent note avec satisfaction de la croissance vigoureuse des pays du Moyen-Orient exportateurs de pétrole, qui est soutenue par l’augmentation des recettes d’exportation de pétrole, des politiques financières saines et les progrès des réformes structurelles. Les administrateurs engagent vivement les autorités de ces pays à profiter du niveau élevé des cours du pétrole pour poursuivre les réformes qui sont nécessaires pour améliorer les perspectives de croissance et d’emploi à moyen terme et réduire les facteurs de vulnérabilité, notamment l’endettement public élevé dans certains pays. Les administrateurs notent qu’une augmentation des dépenses publiques consacrées à la mise en valeur du capital humain (dont le rendement est élevé) et des dépenses d’infrastructure, accompagnée d’une accélération des réformes structurelles, pourrait contribuer à placer ces économies sur une trajectoire de croissance soutenue plus élevée et, en créant des emplois, à améliorer la situation sociale. Les pays de la région non producteurs de pétrole ont tiré parti aussi de l’effet positif des réformes opérées à l’échelon national, ainsi que de la croissance vigoureuse des pays exportateurs de pétrole de la région.

Les administrateurs jugent encourageant le fait que l’Afrique subsaharienne a enregistré sa croissance la plus élevée en dix ans. La croissance a été soutenue par la vigueur de l’économie mondiale, le niveau élevé des cours des produits de base, l’amélioration des politiques macroéconomiques et les progrès des réformes structurelles. Les administrateurs sont d’avis que les perspectives de croissance sont favorables dans l’ensemble, mais ils avertissent qu’il existe un certain nombre de risques de détérioration de la situation. Un environnement mondial moins favorable et une nouvelle dépréciation marquée du dollar américain nuiraient à un certain nombre de pays. Si la montée des cours du pétrole profiterait à certains pays, ce ne serait pas le cas pour d’autres. Par ailleurs, un grand nombre de pays devront s’ajuster à l’élimination des contingents dans les échanges de textiles. Pour soutenir l’accélération de la croissance en Afrique subsaharienne, les administrateurs engagent vivement les autorités à poursuivre leurs efforts de réforme en promouvant l’investissement du secteur privé, en développant les infrastructures et en renforçant les institutions (notamment en améliorant la transparence, la gouvernance et la protection des droits de propriété). Ils appellent aussi la communauté internationale à appuyer cette action en augmentant son aide, en allégeant la dette et en améliorant l’accès aux marchés.

Les administrateurs ont pris note avec intérêt des deux essais des services du FMI sur la volatilité de la production et les envois de fonds dans les pays en développement. Les administrateurs conviennent avec les services du FMI que la volatilité de la production a des effets négatifs sur la croissance économique à long terme et encouragent les autorités à s’attaquer aux sources de cette volatilité. En particulier, ils notent que des politiques budgétaires plus stables, ainsi que la poursuite du développement du secteur financier et de la diversification de l’appareil de production, peuvent contribuer à réduire la volatilité de la production. Les administrateurs notent l’effet positif des envois de fonds sur les économies qui les reçoivent, notamment du point de vue de la stabilisation macroéconomique et de la réduction de la pauvreté. Ils encouragent les autorités à promouvoir les envois de fonds, notamment en réduisant les coûts de transaction et en encourageant la participation du secteur financier formel à ce marché. Plusieurs administrateurs soulignent que les envois de fonds ne doivent pas être considérés comme un substitut des apports d’aide.

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