Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
Chapter

I. Vue d’ensemble

Author(s):
International Monetary Fund. African Dept.
Published Date:
April 2007
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Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
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Pour la troisième année consécutive, l’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de croissance de l’ordre de 5 à 6 % (chapitre II). La croissance économique était supérieure à 5 % en 2006 et devrait atteindre 6 à 7 % en 2007, principalement en raison de la hausse de la production des pays producteurs de pétrole (PPP). La croissance s’est révélée aussi forte dans les pays non producteurs de pétrole que dans les PPP: plus de la moitié des pays non pétroliers ont enregistré un taux de croissance égal ou supérieur à 5 % en 2006 et presque les deux tiers d’entre eux devraient atteindre ce pourcentage en 2007. Toutefois, certains pays non pétroliers—dont les États membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et les pays sortant d’un conflit—ne sont pas parvenus à se hisser au niveau de la moyenne régionale. L’accélération de la croissance de la région s’explique à la fois par des facteurs extérieurs positifs (tels que le dynamisme de la demande étrangère) et par la forte progression de la productivité et de l’investissement intérieurs reposant sur la mise en œuvre de politiques avisées dans la plupart des pays.

La croissance tendancielle s’approche lentement du taux de 7 % considéré comme la cible à atteindre pour que l’Afrique subsaharienne puisse réaliser l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à la pauvreté monétaire. Il est certes prématuré de dire si l’accélération de la croissance s’est traduite par une réduction de la pauvreté, mais nous savons que les gouvernements ont accru leurs dépenses dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de la fourniture de services publics essentiels, en partie grâce aux ressources dégagées par les allégements de dette. Les autorités, par ailleurs, doivent faire face au problème de la croissance démographique (plus rapide en Afrique subsaharienne que dans d’autres régions en développement), et à la forte incidence du sida et du paludisme. Les conséquences potentielles des changements climatiques contribuent à aggraver l’incertitude ambiante.

Les producteurs de produits de base ont épargné une partie substantielle de leur surcroît de revenus, contrairement à ce qui s’était passé lors de précédentes envolées des prix des produits de base, de vastes projets d’investissement improductifs ayant alors rapidement épuisé les gains. Tant les PPP que les pays non producteurs de pétrole sont poussés aujourd’hui à relever les salaires et à dégager la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour accroître les investissements dans le réseau routier et le secteur de l’électricité, afin de supprimer les obstacles à la croissance. Les pressions exercées sur les autorités dans ce domaine se sont accrues sous l’effet des promesses d’aides supplémentaires—promesses qui n’ont pas encore donné de résultats concrets—et de l’allégement de la dette mis en œuvre dans le cadre de l’initiative en faveur des PPTE (pays pauvres très endettés) et de l’IADM (initiative d’allégement de la dette multilatérale). Compte tenu de l’accroissement des ressources et des pressions exercées en faveur d’une augmentation des dépenses, il est particulièrement important d’améliorer la gestion des affaires publiques, notamment en ce qui concerne les systèmes de gestion des finances publiques (GFP), afin d’utiliser les ressources avec efficacité et dans la transparence.

Étant donné le niveau historiquement élevé des prix et le caractère limité des ressources, les producteurs de pétrole doivent maintenant faire face à la complexité de la gestion de leurs ressources (chapitre III). La question est de savoir non pas s’il faut dépenser ces ressources, mais comment les dépenser et à quel rythme. Les pays concernés peuvent utiliser leurs richesses de diverses manières, par exemple en utilisant un cadre de référence basé soit sur l’hypothèse du revenu permanent (puisque les ressources naturelles sont limitées), soit sur les besoins sociaux existants, à condition que les dépenses ne compromettent pas la viabilité des finances publiques. De toute façon, les PPP doivent s’efforcer d’utiliser les ressources de manière productive, afin d’atteindre des rendements élevés, contrairement à ce qui s’est passé durant les précédents booms des produits de base. Géré de façon inadéquate, l’accroissement des dépenses risquerait d’exercer sur les prix de fortes pressions à la hausse susceptibles de provoquer une appréciation réelle excessive du taux de change. Il est possible d’atténuer ce risque en mettant en œuvre des politiques visant à améliorer la capacité d’absorption des pays, telles que la libéralisation des échanges commerciaux, la réduction des multiples coûts des activités économiques et l’assouplissement du marché du travail. Les pays doivent-ils créer des fonds pétroliers spéciaux pour lisser les dépenses au fil du temps? La réponse à cette question dépend de la capacité des gouvernements à dégager des excédents budgétaires globaux, ainsi que de leur aptitude à affecter les ressources aux besoins auxquels elles sont effectivement destinées. Au demeurant, seule une gestion rigoureuse des finances publiques garantira une utilisation efficace des ressources.

Le récent boom des produits de base a amélioré les perspectives d’exportation de l’Afrique subsaharienne (chapitre IV). Les échanges avec l’Asie, notamment avec la Chine, se sont développés de façon spectaculaire, même si la part des États-Unis et des pays de l’Union européenne dans les exportations de l’Afrique subsaharienne est deux fois et demie plus grande que celle de l’Asie. Toutefois, les exportations de produits de base ne se sont pas accompagnées d’une diversification dans d’autres domaines. En effet, le pétrole et d’autres produits de base restent les principaux produits d’exportation; les exportations de produits manufacturés d’Afrique subsaharienne se limitent encore à un petit nombre de catégories de produits. L’émergence des exportations de vêtements est le résultat de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) et du fait que l’expiration de l’Arrangement multifibres a eu des effets moins sévères que prévu.

La plupart des pays ne sont parvenus ni à accroître sensiblement leurs exportations de produits manufacturés à forte intensité de main-d’œuvre, ni à escalader la chaîne de valeur de leurs exportations à base de produits primaires. Cette situation s’explique en grande partie par le manque d’infrastructures et le coût des activités économiques, notamment le niveau très élevé des frais d’expédition. Selon l’expérience d’autres régions du monde, les échanges commerciaux peuvent être un facteur de croissance important, et une transition vers des exportations composées essentiellement de produits manufacturés ne s’impose pas nécessairement. Pour que l’Afrique subsaharienne puisse réaliser son potentiel de croissance, il faut donc qu’elle réduise les obstacles structurels à la croissance et au commerce dans les secteurs d’activité à valeur ajoutée liés à l’agriculture et aux produits de base.

Les gouvernements africains ont de plus en plus recours au marché de la dette intérieure pour financer leur déficit budgétaire (chapitre V). Les marchés des obligations publiques en monnaie nationale peuvent contribuer à accroître l’efficacité et la transparence des financements budgétaires. Ils peuvent aussi stimuler le développement du secteur financier en créant un instrument de référence permettant d’établir une courbe des rendements.

Les marchés d’obligations de sociétés, qui pourraient aider le secteur privé africain à surmonter ses problèmes de financement à long terme, ne se développent généralement qu’après la mise en place d’un marché obligataire public. Or, en Afrique, la plupart des marchés de la dette intérieure n’en sont encore qu’à un stade embryonnaire. L’infrastructure de marché et la gestion de la dette sont essentielles à la pleine réalisation des avantages potentiels. La maîtrise des déficits budgétaires aidera à réduire les risques d’évincement. Il faudra peut-être examiner les comptes de capital pour que les taux d’intérêt intérieurs soient liés aux taux mondiaux. Les responsables de la politique économique doivent aussi se demander, en tenant compte de la variabilité potentielle des flux de capitaux, comment les étrangers peuvent participer au marché de la dette intérieure.

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